Contre la pandémie, l’écologie

Contre la pandémie, l’écologie

Bonjour à vous,

J’espère que vous allez bien et que vos proches également.
Cela fait un moment que je ne suis pas passée par ici. En tout cas, pas de manière visible. Parce qu’en réalité, j’ai écrit un article il y a de cela plusieurs semaines, un article qui devait être publié cette semaine et qui vous annonçait la fermeture du blog. Seulement, compte tenu de l’actualité, je ne l’ai pas publié. Parce qu’il y a bien plus important, plus urgent que la fermeture d’un blog. Que cela peut (encore) attendre. Que le moment viendra, mais pas tout de suite, pas aujourd’hui. Parce que pour une avant-dernière fois ici, j’ai besoin de vous écrire, besoin de coucher les mots qui font rage en moi. Besoin d’exprimer « tout haut » ce que je pense tout bas.
Besoin d’écrire un article à charge, avec mes tripes, avec les veines et mes convictions les plus profondes.

Tout cela est de notre faute

Nous vivons aujourd’hui une situation nouvelle, imprévisible, remplie d’inconnue, de peur pour certain(e)s, de doute pour beaucoup.
En 48h nous sommes passés d’une situation de limitation à une situation de distanciation. Tout ce qui faisait notre quotidien est ou va être transformé et ce pour un temps illimité.
J’ai appris la fermeture des lieux de « vie » alors que j’étais moi-même dans un cinéma. La directrice du lieu est venue nous voir personnellement pour nous expliquer la situation, que nous puissions lui poser des questions. C’était un moment très émouvant et ce n’est pas tant le film dont je me souviendrai mais plutôt de cette ambiance très particulière dans laquelle nous l’avons vu, sachant que cela ne se reproduirait pas avant un bon moment. La majeure partie des spectateurs ont d’ailleurs eu du mal à quitter la salle. Je suis tellement heureuse d’avoir passé cette soirée-là au cinéma, tellement contente d’avoir reçu des amis chez nous ces derniers jours, d’avoir été invitée chez eux aussi, d’avoir passé du temps avec elles et eux, avec leurs enfants, d’avoir profité de ces moments de partage avant que nous devions nous restreindre.
Mais je vais vous dire, je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur du possible confinement qui nous attend, je n’ai pas peur pour ma santé, je n’ai pas peur du virus. Je suis plus inquiète pour mes proches, pour mes collègues fragiles, pour mes amies qui attendent un heureux évènement… Mais pas pour moi.
Ce qui me fait surtout peur c’est l’état dans lequel nous avons mis le monde et comment nous allons agir une fois cette crise passée.

Alors aujourd’hui, s’il n’y a qu’un seul et unique article à lire, ce ne sont pas ceux sur la situation économique de la France, ce ne sont pas ceux sur les mesures prises par le gouvernement (nous les avons toutes et tous entendues à la radio ou à la télévision, lu sur les sites préfectoraux), non, s’il n’y a qu’un seul et unique article à lire c’est celui-ci :

https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/SHAH/61547

Il est malheureusement réservé aux abonnés malgré les nombreuses demandes que nous avons faites mon compagnon et moi pour qu’il soit mis en accès libre. Parce qu’il s’agit à mon sens d’un article d’intérêt public.
Alors, s’il vous intéresse, dites-le moi, en commentaire ou par mail et je vous l’enverrai au format pdf.

Ce que dit en substance cet article relativement court, c’est que NOUS sommes les seuls responsables de ce qui est en train de se passer.
Comme l’a si bien dit un de mes proches « cela fait des décennies que les scientifiques tirent le signal d’alarme et nous préviennent de la catastrophe qui nous attend mais il suffit qu’un pangolin (ou une chauve-souris, peu importe à vrai dire, qui sait à quoi ressemble un pangolin? levez la main lol) nous transmette un virus pour qu’enfin les consciences (et les gouvernements, peut-être ?) se demandent s’il n’y a pas quelque chose qui cloche ! »

Parce que les catastrophes naturelles n’étaient pas assez parlantes ? Les guerres et les déplacements de population que subissent les continents les plus pauvres non plus ? Parce qu’une ado qui vient parler devant les nations unies ça émeut, ça fait la une des journaux mais son discours, au fond ne peut pas être pris au sérieux et ne serait que le reflet d’une manipulation ? Pourquoi faut-il toujours attendre d’être au pied du mur pour que l’on se réveille ?

