Ce que j’ai appris sur moi durant le confinement

Ce que j’ai appris sur moi durant le confinement

Période plus que propice à l’introspection, le confinement m’en a probablement appris bien plus sur moi que jamais aucune autre période de ma vie. Cette période, si particulière m’a dévoilé son lot de trésors et sa part d’ombres. Elle m’a surtout permis de prendre pleinement le temps de penser, de réfléchir, d’être à ma propre écoute, d’accueillir. En voilà un petit bilan.

Ce que j’ai appris sur moi durant le confinement :

  • Je ne dirais plus jamais “je n’ai pas le temps” mais le remplacerais autant que possible par “je n’ai pas PRIS le temps”. Parce que le temps on l’a. Toujours. C’est la manière dont on le gère et ce que l’on veut en faire qui diffère. Même si là, j’avoue qu’avec la reprise j’ai bien du mal à trouver le temps de faire tout ce que j’aimerais 😅

 

  • J’ai un immense et imposant besoin de reconnaissance. Et il me fait souffrir. Énormément. J’aimerais m’en foutre, j’aimerais être moi et juste moi et m’en foutre mais c’est là, c’est pesant, c’est étouffant. J’ai décidé de l’accepter et je continue à travailler dessus activement, notamment grâce au podcast Changea Vie dont je vous parlais dans mon dernier article. Là encore, ma manière de faire a drastiquement changé et les outils que propose Clotilde m’aident énormément.
    À propos d’accueillir et d’accepter, je vous invite à lire le post de Lili Barbery  sur la vulnérabilité, dans lequel je me suis reconnue, notamment dans la nécessité de se couper du monde parfois pour mieux écouter ses propres besoins.

 

  • Le yoga, est devenu au fil des années, indispensable à ma vie. Durant le confinement je suis passée d’une à deux séances quotidienne, une le matin, une le soir. Cela m’apporte vraiment énormément, et ce à bien des niveaux…je vous en parlai déjà , puis , et encore .

 

  • Je veux vivre dans l’instant. Cela fait plusieurs années que je tente de vivre dans l’instant mais notre société ne nous y aide vraiment pas. Il faut toujours prévoir, planifier, remplir un agenda.
    « Et qu’est-ce que vous faites l’été prochain ? Et qu’est-ce que tu veux faire pour ton anniversaire ? Et ça te dit que l’on se voit dans 15 jours ?  »
    Le confinement nous a offert un autre modèle et je n’ai pas du tout envie de revenir en arrière. Il y a quelques jours, lorsqu’un ami m’a demandé si l’on se verrait le week-end prochain, je me suis sentie incapable de répondre. De quoi aurais-je envie le week-end prochain ? Je n’en sais rien !
    Je n’ai pas envie de prévoir nos prochaines vacances, je m’en fiche de savoir ce qu’il se passera à la rentrée prochaine, je ne sais même pas quand est-ce que je reprendrais mon travail à temps plein ni quelles seront mes missions et ça me va. Parce que si je veux rester à mon écoute il m’est impossible de savoir ce dont j’aurais envie ne serait-ce que dans deux jours.
    Vivre au jour le jour est synonyme d’une immense liberté. Rien n’est urgent. Tout peut attendre.
    Tout est possible. Ne rien prévoir c’est donner toute sa place à l’impromptu, à inattendu, à la surprise.
    D’autant que la plupart de mes angoisses proviennent de cette incertitude sur le futur. Mon attitude de face à l’annonce du déconfinement en est un exemple parfait. Je me suis mise à m’inquiéter pour un truc qui ne devait arriver qu’un mois plus tard et qui n’existait par conséquent uniquement dans ma tête. Une fois que j’ai intégré ce fait, je me suis aperçue qu’il me suffisait juste de ne plus y penser et de profiter du temps qu’il me restait avant cette date fatidique et tout est allé beaucoup mieux.
    Une fois que l’on a compris que le futur n’existe pas, qu’il n’existe que dans notre tête et dans la projection que l’on fait de celui-ci, que seul le présent est réel alors les choses deviennent beaucoup plus simple. Méditer quotidiennement m’aide énormément à mettre en pratique cela. Le ici et maintenant. Car c’est la seule réalité qui existe.

