Dans la tête de mon ado

Dans la tête de mon ado

Je parle assez peu de mon fils sur ces pages.
Cela fait partie de mon intime, de mon jardin secret que je n’ai nullement envie de coucher sur clavier. Je l’ai fait à l’occasion de certains de ses anniversaires, récemment d’ailleurs, car j’en ressentais l’envie, le besoin, parce que ces deux dates marquaient de sacrés changements dans nos vies. De petit garçon il est devenu jeune homme, il est aujourd’hui à l’orée de sa vie d’adulte et je ne peux que regarder le chemin parcouru, les réussites, les erreurs.
J’ai fait de mon mieux, avec les moyens dont je disposais, avec les épreuves que la vie a mis sur notre chemin car être parent s’apprend chaque jour, à chaque instant, que toutes les cartes sont sans cesse redistribuées. Parce qu’aucun des principes que l’on s’était pourtant juré de suivre avant d’endosser le rôle de notre vie n’est suivi à la lettre une fois ce petit être humain, rempli de surprise, avec sa volonté propre, son caractère et ses besoins est là, pour de vrai.
Il n’existe pour moi aucun manuel, aucune éducation type mais des parents et des enfants qui doivent s’apprivoiser mutuellement, tout au long de leur vie.
En 16 ans, nous avons appris à grandir ensemble, lui comme personne, moi comme maman.

Une éducation, des éducations ?

Aucun parent ne reçoit de mode d’emploi le jour où son enfant vient au monde. Ce serait tellement plus simple !
Nous sommes tous uniques, tous différents et aucun mode d’emploi ne pourrait fonctionner tant il est primordial de s’adapter à l’individu (ce que ne fait malheureusement pas l’école !)
L’éducation positive
, vaste concept qui fait la une des magazines désormais semblait réservée aux babas cool au moment de la naissance de mon fils et de sa petite enfance.
A l’époque (mamie te parle !) la recherche du bonheur, les scandales sur l’alimentation et tout ce qui fait aujourd’hui la une de nos médias n’existait pas ou très très peu. On se posait, je crois, beaucoup moins de questions… Était-ce bien ou mal ? je ne saurais dire.
Aujourd’hui je me rends compte que j’aurais tout de même aimé avoir quelques clés d’éducation positive à portée de main. Non pas que je pense avoir « raté » l’éducation de mon fils (encore faudrait-il que l’éducation parfaite et le parent parfait existent pour avoir le luxe de ne pas se tromper…) mais parce que je pense que l’éducation positive véhicule des valeurs extrêmement importantes, bien peu présente dans notre société. Je sais que j’aurais pu par exemple aider mon fils différemment, lui donner plus confiance en lui…
Le magasine Psychologie Positive dont j’aime beaucoup le titre (et si l’on voyait la vie de manière positive ?) a sorti le mois dernier un Hors-Série sur l’éducation, un numéro très enrichissant et documenté pour apporter, à chaque étape de la vie de l’enfant des réponses positives et épanouissantes, et tellement, tellement gratifiantes.

Ce que je vois aujourd’hui, à travers mon métier puisque je suis chaque jour en contact avec des enfants de tous âges, ce sont des enfants violents, malpolis, très mal dans leur peau et terriblement individualistes. Des enfants qui ne font que tristement reproduire le comportement de leurs parents le plus souvent. Ces petites éponges ne mériteraient-elles pas que l’on fasse à un peu plus attention à ce que l’on dit, à ce que l’on fait lorsqu’ils sont près de nous ? Nos enfants ne mériteraient-ils pas une éducation qui prendrait en compte leurs attentes en tant qu’individu et non pas comme faisant parti d’un groupe ? Une école qui respecte enfin leur rythme naturel, leur besoins ? Une éducation qui leur apprenne à s’aimer et à aimer l’autre ?
Certains de leur comportements, certaines de leurs paroles me choquent énormément et me font même peur pour l’avenir. Ce que je vois au quotidien me terrifie.
J’aimerais pourtant leur apporter, moi aussi les clés pour qu’ils s’épanouissent autant que possible dans les activités et les projets que je leur propose mais je me rend compte chaque jour à quel point c’est difficile. Je crie, je m’énerve, parce qu’ils m’exaspèrent bien trop souvent et que je leur transmets malgré moi la pression que je subis dans mon travail…
Je rêve d’un système différent, pour mon fils et tous les enfants du monde. Un système qui serait plus à leur écoute, qui suivraient leur rythme et besoins naturels, qui cesseraient de les pousser à la compétition, qui leur apprendrait la bienveillance, l’empathie, l’entraide, l’écoute.