Je me souviens encore de l’un de mes collègues qui, il y a moins de dix ans, osait dire, en réunion, que le changement climatique c’était faux, ce n’était qu’une manière de faire peur, qu’un complot…
Je serais curieuse de savoir ce qu’il dit aujourd’hui…. J’espère qu’il se sent bien con d’avoir osé dire une chose pareille.

Oui, le dérèglement climatique est une réalité et les conséquences auxquelles nous allons devoir faire face ne font que commencer ! Ce virus n’est que le haut de l’iceberg que nous allons nous prendre en pleine face.

Voici un extrait de l’article dont je parle plus haut, point de départ de ce post :

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus dans des régions où, parfois, ils n’avaient jamais été observés auparavant. C’est le cas du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), d’Ebola en Afrique de l’Ouest, ou encore de Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60%) sont d’origine animale. Certains proviennent d’animaux domestiques ou d’élevage, mais la plupart (plus des deux tiers) sont issus d’animaux sauvages.

Or ces derniers n’y sont pour rien. En dépit des articles qui, photographies à l’appui, désignent la faune sauvage comme le point de départ d’épidémies dévastatrices. il est faux de croire que ces animaux sont particulièrement infestés d’agents pathogènes mortels prêts à nous contaminer. En réalité, la plus grande partie de leurs microbes vivent en eux sans leur faire aucun mal. Le problème est ailleurs : avec la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, nous avons offert à ces microbes des moyens d’arriver jusqu’au corps humain et de s’adapter.

La destruction des habitats menace d’extinction quantité d’espèces. parmi lesquelles des plantes médicinales et des animaux sur lesquels notre pharmacopée a toujours reposé. Quant à celles qui survivent, elles n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les portions d’habitat réduites que leur laissent les implantations humaines.

Je crois que c’est plutôt clair. Pas besoin d’avoir bac +12 pour comprendre combien l’on s’est foutu nous-mêmes dans une sacré merde. Et il ne tient qu’à nous de faire pencher la balance.

Le choix est simple : soit l’on continue de fermer les yeux, de faire comme si cela ne nous concernait pas réellement, que ça n’arrive qu’aux autres.
Soit l’on se secoue les puces, on se remet en question une bonne fois pour toute et l’on change drastiquement notre manière de vivre.

Une fois cette crise passée, parce qu’elle passera un jour ou l’autre, une fois que nous reprendrons nos quotidiens là où nous les avions laissés, nous ne pouvons pas imaginer décemment vivre « comme avant ».
Une fois que tout cela sera passé, il est primordial que toutes les consciences se réveillent, que les populations se soulèvent, que les choses changent.

Que cette période de distanciation nous fasse prendre conscience de ce qui compte vraiment, nous fasse réfléchir à nos choix. Cette crise sanitaire montre tristement à quel point la mondialisation a fait son temps, à quel point notre monde est devenu fou. Il est temps de passer à autre chose si l’on ne veut pas aller droit dans le mur. Pas pour nous.

Le changement est possible.

Il n’est peut-être pas trop tard pour changer les choses.

Le changement est possible.

  • Il commence par les urnes. Aujourd’hui avec les municipales pour que des choix locaux puissent aider à la transition, demain les européennes et les présidentielles pour que la mesure de l’urgence soit enfin entendue et écoutée. On ne plus faire la sourde oreille face aux choix incohérents gouvernementaux. On ne peut plus attendre que les choses changent patiemment, nous devons devenir les acteurs de ce changement. Forcer les politiques à prendre des mesures, fortes, éthiques, sociales, environnementales. Faire taire les lobbies, forcer la décroissance, dire stop aux énergies fossiles… Cela doit se traduite par une représentation plus citoyenne. Dans tous les programmes des listes municipales il est question de revégétalisation…Peut-être aurait-il fallu éviter de dévégétaliser !

