Mes dernières lectures

Mes dernières lectures

Déjà début novembre…. Non mais là je crois que cette rentrée scolaire aura battu tous les records ! Je n’ai rien vu passer ! Mais alors rien de rien…
Il faut dire que j’ai eu un emploi du temps professionnel et personnel plus que chargé.
Débordée pendant 2 mois, ça vraiment je ne l’avais jamais fait (et j’espère ne pas le refaire de si tôt).
Mon seul vrai petit plaisir durant ces 2 mois ? La lecture !
Parce que niveau sortie, on ne peut pas dire que ce fût la panacée… Mes soirées ? une bonne tisane, un bouquin et au lit (call me mamie Mélanie)
Mais revenons plutôt à ces lectures justement ! Dans cette nouvelle revue littéraire, de belles découvertes, des coups de coeur confirmés.
Ce qui est plutôt drôle dans ces lectures, c’est que je n’en ai réellement choisie aucune, elles m’ont soit été prêtées, soit été offertes et au final je crois que c’est ce que j’aime par dessus tout dans la lecture, ce lien qu’elle créé avec d’autres lecteurs…
Prêter un livre est un véritable gage de confiance, d’amitié, de partage. Chaque fois que l’on me prête ou que l’on m’offre un livre je ressens une immense gratitude envers la personne qui fait ce geste. Offrir ou prêter un livre à quelqu’un, c’est penser à cette personne, penser à ses goûts, l’imaginer en train de lire cette œuvre que l’on a nous même appréciée…
C’est l’un des plus beaux cadeaux qui soit.

Chanson douce de Leïla Slimani

Mélanie © Alittlepieceof

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture.
Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Mon avis :

J’ai eu envie de lire ce livre dès sa sortie. J’appréhendais de tomber dans quelque chose de trop pathétique malgré tout, mais il n’en est rien. Dès le premier chapitre, on se prend une grosse claque car l’histoire commence par la fin, une fin tragique, morbide, impensable. Puis tout le récit tend à expliquer ce drame. Si tant est qu’une explication existe…
Portrait de notre société malade, de sa quête du bonheur parfait dans laquelle l’on voudrait être tout à la fois mère, épouse, avoir une carrière, des enfants parfaits, une maison parfaite, gagner de l’argent, avoir des ami(e)s…. Cette société qui fait de nous des enfants gâtés qui veulent tout et tout de suite. Être parent, oui, mais sans oublier sa carrière, ses amis, sa liberté… Déléguer sans cesse (quand on peut), courir tout le temps sans observer le monde, sans prendre soin de celles (et ceux) qui donnent tout, qui pallient les manques et les absences.
Louise, elle, tranche littéralement avec tout cela. Elle a voué sa vie aux autres, a su se rendre à la fois invisible et indispensable. Bourrée de tocs, elle donne l’image de la parfaite nounou, celle dont on ne peut plus se passer mais une fois sa longue, très longue journée de travail terminée, qui est-elle réellement ? Que cache t-elle ?
Un récit incisif, sans répit.

