Un recueil de nouvelles sur fond historique, un polar islandais très décevant et un livre sur la permaculture qui donne envie de mettre les mains à la…terre.

Les figurants : Suivi de Cités perdues de Didier Daeninckx

Les figurants : Suivi de Cités perdues de Didier Daeninckx

Mélanie © Alittlepieceof

Valère Notermans est un cinéphile. Sa connaissance du septième art est passionnée, exhaustive, méticuleuse. Venu dans la région de Lille pour un banal festival, il découvre, un jour de braderie, des images fascinantes qui témoignent d’une grande maîtrise.
Il ne se résoudra pas à rejoindre son domicile avant d’avoir identifié le réalisateur de cette troublante bobine, avec pour seul indice quelques lettres énigmatiques de la fin du générique…
La nouvelle, chez Didier Daeninckx, bat au rythme du monde. Elle se cherche en scrutant le regard des témoins, et se construit au présent sur la trame de l’Histoire.
Les sept textes qui composent ce volume prouvent, s’il en était besoin, que Didier Daeninckx est bien l’observateur le plus intransigeant de la vie sociale et politique de son temps.

Mon avis :

J’ai eu beaucoup beaucoup de mal à entrer dans la première histoire. Les premières pages décrivent surtout le personnage principal et je n’ai pas vraiment accroché à celui-ci. J’ai persévéré malgré tout sans être totalement embarquée par l’histoire. Mon attention a commencé à être un peu plus importante lorsque le protagoniste, Valère, suit son ami cinéaste dans le Nord de la France.
Daeninckx a cette particularité d’ancrer ses récits dans des lieux qu’il semble connaître comme sa poche et traverser avec lui les villes du Nord m’a séduit, moi qui aime tant cette région. Suivre ses personnages sur des lieux que j’ai moi même foulés m’apporte une réelle identification et c’est surement ce qui m’a fait poursuivre la lecture. Il y a dans ce texte un réel attrait pour les cinéphiles. L’auteur a, comme toujours, nourri son récit d’énormément de détails et a très probablement fait énormément de recherches. Je pensais être passionnée par le côté cinématographique de l’intrigue mais ce ne fût pas le cas. Ce n’est finalement qu’à la toute fin que j’ai compris à quel point ce court texte était marquant. J’ai dû relire la fin deux fois pour me convaincre que ce que j’avais lu était bel et bien ce que l’auteur laissait sous-entendre. Une fin vraiment glauque que je me suis prise en pleine face et dont je me souviendrai probablement un moment.
Ce texte n’est définitivement pas celui que je préfère de l’auteur mais il reste néanmoins un texte marquant.

Le second texte, plus long m’a captivée davantage. Là aussi les premières pages m’ont laissé quelque peu perplexe, car le récit débute comme si l’on avait raté un truc, comme si l’on était déjà censé connaître les lieux et mieux vaut s’accrocher tout de suite au wagon si l’on ne veut pas rater le train. Une fois ce petit moment de flottement passé c’est dans le 93 que je me suis laissée porter, avec en toile de fond une histoire de meurtre. Un flic, d’un certain âge, qui a roulé sa bosse, peu heureux en ménage, un peu blasé par son métier mais à l’instinct toujours intact mène l’enquête sur fond de mafia. Là encore, j’ai trouvé assez plaisant de me promener à Aubervilliers puisque j’y ai vécu. L’auteur retrace une partie de l’histoire de la ville en promenant son personnage le long du canal et en le faisant témoin des changements de cette ville passée en quelques décennies de village à cité. L’enquête est bien menée et je me suis facilement laissée prendre au jeu. Là encore, Daeninckx se sert de faits historiques pour dérouler son histoire.

Les autres petits textes qui composent ce recueil ne m’ont pas laissé grand souvenir, je les ai parcourus en diagonale plus que je ne les ai lus.

Mörk de Ragnar Jonasson

Mélanie © Alittlepieceof

Quand le crime à l’anglaise rencontre les terres gelées de l’Islande.
Cluedo au pays des fjords…
À Siglufjördur, à l’approche de l’hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l’Islande plonge alors dans une obscurité totale…
Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l’inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu’il enquêtait aux abords d’une vieille maison abandonnée. L’illusion d’innocence tombe. Tous les habitants n’avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d’étranges secrets… Pour reconstituer le puzzle, il faudra aussi écouter cette voix qui murmure, enfermée derrière les cloisons d’un hôpital psychiatrique, et qui tient peut-être la clé de l’énigme.