  • Cela passe par nos modes/choix de vie. Il faudra faire preuve de courage, de patience et de changements radicaux. Parce-que les petits gestes du quotidien, comme faire sa propre lessive, éviter le plastique jetable etc etc sont louables, sont « mieux que rien » mais ne suffisent plus. Il va falloir faire plus, beaucoup plus si nous ne voulons pas que les crises comme celle que nous sommes en train de vivre se succèdent. C’est dans notre manière de voir les choses qu’il va falloir aborder un virage total. Ce ne sera pas facile, c’est évident, cela demandera des sacrifices mais c’est, je pense, le seul moyen de changer durablement les choses.

 

  • Cela passe par nos caddies. Qu’ils soient un peu moins virtuels et bien plus locaux.
    Est-il vraiment vital d’acheter le truc le moins cher possible et de le recevoir le plus rapidement possible ? N’est-il pas plus sage d’aller acheter un livre ou un album à la librairie la plus proche, quitte à ne pas l’avoir en avant première ? Est-il si difficile de se passer de Nutell* et de le remplacer quand on sait que sa production est responsable de la déforestation ? Est-il si difficile de chercher des solutions alternatives à nos modes de déplacements ? Est-il si difficile de comprendre que les fraises poussent uniquement en mai et les tomates en juillet ? Est-il  si compliqué de n’en manger que lorsque c’est la saison ? Est-il si impensable de passer du « j’en ai envie » à « quel impact aura mon achat ? »

Les gestes à faire sont nombreux et bien plus simple qu’on ne le croit.

Je boycotte Amaz** depuis des années déjà et jamais je n’ai eu envie de revenir en arrière. Jamais.
Nous avons changé de fournisseur d’énergie pour un distributeur plus vert dès que nous avons acheté notre maison.
Nous avons fait le choix de ne plus acheter nos légumes en supermarché, du moins autant que possible (consommer local est loin d’être évident là où je vis, j’en avais déjà parlé dans un autre article) mais je refuse catégoriquement d’acheter du hors saison.
Nous avons le projet de construire une maison autonome qui émettra, à terme, zéro émission de gaz à effet de serre. Ce projet ne verra peut-être le jour que dans 10 ans mais peu importe. Nous aurons des poules, un potager, nous tendrons à l’indépendance, autant que faire se peut.

Alors je ne suis pas en train de vous dire que moi je fais ça et vous pas, que je suis madame parfaite en matière d’écologie ou de conso. C’est en réalité loin d’être le cas.
Nous possédons deux véhicules à moteurs (essence, tout de même), j’ai encore un stock d’essuie-tout et de serviettes en papier dont j’essaie désespérément de me débarrasser petit à petit, j’utilise des mouchoirs et des protections périodiques jetables (bio, mais jetables), nous faisons nos courses en grandes surfaces pour 80% de notre alimentation, j’ai abandonné l’Amap dont j’étais portant l’une des initiatrices, j’ai encore bien du mal à me débarrasser de toutes ces fringues que j’ai alors que je pourrais m’en passer, je commande encore beaucoup trop en ligne…et j’en passe et des meilleures.

Ce que j’essaie de dire ici c’est que nous avons tous des efforts à faire, à différents niveaux et que la première des chose à faire, à mon sens, c’est de tout remettre à plat, de tout repenser, de se poser les bonnes questions. Que chacun peut, selon les moyens agir. Parce que personne ne le fera à notre place.

Et cela ne concerne pas uniquement le domaine de l’environnement. Tout est intrinsèquement lié. Notre manière de consommer, de vivre, de voter a des conséquences bien plus larges. C’est tout un système qu’il faut revoir.

