Mes dernières lectures

Mes dernières lectures

Bonjour, bonjour,
Vous allez bien ?
Ces dernières semaines, j’ai lu un roman qui m’a tant bouleversée que j’ai eu énormément de mal à en débuter un autre par la suite. Je me suis donc tournée vers d’autres types de littératures : un livre sur l’art de vie suédois, un essai sur les low tech et une BD très attachante.

La vie devant soi de Romain Gary

Mélanie © Alittlepieceof

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975.
Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive: Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu’il n’est « pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort.

Mon avis :

Il y a quelques mois, quelqu’un de fort avisé (et que je salue s’il passe par là !) m’a demandé si j’avais déjà lu du Romain Gary. Non ai-je répondu.
Quelques jours plus tard, me voilà chez Emmaüs et comme toujours, je termine par un passage au rayon livre où je pourrais passer ma journée tant ma liste de livres à lire est longue et leurs rayonnages remplis…
Bref… je trouve rarement ce pourquoi j’étais venue mais voilà que, devant mon nez, se pointe « La vie devant soi » de … Romain Gary !
Il n’y a pas de hasard dans la vie et je me suis dis que cette coïncidence était trop belle pour ne pas la saisir.
Le livre est resté sur ma table de chevet tout l’été et une fois ma pile estivale achevée je me suis tout naturellement tournée vers lui… comme si une petite voix me disait que cette lecture ne pouvait attendre plus longtemps.
Et cette petite voix avait raison ! Je ne pouvais attendre davantage de rencontrer Momo et Mme Rosa, Moïse, le docteur Katz et Mme Lola…. sans parler de tous les autres.
Comme je regrette de ne pas les avoir connus avant !
Ce livre est une pépite ! Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il fût Prix Goncourt 1975. Signé Emile Ajar, le nom d’emprunt de Romain Gary, c’est une histoire bouleversante étonnamment ancrée dans la société actuelle malgré qu’elle fût rédigée dans les années 70? C’est une ode à l’amour, à la tolérance, à la différence, aux petites gens.
C’est un livre fabuleux.

Quelques extraits

  • Je peux vous dire ça à la décharge de Madame Rosa comme juive, c’était une sainte femme. Bien sûr elle nous faisait bouffer toujours ce qui coûtait le moins cher et elle me faisait chier avec le ramadan quelque chose de terrible. Vingt jours sans bouffer, vous pensez, c’était pour elle la manne céleste et elle prenait un air triomphal quand le ramadan arrivait et que j’avais plus le droit au gefillte fisch qu’elle préparait elle-même.
  • Moi l’héroïne, je crache dessus. Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque.
  • Je crois que c’est les injustes qui dorment le mieux, parce qu’ils s’en foutent, alors que les justes ne peuvent pas fermer l’oeil et se font du mauvais sang pour tout.
  • Si Madame Rosa était une chienne, on l’aurait déjà épargnée mais on est toujours beaucoup plus gentil avec les chiens qu’avec les personnes humaines qu’il n’est pas permis de faire mourir sans souffrance.
  • Je suis resté assis à côté d’elle autant que c’est possible sans aller pisser ou manger un morceau . Je voulais être là quand elle allait revenir pour être la première chose qu’elle verrait. Je mettais la main sur sa poitrine et je sentais son coeur, malgré tous les kilos qui nous séparaient.
  • Il faut aimer.

Lagom, vivre mieux avec moins de Anna Brones

Mélanie © Alittlepieceof

Présentation et histoire de ce concept suédois qui prône la simplicité et des conseils pour le mettre en pratique afin de gérer le stress et se satisfaire de ce que l’on a, se reconnecter à la nature et prendre soin de l’environnement, trouver l’inspiration pour décorer sa maison avec simplicité.