Je ne jette la pierre à personne, et j’ai moi même fait bien des erreurs en tant que maman.
Je n’ai pas élevé mon fils selon les préceptes de la psychologie positive, en tout cas, je ne l’ai pas fait consciemment ou en suivant un quelconque mode d’emploi. Je l’ai élevé avec ce que je pensais être juste, avec les moyens (humains, affectifs et financiers) dont je disposais. Cela n’a pas toujours été simple mais j’ai toujours essayé de lui apporter le meilleur, j’ai heureusement été soutenue par mes parents qui, malgré la distance, ont su assurer la continuité de ce que je voulais lui transmettre. J’ai fait des erreurs oui, quel parent n’en fait pas ?
Aujourd’hui, je me sens au bout de mon chemin de parent, ou en tout cas à un tournant et il est certain que s’il venait au monde aujourd’hui je ferais plusieurs choses bien différemment mais je n’ai aucun regret et suis heureuse de ces 16 années passées.
L’adolescence est la période de la parentalité qui est probablement la plus déstabilisante mais on ne s’en sort pas trop mal !
Il y a eu des crises à gérer, les petits et gros bobos, les chagrins, son hyperactivité lorsqu’il était petit, son rapport qui a toujours été très délicat avec l’école (et qui se traduit aujourd’hui par une démotivation totale pour le lycée), son caractère de cochon, son entêtement, la détection tardive de son « haut potentiel intellectuel », sa timidité presque maladive. Il y a aussi ses réussites, sa scolarité qui, jusqu’à la fin du collège était quasi parfaite, son amour pour le sport et sa capacité à se dépasser lorsqu’il en a envie, tous ces merveilleux moments que l’on a partagés lui et moi, cette complicité intense que nous avions jusqu’à l’adolescence, ses réflexions sur la vie et cette capacité presque innée à la philosophie qu’il a et qui me bouleverse à chaque fois… Il est intelligent, drôle, réaliste (peut-être même un peu trop pour son âge), prudent, tête en l’air, terriblement têtu, paresseux.
Il me déstabilise depuis quelques années, me déçoit parfois, me rend profondément fière le plus souvent, il est lui et personne d’autre, ce jeune homme qui s’est construit avec moi, avec les autres, avec les petites et grandes épreuves de la vie.
Être parent oblige à refuser la perfection, à accepter que l’être que l’on a mis au monde ne répondra jamais à toutes les attentes que l’on avait mis en lui.
Il n’existe aucun parent parfait comme il n’existe aucun enfant parfait, et c’est très bien comme ça.

Le métier le plus difficile au monde

76% des parents pensent qu’il est plus difficile aujourd’hui d’élever un enfant que ça ne l’était pour la génération de leurs parents et j’ai tendance à croire que cela ne va pas s’arranger…
Comment rassurer mon ado qui pense qu’il ne trouvera jamais de travail à l’issu de ses études (et ne sait même pas quoi faire de sa vie) lorsque le taux de chômage en France n’a jamais été si élevé ? Comment lui dire que tout ira bien quand chaque jour des guerres éclatent, des attentats tuent, quand l’intolérance, le racisme, la haine de l’autre, le fanatisme, l’individualisme ne cesse de grandir ?
Comment lui inculquer les valeurs qui me sont chères dans cette société où la surconsommation est reine, ou les inégalités ne font que s’accroître ?
Ce n’est pas ce monde-là dont j’avais rêvé pour lui et manque de bol pour moi, il est très réaliste sur ce qui l’entoure. Heureusement, nous parlons beaucoup (pourtant ce n’est pas évident de parler avec un ado, croyez-moi), nous échangeons sur l’actualité et ses réflexions me rassurent le plus souvent (sauf quand il me dit que lui son rêve c’est d’être riche sans travailler -_-).
Bien sûr, du haut de ses 16 ans, il a des idées bien arrêtées et même si pour lui tout est noir ou blanc, bien souvent je sens que les graines que j’ai semées ont germé.
Mon seul et unique souhait, qu’il devienne un adulte autonome et épanoui (et c’est pô facile facile hein ?)

Les 3 kifs par jour, apprendre à être positif

Je n’ai pas de recette miracle pour éduquer un enfant, ni même un ado. J’apprends encore aujourd’hui à prendre un problème à la fois, à m’adapter.
A une période aussi tendue qu’est l’adolescence, ma crainte était que mon ado, déjà très renfermé de nature ne sache plus du tout discerner le bien du mal, qu’il ne me parle plus du tout lui qui me racontait tout lorsqu’il était petit. Pour renouer le dialogue j’ai essayé d’instaurer il y a quelques temps déjà la règle des 3 kifs par jour.
Tous les soirs, je demande à mon ado de citer 3 kifs qu’il a eu dans sa journée. Cela peut être un truc tout bête comme « il y avait du cordon bleu à la cantine » ou « j’ai bien dormi » ou « j’ai gagné ma partie de jeux vidéo » peu importe, tant que c’est pos-sit-if ! Cela permet la communication, l’ouverture d’esprit, et bien souvent l’humour.
Ainsi, sans même s’en rendre compte il nous raconte sa journée et même quelques anecdotes souvent à mourir de rire (faut dire aussi qu’il a cette capacité à mimer les situations !)