Remettre l’humain et la nature, surtout la nature, au centre de nos préoccupations. Lutter contre les inégalités car pour beaucoup la seule et unique urgence c’est de trouver un toit et à manger alors dans ces cas là parler d’écologie semble presque insultant.
A Lesbos, le covid19 et le dérèglement climatique sont les derniers soucis des réfugiés qui tentent de survivre, dans des conditions indignes.

Je ne veux pas me mettre en position de donneuse de leçon. Ce n’est pas le but.
Je m’inclus dans cette société merdique dans laquelle on vit.
Mais tous, tous autant que nous sommes nous devrions lever un peu la tête de nos petits nombrils, voir plus grand, plus vaste, ouvrir nos esprits, nos coeurs, dépasser les a priori, penser à chaque instant à celles et ceux qui ont moins, à la chance que nous avons de simplement avoir un toit au dessus de nos têtes. Si l’empathie remplaçait notre égoïsme, peut-être alors qu’il y aurait une issue…

Le monde de demain

Dans ma région, nous n’avons pas vraiment eu d’hiver cette année. Il n’a pas vraiment fait froid.
Notre facture de gaz ne fait que diminuer d’année en année (ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour notre portefeuille et la planète), tous les jours, pendant plusieurs mois nous avons connu des tempêtes, sans parler des pluies qui ont été quotidiennes pendant des mois. Tout cela est nouveau. Jamais nous n’avions connu cela auparavant. Ce n’est qu’une preuve supplémentaire, s’il en fallait, que quelque chose ne tourne pas rond. Et cela ne fait que commencer.

Tout cela me pousse, depuis un bon moment déjà, et encore plus avec la crise sanitaire qui secoue le monde désormais à revoir entièrement ma manière de penser, d’agir, de consommer. Durant les mois à venir j’espère trouver les moyens d’agir en ce sens.

En attendant, j’avais besoin d’écrire tout ça. De lâcher un peu la pression sous mon crâne.

Tout ce que je vous souhaite aujourd’hui, c’est de prendre soin de vous.
Que cette période nous permette de redéfinir nos priorités, que l’on passe du « tout, tout de suite » au « je réfléchis et ensuite j’agis ». Que l’on prenne conscience de ce que nous devons changer dans nos vies, que nous cessions de subir ce qui ne nous convient pas/plus (toutes sources de souffrances, des relations qui ne nous apportent plus de joie, …), que nous nous mobilisions pour que demain ait un sens.
Que nous (re)devenions acteurs de nos vies.
Que les plus jeunes ne fassent pas les mêmes erreurs que celles que nous avons commises.
Que nous leur apprenions l’importance de la nature, des animaux, des émotions, du partage, de l’entraide, de la communauté plus que celle de l’image, du paraître, de la compétition, de gain… Qu’ils aient le luxe de choisir la vie qu’ils souhaitent, sans forcément entrer dans une case. Sans courir après l’argent, les objets ou le temps mais qu’ils fassent de leur monde un monde où l’impact de l’homme sur la nature sera sans conséquence.
Sinon à quoi bon ?

Encore une fois, prenez soin de vous, dites à ceux que vous aimez que vous les aimez, restez  en contact par tous les moyens possibles à distance (sms, mail, vidéo, réseaux sociaux..), ne paniquez pas, restez calme, gardez du bon sens, faites des choses qui vous font plaisir, que vous aimez, profitez de ceux avec qui vous vivez, de votre maison, riez, aimez, inventez des moyens de rendre les choses agréables, aidez les plus fragiles autant que possible, encouragez les personnels soignants et envoyez-leur de la force pour traverser cette épreuve dont ils n’avaient vraiment pas besoin.

Bon courage à celles et ceux qui reprendront (comme moi) le chemin du boulot demain. Tenez-vous informés, évitez les médias mainstream, documentez-vous , parlez, échangez.

Prenez soin de vous pour pouvoir prendre soin des autres.

Je vous embrasse.



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