Mon avis

Si je suis restée totalement hermétique au concept Hygge danois qui a déferlé sur les médias l’an dernier (avant de comprendre enfin ce que c’était en allant à Copenhague) ma découverte du Lagom suédois est un véritable coup de coeur !
La méthode suédoise, souvent apparentée à sa voisine danoise n’a pourtant pas grand chose à voir, si ce n’est que toutes deux prônent le bien-être. Mais chacune a ses spécificités et dans ce livre très simple et rapide à lire l’auteur nous présente à la fois l’histoire de cet art de vivre et donne quelques exemples très concrets pour le mettre en oeuvre au quotidien.
Ce mode de vie, les suédois n’ont même pas besoin de le définir ou de l’expliquer tant il est ancré dans leurs gênes. Déjà présente au temps des viking, cette méthode, qui n’en est donc absolument pas une, conditionne la vie des suédois depuis des millénaires et fait partie d’eux, ce qu’ils sont.
L’expliquer est donc quelque peu étrange et l’on ressent dans le livre une certaine maladresse probablement due à la traduction. Comment traduire un mot, un concept propre à une langue ou une tradition ?
Bien obligé de traduire ce « lagom » pour l’internationaliser, c’est « ni trop ni trop peu » qui a été retenu et cela définit en effet assez bien le sens.
Vivre lagom c’est vivre mieux avec moins, privilégier la qualité plutôt que la quantité, favoriser l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, bien manger mais en quantité raisonnable en privilégiant les produits locaux et de saison, cultiver l’esprit de groupe, se reconnecter à la nature, prendre le temps, réapprendre à ne rien faire… Aller à l’opposé de ce que notre société a de rapide, pressé, instantané, jetable.
Tout cela m’a énormément touchée. Peut-être parce que mes racines familiales sont indubitablement vikings et que résonne en moi le lagom de mes ancêtres ? Allez savoir !
En tout cas, ce que j’ai ressenti en lisant ce livre, je l’ai ressenti également lorsque j’ai découvert Copenhague. Je crois que je suis intrinsèquement une fille du Nord, en tout cas, je me reconnais énormément dans leur mode de vie, cette sobriété qui les caractérise, ce besoin de se sentir bien chez soi, de prendre le temps, de prendre soin de soi et des autres, de donner une grande importance à la nature…
En lisant ce livre, je me suis totalement reconnue ou en tout, cas ai reconnu une grande partie des valeurs qui sont importantes pour moi.
Dans ce guide, on peut parfois avoir l’impression que la  Suède est présentée comme un modèle de société parfaite mais l’auteur prend tout de même le temps de déconstruire ce mythe, un peu du moins, en présentant malgré tout quelques aspects négatif. Surtout, elle ne dit pas que tout le monde doit vivre comme les suédois mais que, dans de nombreux domaines peut-être que si nous étions un peu plus « lagom » alors nous serions plus heureux.
Dans ce livre quelques recettes de cuisine lagom que j’ai quasiment toutes testées tellement elles me plaisent et que j’ai vraiment hâte de (bientôt !) partager avec vous !

Quelques extraits

  • Nous ne sommes jamais satisfaits de ce que nous sommes et de ce que nous avons. Nous voulons toujours plus. […] Une fois engagés dans la voie de la réussite sociale et personnelle il est difficile d’échapper à cette course sans fin derrière un bonheur et une satisfaction qui ne cesse de s’éloigner. Or ce sont des choses qui n’existent que dans le présent, dans la paix intérieure et l’harmonie avec le monde qui nous entoure.
  • Être lagom ne signifie pas pour autant se retenir. Se satisfaire de ce que l’on est et de la vie que l’on a ne conduit pas à l’immobilisme. […]Nos réussites et nos échecs ne nous définissent pas. C’est notre façon de vivre qui nous définit.
  • Croire que l’on peut « tout avoir » et une illusion. Si on se débarrasse de nos attentes et notre tendance à nous juger nous-mêmes, on peut avoir ce qu’on veut en quantité raisonnable. Il faut cesser de se comparer aux autres.
  • On assimile trop souvent la lenteur à l’ennui. Car comment atteindre un but si on n’est pas occupé à quelque chose ? Pourtant ces instants réservés à la lenteur sont essentiels. Pour notre santé, mais aussi notre créativité.
  • Regardez comme il est facile de se connecter sur Facebook et de s’apercevoir soudain qu’une demi heure s’est écoulée ? Ou de regarder un épisode d’une série, puis un autre, et encore un autre, ainsi de suite. Et tout d’un coup, plusieurs heures ont passé. A quoi aurions-nous pu consacrer ce temps ?
  • On dit souvent : « Je n’ai pas le temps. » quand en réalité, on devrait dire « Je n’ai pas pris le temps ».
  • Les objets ne nous définissent pas. Ce sont les idées, les émotions et les expériences qu’ils offrent qui comptent.

L’âge des low tech, vers une civilisation technologiquement soutenable de Philippe Bihouix

Face aux signaux alarmants de la crise globale ; croissance en berne, tensions sur l’énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée, on cherche à nous rassurer. Les technologies « vertes » seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l’économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D. Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l’impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les « basses technologies ». Il ne s’agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. Si l’auteur met à bas nos dernières illusions, c’est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.