Psychologie Positive – Hors-Série Éducation (Concours)

EDUCATION POSITIVE
Mélanie © Alittlepieceof

Vaste sujet que celui de l’éducation n’est-ce pas ?
Aujourd’hui je ne me plonge que rarement dans des ouvrages sur ce thème.
Lorsque j’étais enceinte de mon fils j’étais abonné au magasine « Parents » que je lisais comme la bible, je regardais « Les Maternelles » tous les jours avec passion et puis… mon fils a grandi et je me suis débrouillée par moi même. Étant devenue maman très jeune, je n’avais aucune copine maman à qui parler de mes soucis, de mes questionnements et finalement je me suis fiée à mon instinct et à l’aide précieuse de mes parents.
Ce numéro hors série de Psychologie Positive sur l’éducation positive m’a vraiment beaucoup plu et je pense d’ailleurs l’offrir à plusieurs de mes amies jeunes mamans.

Dans ce numéro :

– Une superbe interview de Céline Alvarez dont j’avais déjà entendu le témoignage à la radio et qui revient sur son expérience de pédagogie engagée. Son expérience a de quoi faire rêver ! Si seulement les politiques en prenait de la graine !
– L’école, autrement avec les méthodes Montessori, Steiner, dynamique ou à la maison…
– Comprendre le rythme (atypique !) de sommeil des ados
– La famille recomposée mode d’emploi
– Quelques extraits du Guide de sérénité « Calme et attentif comme une grenouille » d’Eline Snel qui invite l’enfant (et ses parents) à entrer en pleine conscience, à être calme, à respirer et méditer.
– Comprendre et lutter contre les stéréotypes filles/garçons

Ces sujets vous intéressent ?
J’ai le plaisir d’offrir à 5 d’entre vous la possibilité de remporter 1 exemplaire de ce hors-série.
Pour cela, dites-moi quelle est la valeur qui vous semble la plus essentielle à inculquer à votre enfants/futur enfant.
Un petit bonjour et une adresse mail valide sont vivement conseillés également 😉
Vous avez jusqu’au mercredi 21 juin 12h pour participer. Je préviendrais les gagnants par mail.

EDIT du 22 juin 2017 : Le tirage au sort a désigné Morgane, Olivia, Magalie, Emilie et Petite G qui remporte les exemplaire du magazine.
Les filles, je vous contacte par mail ! Merci pour votre participation.

Bonne chance !

Mes autres articles de maman :

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9 thoughts on “Dans la tête de mon ado”

  • Bonsoir!
    C’est avec grand plaisir que je tente ma chance!
    Avec ma fille je pratique l’éducation positive et ca marche plutôt bien! Pour moi la valeur principale à lui transmetter c’est l’empathie !
    merci et croisons les doigts!

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  • Hello. Maman de 3 filles (14, 12 et 10 ans), j’ai bcp lu aussi et nous pratiquons très souvent le  » Quels ont été tes 3 moments préférés de la journée? ». Et pour répondre à ta question, je pense que la valeur la plus importante à inculquer à un enfant est probablement le respect (de soi, des autres, de la vie, de son environnement). Merci pour ton article. Magalie

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  • Pour avoir un bout de chou plein d’amour de 4 mois, il nous semble clé de lui apporter les valeurs de la résilience. Parce que les épreuves et les échecs font parti de l’apprentissage de la vie et qu’ils ne doivent pas – ou très peu – entamer la confiance en soi !

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  • Bonjour, je souhaite participer au jeu.
    Je tente ma chance pour m’améliorer et progresser grâce à cette saine lecture. La valeur la plus importante à mes yeux et que je m’efforce de faire partager à mes loulous, c’est celle du travail : il faut donner le meilleur de soi, travailler pour pouvoir exercer le métier qui nous tient à cœur.
    Voici mon adresse e-mail : maman.est.occupee[at]gmail.com
    Merci de penser à nous !

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  • Bonjour,
    Pour l’instant, mes petits bouts me semblent loin de l’adolescence puisqu’ils ont 5 mois et 3 ans. J’essaye au maximum de les éduquer « positivement » même si je n’aime pas trop ce terme dans la mesure où ça implique que le reste serait « négatif ». En tous cas, j’espère transmettre à mes enfants la capacité à créer leur propre bonheur: ce sera déjà bien!

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  • Oh merci, ce hors série a l’air super et avec deux poulettes pêchues à la maison j’ai parfois du mal à rester zen !
    ici on veille avant tout à transmettre le respect : de soi-même, déjà, et de l’autre, des différentes opinions, cultures, croyances..; etc… la base quoi 🙂

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  • Merci pour le concours 🙂
    J’ai acheté le magazine hier je ne participerai donc pas, cependant je me suis effectivement dit (après notre « échange ») qu’il est toujours important de parler des « chaudouxdoux » (dans un moteur de recherche, au hasard « ecosia », taper le conte chaud et doux des chaudoudoux pour ceux qui ne les connaissent pas)

    Des chaudouxdoux hein 😉

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