Mon avis

J’ai découvert Ragnar Jonasson en même temps que ce roman qui est en réalité sa deuxième parution.
Dans le petit pays qu’est l’Islande, un meurtre a lieu. Dans cette petite ville du Nord au nom imprononçable, où la police semble se la couler douce et où aucun délit grave ne semble perturber la tranquillité des habitants, un meurtre ? A la stupéfaction générale vient s’ajouter les destins croisés du tout nouveau maire de la commune et de sa première adjointe. L’auteur s’attache presque autant à la vie de ses personnages qu’à son enquête. Le personnage principal semble d’ailleurs être récurrent puisque j’ai lu qu’il était déjà au premier plan dans Snjór le premier roman de l’auteur.
A vrai dire, j’ai été assez déçue par cette lecture. Je n’ai pas du tout accroché à l’écriture (ou à la traduction ?) un peu trop « simple » à mon goût. Trop lisse, sans surprise, juste une succession de mots et de phrases sans charme. A tel point que l’auteur lui même semble vouloir combler les vides en parlant constamment de la météo (ok, il fait froid en Islande, mais quand même…)
Il faut bien le dire, le récit se lit très facilement, un peu trop peut-être. Je n’ai donc eu aucun mal à poursuivre ma lecture et ce malgré un certain manque d’attrait dès le départ.
Je me suis tout de même un peu laissée prendre au jeu car Jonasson a su glisser dans son récit un élément déterminant poussant le lecteur à s’accrocher. Chaque chapitre ou presque est suivi par l’extrait d’un journal intime dont l’auteur reste totalement inconnu. On sait que c’est un homme, qu’il a tenté de se suicider, qu’il est interné dans un HP mais c’est tout. C’est probablement la raison pour laquelle, finalement, je n’ai pas lâché ce bouquin ! Car il était évident que le dénouement de l’histoire se cachait dans cette alternance de pages mystérieuses.
Cela étant, la surprise n’a pas eu lieu. Je m’attendais à un retournement de situation ou à quelque chose de vraiment marquant. J’ai été déçue. Je n’ai pas trouvé l’identité du meurtrier avant la fin, certes mais cela n’aura pas suffi à me faire aimer cette lecture.
Un style sans charme, des personnages aux histoires sans grand intérêt (à part peut-être Elin), des dialogues extrêmement pauvres… Bref, au mieux un roman de gare.
Pourtant, Mörk a été élu  » Meilleur polar de l’année 2016  » selon le SundayExpress et le Daily Express, et a reçu le Dead Good Reader Award en Angleterre.

Merci aux éditions de La Martinière pour la découverte.

Mon petit jardin en permaculture de Joseph Chauffrey

Mon petit jardin en permaculture de Joseph Chauffrey

Mélanie © Alittlepieceof

Quand les mètres carrés au jardin sont comptés, si l’on veut se régaler de ses fruits et légumes toute l’année, mieux vaut savoir comment organiser son espace à cultiver pour le rendre productif, durable et esthétique.
La permaculture nous offre pour cela d’excellents outils, nous apprenant à améliorer l’écosystème du jardin, à optimiser la surface de culture et à échelonner semis, plantations et récoltes. Favoriser la biodiversité, utiliser au mieux les ressources disponibles, prendre soin du sol, cultiver en trois dimensions, accélérer la succession des cultures, opter pour le « tout comestible », démarrer tôt au printemps pour finir tard en hiver… autant de techniques applicables dans un petit jardin.
En effet, cette vision du jardinage que nous apporte la permaculture, souvent pratiquée sur de grands espaces, est tout à fait adaptée à une surface restreinte, moyennant un peu de méthode.
C’est ce que nous enseigne cet ouvrage, résultat à l’appui avec l’incroyable quantité de fruits et légumes récoltés par l’auteur !

Rien à voir avec la littérature mais je voulais vous parler de ce livre parce qu’il est très probablement le meilleur exemple qu’en partant de rien on peut développer un jardin en accord parfait avec la nature et obtenir des fruits et légumes en abondance, même en ville !
Peut-être en ai-je déjà parlé ici, je ne sais plus, mais mon rêve c’est d’avoir une petite maison entre ville et campagne, au calme et… de créer mon potager en permaculture.
Je connaissais déjà l’exemple de Joseph Chauffrey. Nous avons suivi mon mari et moi le premier MOOC « Concevoir un oasis » de colibris l’an dernier et c’est justement la partie traitant de la permaculture qui m’avait le plus intéressée. Avoir un jardin m’apporte un réel bien-être et pouvoir manger sa propre production est tellement gratifiant !
Joseph explique comment il a transformé un jardin sans âme, fait de haies et de pelouse en véritable potager auto suffisant. Il explique comment associer les plantes entre elles pour se passer de pesticides, il aborde également les aléas du jardin (tempête de grêles, nuisibles…) en proposant des solutions très concrètes. Surtout il montre que la patience est le maître mot d’un tel projet.
Cela m’a confortée dans l’idée, qu’un jour, moi aussi j’aurai mon petit jardin en permaculture ! Je pense d’ailleurs commencer à utiliser certains de ses conseils dans mon mini jardinet.

Merci aux éditions Terre Vivante qui décidément fait des livres fabuleux !

Bonne lecture !

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