« Vivre, c’est vivre l’instant présent. On ne peut pas vivre dans le passé ni le futur : on ne peut qu’y réfléchir, y spéculer, y ressasser ses regrets, ses espoirs, ses craintes. Pendant ce temps, on n’existe pas. Se rendre régulièrement présent à la richesse de nos instants de vie, c’est vivre davantage. Nous le savons, bien sûr, nous l’avons lu et entendu; nous l’avons même pensé. Mais tout ça, c’est du bla-bla: il faut maintenant le faire, pour de vrai ! Rien ne remplace l’expérience de l’instant présent. » Christophe André

  • Je suis pleinement heureuse lorsque j’aide les autres. J’ai besoin de me sentir « utile » (ce qui remet, une fois encore, grandement en perspective les missions professionnelles que j’occupe actuellement mais c’est un autre sujet).
    Cela faisait quelques temps déjà que j’avais envie de mettre mon temps à profit des autres, sans rien attendre en retour. Mon tout petit rôle entant que bénévole durant le confinement m’a montré que je pouvais me lancer. Qu’il suffisait de se rendre disponible. Reste à trouver vers quelle cause je souhaite me diriger et comment. Peut-être que cela se fera de manière bénévole, peut-être que des choix professionnels se présenteront à moi. Je laisse venir…

 

  • Je possède déjà tout ce dont j’ai besoin et je n’ai besoin de rien de plus.
    Je ne suis pas dépensière, c’est un fait. D’ailleurs, je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai acheté quelque chose autre que des denrées alimentaires. Je crois que ce devait être une énième paire de chaussures 🙄 sur vinted, début février dont je n’avais clairement pas besoin. Depuis : rien.
    Pas un livre, pas un vêtement, pas une fringue, pas un objet, pas une fourniture. Rien.
    Et cela me fait sacrément réfléchir. Forcément.
    Après le challenge #riendeneuf il y a quelques mois j’ai participé au challenge #calculetondressing sur Instagram. J’ai fait un énième tri dans mes innombrables vêtements, mes innombrables chaussures. Enfin plus si innombrables puisque justement maintenant je sais. Je sais combien. Je sais que j’ai trop. J’ai honte d’avoir autant de manteaux, autant de t-shirts, autant de robes… Alors j’ai à nouveau trié mon dressing pour ne garder que ce dont (aujourd’hui) je ne me sens pas capable de me délester. Il reste encore beaucoup de choses.
    J’ai fait la même chose dans ma cuisine. Dans mes placards. Dans ma maison.
    Cela m’a montré que je n’avais besoin de rien. J’ai déjà tout ce dont j’ai besoin. Je n’ai pas besoin d’acheter quoique ce soit de plus.
    Et je compte bien rester sur cette lancée, même lorsqu’il faudra reprendre le chemin du bureau, être confronté au regard extérieur et irrémédiablement aux tentations (des collèges, des réseaux sociaux, du monde extérieur et ces « mieux, plus récent,… »). D’autant que cet argent que je ne dépense pas (plus), l’argent économisé sur les concerts annulés, les restos que l’on a pas fait, je sais déjà qu’il me permettra de réaliser quelque chose de plus beau, de plus grand, de plus personnel que tous les objets du monde. Je sais que la situation économique de beaucoup de ménage est loin d’être simple et je mesure la chance que j’ai d’avoir pu bénéficier de mon salaire durant toute cette crise sanitaire mais, à mon niveau, réussir à économiser un tout petit peu d’argent est l’un des nombreux points positifs de cette période exceptionnelle que nous avons vécu. Elle a redéfinit plus que jamais les (mes) priorités.

