Mes dernières lectures

Mes dernières lectures

Bonjour bonjour,
Comment allez-vous ?
Ici les semaines défilent et il me semble ne rien voir… J’ai du mal à me dire que la fin de l’année est déjà là, que Noël approche…
J’ai des semaines de foufous et c’est loin d’être terminé. Bref… Vivement les vacances (mais c’est pas pour tout de suite)
La lecture reste, encore une fois, l’un de mes refuges au temps qui passe, une porte ouverte à l’imaginaire, à la fantaisie, un ailleurs à la routine et au quotidien parfois pesant.
Dans mes dernières lectures : un roman un peu loufoque et ma première incursion dans la littérature mexicaine, un polar italien un poil soporifique et la fin d’une trilogie culte !

Les nuits de laitue de Vanessa Barbara

Les nuits de laitue de Vanessa Barbara

Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Sans compter qu’Ada participe intensément à la vie du voisinage, microcosme baroque et réjouissant.
Il y a d’abord Nico, préparateur en pharmacie obsédé par les effets secondaires indésirables ; Aníbal, facteur fantasque qui confond systématiquement les destinataires pour favoriser le lien social ; Iolanda et ses chihuahuas hystériques ; Mariana, anthropologue amateur qui cite Marcel Mauss à tout-va ; M. Taniguchi, centenaire japonais persuadé que la Seconde Guerre mondiale n’est pas finie.
Quant à Otto, lecteur passionné de romans noirs, il combat ses insomnies à grandes gorgées de tisane tout en soupçonnant qu’on lui cache quelque chose…
Prix du Premier roman – Etranger – 2015

Mon avis

Voilà un petit livre au synospsis prometteur. J’ai tout de suite aimé sa couverture et pensé que je m’attacherais à ses personnages.
Mais je m’attendais à une histoire plus enlevée, plus pimpante. Elle s’est avérée plus douce que je ne l’avais imaginée et sans grandes émotions. Peut-être suis-je passée à côté ?
C’est le portrait croisé d’une bande joyeux loufoques, tous voisins. Mais c’est à travers le regard d’Otto que l’on apprend avant tout à les connaître. Otto est marié à Ada depuis 50 ans quand Ada décède. Celle qui apportait amour, écoute et bons petits plats dans tous le quartier a disparu et son mari en a perdu le goût de vivre. Les petites bizarreries de ses voisins ne parviennent plus à l’émouvoir, elles l’agacent même. C’est sa femme qui était chaleureuse, accueillante, bienveillante, joyeuse. Lui n’a qu’une envie : qu’on lui foute la paix !
Pourtant il essaie mais à contre coeur et ça n’apporte pas grand chose. Il parvient tout de même à comprendre que ses voisins lui cachent quelque chose. Mais quoi ?
Ce n’est qu’à la fin de ce récit qui, il faut bien le dire, ne m’a pas vraiment passionnée mais qui a le mérite de faire sourire que l’on découvre le secret qui lie le voisinage.

Quelques extraits

  • Un traitement pour le coeur qui s’appelle Capoter, non merci.
  • Ada s’était entichée du mot “vachement”, que du jour au lendemain elle s’était mise à utiliser à tout bout de champ. Cette nouvelle manie avait le don d’horripiler Otto, qui tint à s’informer sur la signification et les origines du mot en question.
  • Depuis qu’Ada n’était plus là, la maison n’était que tiroirs vides
  • Il trouvait déconcertant que sa femme ait disparu comme ça, du jour au lendemain ; c’est vrai, elle était vivante le lundi et, le mardi, elle n’existait plus. Comme ça, d’un coup.

Mort à Florence de Marco Vichi

Mélanie © Alittlepieceof
Novembre 1966. Le commissaire Bordelli remâche son impuissance face à la disparition de Giacomo, treize ans, évanoui dans le néant à la sortie du collège. Poursuivi par ce mystère, il est prêt à suivre toutes les pistes, y compris celle que pourrait lui indiquer Amelia, une cartomancienne rencontrée chez son amie Rosa. D’ailleurs, la femme ne se trompe pas : le cadavre de l’enfant est bientôt retrouvé dans le bois d’une colline voisine, où il a apparemment été enterré à la va-vite. Il ne reste plus qu’à inspecter les lieux à la recherche d’indices. S’accrochant à une mince piste, le commissaire entame une enquête qui le mènera parmi des nostalgiques du fascisme et de Mussolini.
Dans cette troisième enquête, le commissaire Bordelli, plus que jamais hanté par la guerre, affiche une humeur aussi sombre que le ciel qui surplombe alors Florence. Rien ne le soulage, ni ses amis (le scientifique Dante, le médecin légiste Diotivede, le voleur Botta, l’ancienne prostituée Rosa), ni son jeune bras droit Piras, ni les plats succulents de Toto. Mais voilà qu’il rencontre une jeune femme brune correspondant parfaitement au portrait que la cartomancienne lui a brossé de sa prochaine conquête. Quelques jours plus tard, sous l’effet de pluies torrentielles, l’Arno déborde et déverse dans les rues des flots de boue qui paralysent la ville, tel le symbole de sa noirceur. Au déroulement de l’enquête se mêle alors le portrait d’une Florence imprévue.

