{Ciné} Ma revue ciné de la semaine

{Ciné} Ma revue ciné de la semaine

Deux visions totalement opposée de l’amour et une petite merveille d’inventivité que je vous présente aujourd’hui.

316779.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxTony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l’homme qu’elle a adoré? Comment a-t-elle pu se soumettre à cette passion étouffante et destructrice ? Pour Tony c’est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui permettra peut-être de définitivement se libérer …

J’ai vu tous les films de Maïwen (oui, bon, ok il n’y en a pas tant que ça) et ce qu’aime par dessus tout chez elle, c’est son réalisme. La manière dont elle filme les acteurs pour nous faire totalement oublier qui ils sont. On peut lui reprocher plein de choses, on peut lui reprocher de parler de sa vie, de faire de ses propres blessures des films, d’être narcissique, mais moi je ne trouve pas. Au contraire. Je pense que le fait qu’elle se serve de son vécu rend ses films encore plus touchants, plus poignants. Cette manière bien à elle de filmer les acteurs, au plus près, jusqu’à faire oublier au spectateur qu’ils jouent un rôle, c’est bluffant. Malgré sa carrière j’en ai oublié que Cassel est Cassel et je n’ai vu que Georgio.
J’ai beaucoup aimé Mon Roi et j’ai bien du mal à comprendre les critiques assassines à son encontre…
Comme si, après l’avoir encensée il fallait désormais casser du sucre sur le dos de la réalisatrice, afin qu’elle puisse enfin faire partie de la cours des grands, comme si son talent plébiscité hier agaçait aujourd’hui…
Ce film moi, m’a énormément touché, pas comme Polisse évidemment, mais il ne fait pas comparer ce qui n’est pas comparable !
Emmanuelle Brecot est fabuleuse, d’une grande justesse, d’une réelle émotion dans le rôle  de Tony. Cette femme a un regard incroyable qui laisse passer énormément d’émotion. Le rôle qu’elle joue est vrai. D’un réalisme qui prend aux tripes, qui m’a prise aux tripes. Peut-être parce que je me suis mise à sa place, parce qu’en quelque sorte j’ai été à sa place…
Oui, c’est une histoire d’amour, oui on a envie de dire à Tony « mais barres toi pauvre conne !!!! ce mec est un connard !!!!! » mais….le coeur a ses raisons que la raison ignore et parfois, la passion, l’amour fou peut rendre aveugle au point de tout accepter…ou presque.
Certaines scènes sont extrêmement réalistes pour peu que vous les ayez vécues et je me suis retrouvée plusieurs fois, assise dans la salle de cinéma en ayant l’impression de revivre à l’écran, les mêmes  phrases, les mêmes mots… la même douleur…
Georgio est présenté dans la presse comme un pervers narcissique mais ce n’est pas clairement dit dans le film. Il faut avoir vécu ce genre de situations (même si les personnalités, les circonstances et les personnes divergent…) pour comprendre, compatir à ce que vit la jeune femme. En réalité je ne sais pas s’il est un pervers narcissique ou si Georgio est juste un pauvre type incapable de s’engager, incapable d’aimer… Car le pervers narcissique peut prendre plusieurs visages mais le film est touchant et cette femme, on ne peut la trouver faible tant elle dégage de force malgré sa soumission.
Ce type de relation laisse des traces, beaucoup de traces, pendant longtemps et il est difficile de reconstruire une histoire de couple après cela mais c’est pourtant possible et j’aurais aimé que le film en parle. La fin m’a beaucoup déçue à ce titre.
J’ai beaucoup aimé les scènes tournées dans le centre de rééducation et le parallèle n’est pas si mal vu même si la première scène peut prêter à sourire comme le fait Tony.
J’ai aimé comment les corps sont montrés, comment les sentiments sont filmés, les dialogues (à ce titre Louis Garrel est génial !!!), le tout avec un réalisme tel qu’encore une fois on en oublierait presque l’on est devant une fiction.
Le film m’a fait pensé à « New-York New-York » de Scorsese que j’ai vu peu de temps avant « Mon roi », dans la manière dont est filmée la passion qui détruit et j’ai adoré le petit clin d’oeil à « La Haine ».
Bref Mon Roi est pour moi un film réussit même si sa fin aurait mérité d’aller un peu plus loin…

431326.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxDans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.