Quelques extraits

  • Toute sa vie, elle avait eu l’impression de gêner. Sa présence dérangeait Jacques, ses rires réveillaient les enfants que Louise gardait. Ses grosses cuisses, son profil lourd s’écrasaient contre le mur, dans le couloir étroit, pour laisser passer les autres. Elle craignait de bloquer le passage, de se faire bousculer, d’encombrer une chaise dont quelqu’un d’autre voudrait. Quand elle parlait, elle s’exprimait mal. Elle riait et on s’en offensait, si innocent que fût son rire. Elle avait fini par développer un don pour l’invisible et logiquement, sans éclats, sans prévenir, comme si elle y était évidemment destinée, elle avait diparu.
  • Nous ne serons heureux, se dit-elle alors, que lorsque nous n’aurons plus besoin les uns des autres. Quand nous pourrons vivre une vie à nous, une vie qui nous appartienne, qui ne regarde pas les autres. Quand nous serons libres.
  • La vie est devenue une succession de tâches, d’engagements à remplir, de rendez-vous à ne pas manquer. Myriam et Paul sont débordés. Ils aiment à le répéter comme si cet épuisement était le signe avant-coureur de la réussite. Leur vie déborde, il y a à peine la place pour le sommeil, aucune pour la contemplation.
  • Louise s’agite en coulisses, discrète et puissante. C’est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la magie ne peut pas advenir. Elle est Vishnou, divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familial.
  • Pas de sans-papiers, on est d’accord ? Pour la femme de ménage ou le peintre, ça ne me dérange pas. Il faut bien que ces gens travaillent, mais pour garder les petits, c’est trop dangereux. Je ne veux pas de quelqu’un qui aurait peur d’appeler la police ou d’aller à l’hôpital en cas de problème.
  • Cette nounou, elle l’attend comme le Sauveur, même si elle est terrorisée à l’idée de laisser ses enfants. Elle sait tout d’eux et voudrait garder ce savoir secret. Elle connaît leurs goûts, leurs manies. Elle devine immédiatement quand l’un d’eux est malade ou triste. Elle ne les a pas quittés des yeux, persuadée que personne ne pourrait les protéger aussi bien qu’elle.

Les souvenirs de David Foenkinos

Mélanie © Alittlepieceof

Le narrateur, apprenti romancier, prend conscience à l’occasion du décès de son grand-père de tout ce qu’il n’a pas su vivre avec lui. Il comprend que le seul moyen de garder l’amour vivant est de cultiver la mémoire des instants heureux. Dans le même temps, frappée par le deuil, sa grand-mère semble perdre la tête. Il assiste aux manœuvres des proches pour la placer en maison de retraite et vendre à son insu son appartement. Ce qu’il n’a pas su vivre avec son grand-père, il décide alors de le vivre avec elle. Il va la voir souvent, parvient à égayer sa solitude, à la faire rire de tout. Mais elle finit par apprendre que son appartement a été vendu, et fait une fugue…
Le narrateur va partir à sa recherche, et la retrouver pour lui offrir ses derniers moments de bonheur. Le hasard lui fait en même temps rencontrer Louise, qu’il va aimer, et qui le quittera. Les souvenirs, nourris de joies, de douleurs et de mélancolie, lui offrent désormais la possibilité d’écrire son roman – et peut-être son avenir.

Mon avis :

Après mon coup de coeur pour Charlotte et le bon moment passé avec La délicatesse, je continue à découvrir la plume de Foenkinos que j’aime décidément beaucoup.
Dans ce roman, il parle de ses souvenirs (sans blague !) et plus particulièrement d’une certaine période de sa vie qui l’a mené à l’écriture. Il parle de sa famille, du deuil, de l’entrée dans l’âge adulte, de rencontre et de séparation, il parle de la vie. Et comme elle, c’est parfois inégal; on rit, on pleure, on s’ennuie aussi parfois.
En résulte un sentiment d’avoir partagé avec lui une tranche de vie comme si l’on avait suivi, de loin, les hauts et les bas d’un ami éloigné.
Dans ce court roman, Foenkinos retrace ses jeunes années, celles qui l’ont mené à l’âge adulte avec les perte, les rencontres, les doutes qui accompagnent chaque période de notre vie. Il perd successivement son grand-père et sa grand-mère, s’interroge sur les liens qui unissent sa famille, doit faire face à la séparation, la solitude, l’amour, la vie commune, la paternité, la recherche de sa vocation….
Ce n’est pas le roman que j’ai préféré de lui pour le moment, mais c’est tout de même un agréable moment de lecture.