Mon avis

Un polar italien, ça ne pouvait pas tomber mieux pour mon séjour en Sicile !
Malgré le peu de temps que j’ai eu pour lire lors de mon voyage, j’ai tout de même apprécié me baigner dans l’ambiance italienne que je vivais à travers les aventures de l’inspecteur Bordelli. De nombreux passages correspondaient en tout point à ce que je vivais, surtout au sujet de la cuisine (gourmandise quand tu nous tiens !)
Mais outre les mets italiens qui ne sont ici qu’un détail, c’est surtout une histoire sordide de meurtre juvénile qui anime ce roman. Un jeune homme est retrouvé violé et tué.
L’enquête peine et tire en longueur mais son protagoniste est des plus attachant. Bordelli, un flic en fin de carrière, qui n’a jamais voulu bénéficier d’un quelconque avancement. On se prend vite à l’apprécier mais il faut bien avouer qu’il ne se passe pas grand chose et que l’histoire est loin d’être palpitante. Les rebondissements se font attendre, attendre et j’ai fini par me lasser.
C’est d’ailleurs l’inondation de la ville qui m’a le plus captivée !
L’auteur relate des faits réels (le meurtre du jeune Giacomo, l’inondation qui a paralysé Florence en 1966, le fascisme et ses conséquences…) dont je n’avais pas connaissance.
Une belle plongée historique en Toscane quoiqu’un peu longuette à mon goût.

Vernon Subutex 3

Mélanie © Alittlepieceof

Vous l’attendez depuis deux ans, le voici !
Vernon Subutex 3, le retour de Vernon, suite et fin de la trilogie.

Mon avis

En tout cas, moi, je l’attendais depuis 2 ans ce tome 3 car après avoir lu les deux premiers opus, et même si pour moi la boucle était bouclée sachant qu’il y avait une suite, j’avais vraiment hâte de la lire.
Et je m’en souviendrais longtemps puisque c’est mon tout premier roman lu à la liseuse !
J’étais vraiment réfractaire et puis il y a 1 an mon kiné a fini par me convaincre ! Mon amoureux a eu la gentillesse de me l’offrir à mon anniversaire et je suis ravie ! C’est léger, hyper pratique et quand on a un bras en vrac c’est super appréciable !
Suite et fin de la trilogie Subutex ! Dévoré en moins d’une semaine (c’est moi ou on lit plus vite sur une liseuse ?) j’ai été émue de retrouver la bande. J’en avais oublié certains, beaucoup même mais en quelques pages ils faisaient à nouveau partie de mon quotidien et encore aujourd’hui je pense à eux.
En lisant ce dernier opus je me suis demandée ce que Despentes voulait que l’on retienne de toute cette histoire et au final je pense que ce n’est pas vraiment l’histoire qui est importante ici, elle est même assez secondaire. Ce sont véritablement les personnages qui sont au coeur de cette saga. Ils sont nous, nous sommes eux. En dehors de quelques passages un peu trop “parisiens” ils sont tous et toutes le miroir de notre société et de ce qu’elle est en train de devenir… C’en est glaçant…
On peut évidemment se demander où est la part de vérité dans ce que Despentes fait dire à ses personnages (car oui, les dialogues sont l’essence même de ce volume) où s’arrête la fiction. Que pense- t-elle vraiment au fond ?
Chacun de ses personnages représente un caractère, une idéologie, une manière de voir le monde et de le vivre, une culture. Les camés, les sans domicile fixe, les alcoolos, les désœuvrés, les musicos, les riches, les pauvres, les tatoués, les bobos, les cathos,  les paranos, les déjantés, les blessés, les addicts…
Tous convergent autour de Subutex, icône malgré lui d’une société en manque de repères, de symboles. La fin (futuriste) est troublante mais ça y est, la boucle est bouclée.
Mon dernier coup de cœur en date ! L’écriture de Despentes fait désormais partie de mes favorites : tranchante, vive et décomplexée. Ca se lit vite, ça se lit bien et malgré tout ça fait réfléchir.

Quelques extraits

(je pourrais mettre tout le bouquin tant c’est bourré de phrases culte !)