Mon avis

Voilà un type de livre que je n’ai pas trop l’habitude de lire. Rares sont les livres autres que des romans qui composent ma bibliothèque. Toutefois, celui-ci m’a semblé intéressant.
Sa couverture et son thème peuvent faire peur, c’est vrai, toutefois, le sujet qu’il aborde nous concerne tous. Notre planète est en danger, nul ne peut le nier. Notre société est en train de devenir folle à vouloir toujours plus, toujours plus vite (j’ai énormément pensé à l’empire Amazon et à tout ce qu’il implique en matière de consommation -mon produit tout de suite, en un clic – et de productivité -des employés sous pression traités comme des machines, bientôt remplacés peut-être par des drones ?-en lisant ce livre…) mais jusqu’où cela peut-il durer ?
L’auteur, un ingénieur spécialisé dans les ressources minières dresse le constat (plus qu’alarmant) du niveau des ressources disponibles et de la société que nous avons créée. Une société du toujours plus, de la surconsommation, du tout jetable, des nouvelles technologies dites vertes alors qu’elles ne le sont pas.
Il peut sembler utopiste dans les solutions qu’ils proposent, voire même un peu vieux jeux (c’était mieux avant) il s’en défend d’ailleurs souvent mais je crois qu’il n’a pas totalement tort dans ce qu’il dit.
D’une manière générale, ce qu’il dit est fondé et il semble connaître son sujet, toutefois j’ai trouvé la lecture du livre fastidieuse. Pas parce qu’il utilise un jargon scientifique, au contraire il parvient à vulgariser tous les sujets qu’il aborde malgré une connaissance certaine dans de nombreux domaines mais parce qu’il va loin, très très loin dans ses explications et se répète énormément. Peut-être est-ce nécessaire pour comprendre d’où l’on vient où nous en sommes et ce qui va advenir mais… à lire ce n’est pas très agréable. Une conférence serait à mon sens plus attractive.
Une fois son constat dressé, il met à mal tout ce que les technologies dites vertes proposent aujourd’hui et donne ses propres solutions pour tenter d’enrayer la crise globale dans laquelle nous sommes. Tous les thèmes sont abordés (alimentation, minerais, productivité, chômage, construction…) et ses propositions pour une décroissance choisie plutôt censées. Il propose par exemple d’interdire les piles à usage unique ou de créer une sorte de consigne pour inciter au recyclage des piles usagées ou encore de rendre le compostage obligatoire. Il est pour une relocalisation des services, des produits.
Il dit vraiment des choses intéressantes mais il faut s’accrocher pour venir à bout de son pamphlet.

Quelques extraits

  • L’enjeu n’est pas entre croissance et décroissance mais entre décroissance subie – car la question des ressources nous rattrapera à un moment ou un autre – et décroissance choisie.
  • Il n’y a donc pas de produit ou de service plus écolo, économe en ressources, recyclable que celui que l’on utilise pas.
  • Il faut donc que ces produits soient conçus et fabriqués pour être, le plus possible, économe, en ressources, non polluants, durables, robustes et facilement réparables ou réutilisables, modulaires, plus faciles à recycler en fin de vie.
  • Quand à nous, nous sommes devenus des consommateurs tyrans, nous voulons la qualité, l’efficacité, la réactivité, la disponibilité, la vitesse, la serviabilité, partout et tout le temps, et tout cela à des prix les plus bas possible.
  • Tout n’était pas mieux avant, loin de là. Mais à quoi ressemblera le monde dans trente ans si l’on continue au rythme des changements des dernières décennies ? Et comment un être humain normalement constitué pourra t-il résister à une telle pression assortie d’une telle désespérance ?
  • […] Donc, plusieurs pistes se présentent aux plus lucides.
    L’attentisme est le plus pratique. Faire comme si l’on n’avait rien vu, rien entendu, requiert peu d’engagement au quotidien. Pas besoin de se préparer : si les choses tournent au vinaigre, on rejoindra la cohorte et on trouvera bien des gens pour gérer au mieux les ennuis, ils sont payés pour ça.
    Le fatalisme en est une version un peu maximaliste qui consiste à profiter du bon temps tant que ça dure […) au lieu de perdre du temps à aller dans des réunions de « quartiers en transition »…
  • […)une société où chacun partagerait son temps entre activités manuelles et intellectuelles : plombiers philosophes, instituteurs paysans…

Coquillards – Tome 1 – l’eau et le vin de PhilGref

Année 2000, deux copains cherchant à rompre la monotonie du quotidien décident de partir sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.
Sans trop savoir ni ce qui les pousse à entreprendre ce voyage, ni ce qu’ils vont y trouver, les voilà donc marchant sur les routes et les chemins à partir de la Roche-sur-Yon vers Compostelle.
N’étant pas des pèlerins très religieux, un prêtre rencontré lors de leur voyage les affuble du surnom de « Coquillards ».
Ce premier tome suit le parcours de ces deux « coquillards » sur le premier quart de leur voyage, de la Vendée à la Gironde.

Mon avis

Philgreff ( mon beau frère soit dit en passant) raconte depuis plusieurs mois déjà son chemin de Saint Jacques de Compostelle sur son blog dessiné. Aujourd’hui il auto-édite les planches et j’ai dévoré le tome 1 sitôt commandé !
Dans un style qui n’est pas sans rappeler Margerin, Phil raconte comment lui et un de ses amis ont fait le pari un peu fou de se rendre jusqu’en Espagne en partant de Vendée (soit 1300km) à pied en empruntant le chemin de Compostelle. Leur but n’avait pas grand chose de religieux même si sur leur chemin ils croisent bon nombre d’hommes et de femmes d’Église principalement pour bénéficier de leur hospitalité. Florian est d’ailleurs plus anarchiste que bigot et apprendra de ce voyage pas mal de choses sur la foi. La complicité des deux amis transparait à travers les pages et j’ai beaucoup aimé la façon dont ils avancent sur ce drôle de chemin avec humour, amitié, débrouillardise et bonne humeur !
Terriblement attachant ! Vivement la suite !

Bonne lecture !

N’hésitez pas à partager avec moi vos dernières lectures, vos derniers coups de coeur, je suis toujours curieuse de découvrir de nouveaux auteurs et de nouvelles histoires !

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