Quelques extraits

  • Les bonnes idées viennent la nuit pendant que les mauvaises idées dorment.
  • La vie est une machine à explorer notre insensibilité. On survit si bien aux morts. C’est toujours étrange de se dire que l’on peut continuer à avancer, même amputés de nos amours. Les jours nouveaux arrivaient, et je leur disais bonjour.
  • Il faut quelques heures pour comprendre la vérité d’une sensation éprouvée. Et ce phénomène était particulièrement souligné chez moi, qui ai toujours eu un train de retard sur mes émotions.
  • C’est toujours étrange de se dire que l’on peut continuer à avancer, même amputés de nos amours.

Tous les matins du monde de Pascal Quignard

Mélanie © Alittlepieceof

« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l’ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu’à la barque. L’ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu’il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura :
– Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids. »

Mon avis :

Cette année, mon fils passe le bac de français à la fin de l’année scolaire (déjàààà ?) et sur sa liste de livres à lire, des titres que je n’ai pas lus.
J’ai donc décidé de les lire en même temps que lui (si en plus ça peut l’aider !) et voilà comment je me suis retrouvée, un soir à lire ce court roman contemporain écrit comme s’il datait d’il y a fort fort longtemps.
J’ai tout de suite été séduite par le titre que je trouve très beau. L’écriture, elle, est très old scool donc et l’histoire… à la fois belle (parce que nourrie d’amour) et peu entraînante (ou comment dégoûter les ados de la lecture).
Monsieur de Sainte Colombe a perdu sa femme et ne s’en remet pas. D’un naturel taciturne il va s’enfoncer dans l’amour de la musique pour lutter contre sa douleur d’avoir perdu celle qu’il aimait. Ses deux filles ne parviendront pas à lui donner le goût des autres et il vivra le plus clair de son temps reclus.
Malgré tout, ses filles grandissent et deviennent adultes, il accepte malgré tout de donner des concerts puis de former des apprentis musiciens, mais sa rigueur n’a de cesse de le pousser à la solitude.
C’est un récit plein de mélancolie, d’une grande beauté mais qui peut rebuter par sa forme, très classique. Mélancolie de la vie, du temps qui passe, amour de la musique dans ce qu’elle a de plus pur, amour envers un être disparu…
Vous l’avez lu ? Vous avez aimé ?

Quelques extraits

  • Monsieur, vous vivez dans la ruine et le silence. On vous envie cette sauvagerie. On vous envie ces forêts vertes qui vous surplombent.
  • « Monsieur, il y a longtemps que je souhaite vous poser une question.
    — Oui.
    — Pourquoi ne publiez-vous pas les airs que vous jouez ?
    — Oh ! mes enfants, je ne compose pas ! Je n’ai jamais rien écrit. Ce sont des offrandes d’eau, des lentilles d’eau, de l’armoise, des petites chenilles vivantes que j’invente parfois en me souvenant d’un nom et des plaisirs.
    — Mais où est la musique dans vos lentilles et vos chenilles ?
    — Quand je tire mon archet, c’est un petit morceau de mon cœur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n’est que la discipline d’une vie où aucun jour n’est férié. J’accomplis mon destin. »
  • La musique est simplement là pour parler de ce dont la parole ne peut parler. En ce sens, elle n’est pas tout à fait humaine.
  • Le caractère de Monsieur de Sainte Colombe et son peu de disposition au langage le rendaient d’une extrême pudeur et son visage demeurait inexpressif et sévère quoi qu’il sentît. Il n’y avait que dans ses compositions qu’on découvrait la complexité et la délicatesse du monde qui était caché sous ce visage et derrière les gestes rares et rigides.

Black cat’s therapy de Laura Campisano

Mélanie © Alittlepieceof

Changer de vie, c’est tout un programme. On a beau s’y préparer, le moment venu, on ne sait pas par où commencer. Un coup de main est donc le bienvenu. En réalité, c’est plutôt un coup de pattes que je vais recevoir. Dès le premier jour de ma nouvelle vie, mon chat se met à me parler, à me coacher même! Et si cela n’était qu’une pensée magique, fabriquée par mon cerveau pour m’aider à me reconstruire ? Une année de rebondissements, toujours accompagnée par mon chat, qui se révèle être précieuse et bien organisée ! Bienveillance, tendresse et développement personnel, cette histoire est presque entièrement réelle. Sauf pour le chat, qui ne parle toujours pas.