  • Kiko, t’as encore écouté France culture ? Arrête. On te l’a déjà dit. Ça se mélange super mal avec la cocaïne.
  • Sa passion pour les desserts de Michel et Augustin l’a perdu. Il se descend un seau de mousse au chocolat chaque soir en regardant des séries. Plus diverses merdes qu’il ingurgite tout au long de la journée. On se protège comme on peut. Il a mis du gras entre lui et le monde.
  • Depuis qu’elle a les cheveux rasés, les mecs sont moins collés à son cul. Mais quand même. C’est toujours les Français les plus lourds. Tout le monde le dit, ici. Tous les gens qui bossent en bar, restau ou musée disent la même chose – les mecs français, c’est les pires. Tu les reconnais à cinq cents mètres. C’est toujours eux qui gueulent en faisant chier le monde. C’est toujours eux qui font chier les filles. Même les Italiens sont moins lourds. Tout est dit.
  • Comment garder l’espoir, après que l’espoir est mort ? Nous n’avons pas pour vocation d’accueillir toute la misère du monde. Nous avons pour vocation de vivre séparés du monde par des murs. Nous avons pour vocation de vivre entourés de barbelés de militaires de douaniers. Nous avons pour vocation de bouffer du sucre, par tonnes, nous avons pour vocation de détruire des forêts entières pour produire des milliards de rouleaux de papier hygiénique, nous avons pour vocation de déambuler dans des rayonnages saturés et de chérir des objets manufacturés. Nous avons pour vocation de couler des bateaux de migrants avant qu’ils ne gênent le tourisme. Nous avons pour vocation la rigidité le refus de l’accident de nous enduire de protection solaire avant de bouffer des glaces de nous empêtrer dans la Toile en gobant toujours les mêmes idioties, nous avons vocation à compter les espèces disparues, nous avons vocation à dépouiller les vulnérables, nous avons vocation à ingérer des hectolitres de soda. Nous avons vocation au mépris, mépris de tout ce qui est gratuit, de tout ce qui est donné, de la beauté, du sacré, mépris du travail d’autrui, du consentement d’autrui, de la vie d’autrui…
  • Quand t’as un gosse, c’est tous les jours éplucher des légumes, en plus il n’aime pas ça, ranger derrière lui, surveiller les devoirs, aller voir les profs, faire des lessives, repasser, l’emmener à l’entraînement de foot… Lucas a quatorze ans. Il vide un frigidaire par jour. Il a tout le temps faim. Qu’est-ce qu’on y peut. Il grandit tellement vite qu’il lui coûte une fortune en chaussures. Elle ne peut pas l’engueuler quand il touche le bout alors qu’elles sont encore mettables. Le mec, il pousse dans tous les sens. Depuis le début de l’adolescence, elle ne sait jamais, le matin, quelle gueule il aura en arrivant pour le petit déj. Un jour c’est le nez qui pousse – paf – il avait une gueule d’ange et brusquement le machin c’est Quasimodo, un autre jour c’est l’acné… Qu’est-ce que tu veux faire. Tu vois le désastre, les trucs blancs purulents, tu casses la tirelire pour la dermato et quand elle te prescrit des crèmes plus chères que les antirides La Prairie, tu les payes. Après, t’as le dentiste qui décrète que ton gnome a les dents qui poussent de travers et qu’il lui faut des bagues. Ça coûte une fortune, cette connerie, mais tous les gosses en ont. Tu ne vas pas le laisser avec les chicots en chaos sous prétexte que t’avais besoin de changer la machine à laver qui n’essore plus. Ensuite, il lui faut des lunettes. Tu négocies sur la monture, mais quand même, tu vas pas laisser ton môme se faire cracher dessus par toute la classe parce qu’il a des lunettes de pauvre, donc tu raques… Pendant ce temps, toi, t’as pas acheté de nouvelles chaussures depuis 1997. Mais bon, t’appelles ta banque et tu demandes un crédit. T’as les moyens, ou pas, la facture, c’est la même. Récemment, c’est sa voix qui change. Elle ne le reconnaît plus quand il appelle au téléphone. Elle a du mal à pas rigoler, quand il parle. Putain, on appelle pas ça l’âge ingrat pour rien.
  • Reste branché sur ta télé, camarade, tu n’as pas tout vu : deux jours plus tard, c’est monsieur le comte qui vient nous raconter la vie. Il s’est penché sur le code du travail. Un homme qui n’a jamais bossé pour un Smic. Il a un message, pour le peuple : la loi El Khomri, c’est aux petits oignons, l’ouvrier honnête sera content. Le gouvernement leur a préparé une série de mesures qui ont déjà été appliquées dans des dizaines d’autres pays, qui n’ont jamais relevé aucune économie, qui n’ont jamais aidé aucun peuple à mieux manger, qui ne servent qu’à faciliter la concentration des richesses et à exaspérer tout le monde mais chez nous, chez nous ça va marcher… Ils ont tous sous le bras cette histoire de peuple endetté, et s’appuyant là-dessus, ils te disent “l’heure est venue de rembourser. Et de fermer ta gueule, comme font les putes à qui on fait rembourser une vie entière ce qu’elles ont coûté à leur maquereau.” Est-ce qu’ils remboursent, au Palais, quand ils se font prendre la main dans le sac ? Est-ce qu’ils payent leurs impôts ? Eux, ils se servent. Toi, tu trimes.
  • Motörhead, c’est comme les Ramones ou AC/DC, plus qu’un groupe, c’est un mur porteur. Ça te plaît ou ça te plaît pas, la maison dans laquelle tu vis est construite sur ce son-là.

Et vous vous lisez quoi en ce moment ?

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