« Notre société de profusion multiples crée aussi en nous des manques multiples et les deux sont liés. Voyez les maladies de pléthore, par exemple, ces maladies modernes de « trop » : trop d’aliments qui nous rendent obèse, trop de possessions qui nous rendent moroses. Le trop de quelque chose, c’est toujours un manque d’autre chose. » Christophe André

 

  • Je suis une oursonne, très heureuse dans son terrier. Je n’ai jamais été aussi heureuse que pendant cette période confinée. Être maître de mon temps sans obligation aucune, sans horaire, en ayant la chance de vivre à mon propre rythme. Je n’ai à aucun moment ressenti de manque de quoique ce soit. Au contraire.
    Ce sentiment de liberté est l’un des plus beaux cadeaux de cette tragique expérience. Être chez moi suffit à me rendre pleinement heureuse, avoir mon amoureux à mes côtés suffit à me combler. Ne rien faire n’est pas non plus quelque chose qui me pause de problème de conscience. Être, sans toujours chercher à faire me suffit. Cela va à l’encontre de l’idée que l’Homme est un animal social, à l’encontre aussi de ce que veut nous faire croire la société dans laquelle nous vivons et qui voudrait nous voir toujours occuper, avec des agendas toujours remplis, mais j’assume.
    La peur de quitter mon cocon et les personnes qui le compose depuis tant d’années, si nos projets nous mènent loin de mon lieu de vie actuel, a aujourd’hui totalement disparue. Je suis fin prête à aller vers autre chose. J’assume désormais pleinement mon besoin de solitude et de décider davantage quand et comment faire surface au monde. Sans vouloir répondre aux conventions ni aux injonctions mais en écoutant uniquement mon propre ressenti.
    Durant cette période sans voir mes proches, s’est imposé à moi une large réflexion sur mon rapport aux autres : Quelle personne m’apporte de ma joie, quelle relation ne mérite plus que je m’y investisse ? En qui je me reconnais, avec qui je me sens bien? Qui partage mes convictions? Qui ne les partage pas mais avec qui le débat est possible? Qui m’écoute et qui m’entend ? Envers qui je donne le meilleur de moi-même ? Qui me renvoi à mes pires travers ? Que puis-je faire pour donner le meilleur de moi dans mes relations avec les autres ? Un long, très long cheminement a débuté ces dernières semaines et prendra encore certainement de très nombreuses années (voir toute une vie) et c’est passionnant !

 

  • J’ai besoin d’être créative. J’ai longtemps pensé que je ne l’étais pas puisque je ne pratique ni la musique, ni la peinture ni le dessin mais j’ai pris conscience que la créativité pouvait prendre bien d’autres formes. Durant le confinement j’ai ressorti ma machine à coudre du placard, au début pour réaliser des masques puis l’envie de coudre autre chose s’est imposée. J’ai ainsi pu réaliser des projets que j’avais en tête depuis longtemps (comme de coudre des petites choses pour tendre vers une démarche zéro déchet ou des cadeaux pour des proches). Je me suis également lancée dans la broderie et cela me plaît beaucoup. Cuisiner est aussi pour moi le moyen de m’exprimer, en cuisinant le plus souvent à l’instinct. Prendre des photos et les publier fait également partie des moyens que je préfère pour laisser s’épanouir ma personnalité (j’ai plein de choses à publier d’ailleurs !) . Écrire a occupé une grande partie de mon temps et est devenue une routine quotidienne. La créativité peut prendre mille et une forme et le confinement m’aura montré qu’elle était indispensable à mon quotidien. 

 

Et vous, que vous a appris ce confinement sur vous-même et peut-être aussi sur les autres ?



1 thought on “Ce que j’ai appris sur moi durant le confinement”

  • Le confinement t’a été bénéfique et j’espère que la suite te permettra de continuer sur cette lignée. Pour ma part, il a encore plus renforcé l’idée que je n’aime pas l’endroit où je vis, qu’il me faut de la nature, la mer, et surtout, que voir des gens ne m’est pas indispensable!

    View Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.