Mon avis

Ce livre est un conte des temps modernes, écrit par Laura du blog Y’a d’la joie  dans lequel elle nous livre les conseils d’un chat noir qui devait s’appeler salem pour devenir une grande matriochka qui sourit.
Laura est avocate et elle n’en peut plus. On ne sait pas très bien pourquoi mais là n’est peut-être pas l’important, une chose est sûre, elle est au bout du rouleau.
Elle décide de raccrocher la robe et de changer de vie. Oui, mais comment ? Par où commencer ?
C’est à travers son chat Bianca, qu’elle fait parler dans ce conte moderne, que la jeune femme va trouver les clés de ce nouveau chemin qui la mènera au bonheur.

Ce que l’on sait par contre c’est qu’elle manque cruellement de confiance en elle et qu’elle a un chat adorable.
C’est d’ailleurs la rencontre avec ce chat qui m’a le plus touchée dans ce livre. Le tout premier chapitre qui donne voix à Bianca est adorable. Moi qui adore les chats, forcément, je ne pouvais qu’imaginer ce pauvre petit minou à qui la vie n’a pas fait de cadeau et qui finit par trouver sa « maman » en la personne de Laura.
Les chat addict reconnaitront le tempérament nonchalant de leur compagnon de vie et surtout à quel point leur présence peut être bénéfique. C’est même prouvé scientifiquement, leurs ronrons, la tendresse qu’il nous apportent, agissent comme de véritables anti-dépresseurs.
Pour Laura, son chat aura une toute autre vocation : celle de coach ! C’est son chat qui va la pousser, en se mettant à lui parler, à se bouger les fesses.
En tout cas c’est la manière dont Laura décrit sa progression vers une nouvelle vie. Son chat ne parle pas et au final c’est bien Laura et elle seule qui a su trouver en elle les clés de sa réussite, mais le faire passer à travers son chat donne quelque chose de plus croustillant à raconter.
Ce n’est pas ce que j’ai aimé dans ce livre car je n’ai pas du tout aimé les dialogues entre Laura et son chat que j’ai trouvé somme toute assez creux, adulescents et peu crédibles. Ce que j’ai aimé dans ce petit livre, au fond, ce sont les mots de Laura lorsqu’elle parle d’elle, sans chercher à inventer une histoire digne d’un soap des années 90. Lorsque Laura écrit, sans chercher à faire rire ou, lorsqu’elle parle juste d’elle, sans chercher à ajouter quoique ce soit, ça sonne juste. Son dernier chapitre lorsqu’elle passe un week-end chez des amis est le meilleur moment du livre.
Ce que j’en retiens surtout, que tout changement de cap se fait dans le doute et l’incertitude, mais qu’au bout il y a beaucoup de bonheur à la clé.
Depuis que j’ai lu ce livre, j’ai complètement vidé mon dressing. Hasard ? Je ne crois pas 😉
Un petit truc qui m’a un peu agacé : de nombreuses coquilles résident dans cette édition. C’est vraiment dommage.

Vous avez lu l’un de ces livres ? L’un d’eux vous tente ?

Bonne lecture !

 

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1 thought on “Mes dernières lectures”

  • j’ai lu les livres de Foenkinos et de Quignard, les deux que tu présentes et d’autres aussi, j’aime beaucoup…
    Et je suis bien tenté par celui de Leïla Slimani, elle était invitée à l’émission « La grande librairie » il y a quelques semaines et je l’ai trouvée vraiment intéressante à écouter.
    Mais pour le moment, je viens de me lancer dans « la horde du contrevent », alors ce sera pour plus tard… 😉

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