Un casting assez prestigieux, un synopsis pour le moins déroutant pour ce film qui ne peut laisser insensible…c’est le moins que l’on puisse dire ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas entendu tant de réaction dans une salle de cinéma. Car ce film fait réagir par son contenu, sa violence, le thème qu’il aborde, son humour…plus que grinçant !
Moi je me suis souvent sentie très mal à l’aise lors de la projection. Le scenario est très intéressant et nous pose de réelles questions, le film est d’un originalité qui se fait rare dans les salles obscures et rien que cela en fait un film à aller voir. Ensuite, à chacun de se faire sa propre idée…
Le récit est très sombre et ne laisse aucune place à l’utopie. Cela m’a un peu déprimée, moi qui ai une vision si romantique de l’amour…
Ici aucune place au romantisme, ni même aux sentiments. Le célibat est un crime. Votre femme vous largue ? Votre mari décède ? hop hop hop pas le temps de se lamenter, vous voilà transféré dans un  drôle d’Hôtel où tout le monde porte les mêmes vêtements (au moins on ne vous remarquera pas pour votre look), où tout est codifié, organisé et où surtout vous avez 45 jours et pas un de plus (à moins que vous ne soyez très bon à la chasse…) pour trouver un/une nouveau/nouvelle compagnon/compagne. Pour cela, interdit de se masturber, ainsi vous mettrez tout en œuvre pour trouver un partenaire le plus vite possible (frustration bonjouuur), vous irez au bal pour rencontrer un maximum de personne mais attention… n’allez pas jeter votre dévolue sur la première venue ! Non, il faut que vous vous accordiez à la perfection, comme selon l’adage « Qui se ressemble s’assemble ! »
Vous boitez ? votre partenaire devra boiter également !  Vous êtes un crac en maths, ne vous imaginez pas vivre avec un prof de français !
Le couple est vu ici comme une simple combinaison de deux personnes ayant un trait commun. Les sentiments n’ont pas lieu, jamais !
Et si vous ne parveniez pas à trouver l’âme soeur, on vous transformera en animal…à moins que vous ne réussissiez à survivre parmi les résistants.
C’est ce qu’il va arriver au personnage principal, David, interprété par Colin Farell qui pour les besoins du film a pris un sacré coup de vieux. Après avoir tenté de se remettre en couple il s’enfuit et rejoins les solitaires et c’est une toute autre facette du film qui débute.
J’aurais pensé que les résistants prôneraient l’amour libre, le choix amoureux mais pas du tout ! Si sous la dictature du couple il faut à tout prix vivre à deux, chez les Solitaires le régime est tout aussi totalitaire mais inversé. Il st strictement interdit non seulement de tomber amoureux mais également d’avoir le moindre contact érotique sous peine de se voir arracher les lèvres, ou pire encore….
Évidemment, David va rencontré une femme dans la forêt et évidemment ils vont tomber amoureux mais la fin n’en sera pas positive pour autant.
Bref, un film un poil déprimant dont certaines scènes sont choquantes et dont le scenario laisse transparaitre le pire de l’être humain. Cela donne à réfléchir sur notre rapport à l’amour, au couple mais il faut d’abord accusé le coup après la séance pour réussir à se questionner. D’ailleurs, beaucoup d’éléments sont restées pour moi sans réponse : pourquoi lui attache t-on la main lorsqu’il arrive à l’hôtel ? Où les solitaires trouvent-ils l’argent qu’ils dépensent en ville ? Qui est cette femme que l’on voit abattre un âne au début du film ?

1941. Le monde est radicalement différent de celui décrit par l’Histoire habituelle. Napoléon V règne sur la France, où, comme partout sur le globe, depuis 70 ans, les savants disparaissent mystérieusement, privant l’humanité d’inventions capitales. Ignorant notamment radio, télévision, électricité, aviation, moteur à explosion, cet univers est enlisé dans une technologie dépassée, comme endormi dans un savoir du XIXème siècle, gouverné par le charbon et la vapeur.
C’est dans ce monde étrange qu’une jeune fille, Avril, part à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, en compagnie de Darwin, son chat parlant, et de Julius, jeune gredin des rues. Ce trio devra affronter les dangers et les mystères de ce Monde Truqué. Qui enlève les savants depuis des décennies ? Dans quel sinistre but ?

Une petite merveille d’inventivité qui parle à toute la famille !
Avril et le monde truqué réinvente notre histoire du tout au tout et plonge Paris des années 40 dans un nuage de suif. Une uchronie fabuleusement pensée et portée à l’écran avec de superbes dessins et beaucoup d’humour. Plusieurs éléments de l’histoire séduiront les plus jeunes (les animaux qui parlent, l’histoire d’amour, les cascades…). Les plus grands eux se délecteront des merveilleuses trouvailles des réalisateurs, de l’univers de Tardi teinté d’incompétence policière, de savants souvent fous qui rivalisent d’audace et d’invention, ainsi que de discours aux accents anti-militaristes et des voix des personnages (Philippe Katherine et Jean Rochefort en tête).
Un vrai petit bonheur cinématographique.

Avez-vous vu ces films ? Qu’en avez-vous pensé ?



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