Mes dernières lectures – Mai 2018

Mes dernières lectures – Mai 2018

Trois romans et un livre un peu particulier pour cette nouvelle petite chronique littéraire. Pas de réel coup de coeur ce mois-ci mais quelques bons moments malgré tout.
Au menu : John Kennedy Toole, John Green, David Foenkinos et Lilou Macé

La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole

Mélanie © Alittlepieceof

À trente ans passés, Ignatius vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C’est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre…
Chef d’œuvre de la littérature américaine, La conjuration des imbéciles offre le génial portrait d’un Don Quichotte yankee inclassable et culte.

“On ne peut pas lire ce livre, l’un des plus drôles de l’histoire littéraire américaine, sans pleurer intérieurement tous ceux que Toole n’a pas écrits.”
Raphaëlle Leyris – Les Inrockuptibles

Mon avis :

Cela faisait un bail que je cherchais à lire ce livre ! Je ne sais plus trop comment ni où j’en ai entendu parler mais il était dans mon top 10 des livres à lire. Il faut dire que la genèse de ce roman est assez particulière ( et résonne d’ailleurs dans un autre livre mentionné ci-dessous, le hasard fait parfois drôlement bien les choses !)
Bref… ce roman donc a été écrit dans les années 60 et fût refusé par toutes les maisons d’éditions. A force de refus, son auteur, John Kennedy Toole perdit goût à la vie et se suicida ! C’est sa mère qui s’est battue pour qu’enfin son livre soit publié et il est ainsi devenue l’un des titres majeures de l’histoire de la littérature américaine.
Cette histoire plus le titre génial de ce bouquin me pensait à croire que j’allais forcément trouver là un chef d’oeuvre…
Et quelle déception alors ! Je n’ai même pas réussi à aller jusqu’à la moitié ! Je dois vraiment être passée à côté parce que lorsque je lis les critiques, vraiment je ne comprends pas…
Je n’ai rien trouvé de drôle du tout dans ce livre ! Je l’ai même trouvé assez pathétique !
Je ne dois pas être dans une période où le burlesque prend sur moi…
J’ai essayé pourtant, vraiment j’ai essayé mais Ignatius m’est sorti par les trous de nez dès le début de l’histoire et ça n’a fait qu’empirer jusqu’à ce que je décide d’arrêter de perdre mon temps pour aller vers une lecture qui me plairait bien plus.
Parce qu’Ignatius est un gros boulet ! Il a plus de trente ans et vit toujours chez sa mère, il n’a jamais travaillé de sa vie, vit au crochet de sa mère à qui il fait vivre un enfer et qu’il traite avec un irrespect difficile à concevoir. C’est un gros tas qui se prend pour dieu le père et qui fait preuve d’un égoïsme inégalé !
Je sais bien qu’à travers le portrait de cet asocial excentrique et hypocondriaque l’auteur a souhaité appuyer là où ça fait mal et livrer une critique acerbe de la société américaine (qui déjà dans les années 60 n’était pas bien jolie jolie…) et peut-être qu’il se passe quelque chose au fil de l’histoire qui fait réellement de ce roman un incontournable mais je n’ai vraiment pas eu le courage d’essayer de le découvrir !
Peut-être que je réitérerais l’expérience un de ces quatre…

Quelques extraits

  • Décidé à ne fréquenter que mes égaux, je ne fréquente bien évidemment personne puisque je suis sans égal.
  • “Propre, soigneux, travailleur, silencieux, digne de confiance…” Grand Dieu! Quel genre de monstre veulent-ils donc? Je crois que jamais je ne pourrais travailler pour une firme dotée d’une telle vision du monde.
  • “Je doute très sérieusement que quiconque veuille m’embaucher. les employeurs perçoivent en moi la négation de leurs valeurs. Ils me craignent. je les soupçonne d’être capables de se rendre compte que je vis dans un siècle que j’exècre.”
  • “Cette compléte absence de contact entre la réalité est d’ailleurs, soyons juste, caractéristique de la quasi-totalité de “l’art “d’Amérique. Toute ressemblance entre l’art américain et la nature américaine serait fortuite et relèverait de la coïncidence, mais c’est seulement parce que le pays dans son ensemble n’a pas de contact avec la réalité. On tient là une seulement des raisons pour lesquelles j’ai toujours été contraint d’exister à la lisière de sa société,consigné dans le limbe réservé à ceux qui savent reconnaître la réalité quand ils la rencontrent.”

Tortues à l’infini de John Green

Mélanie © Alittlepieceof

Aza Holmes, 16 ans, a tout pour être aimée et avoir un bel avenir, mais elle a grandi avec une pathologie psychique. Qui est-elle, où est-elle, lorsque la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles s’empare d’elle? Vous aimerez Aza, qui raconte sa propre histoire, vous aimerez sa meilleure amie Daisy la tornade, et vous aimerez Davis, fils d’un milliardaire mystérieusement disparu.
Un trio improbable qui va mener l’enquête, et trouver en chemin d’autres mystères et d’autres vérités…

Mon avis :

Encore un auteur qui est sur ma liste à lire depuis un moment ! J’avais envie de quelque chose de plus accessible après ma prise de tête avec Toole et Green m’a offert une petite parenthèse idéale ! Si “Tortues à l’infini” est classé dans les romans jeunesse (ado) il est tout à fait adapté également aux adultes car l’histoire est loin d’être niaise. C’est vrai, il y a une histoire d’amour entre deux adolescents mais là s’arrête la comparaison avec Twilight (joke inside). C’est, en effet, sur le fabuleux personnage principal qu’est Aza que tourne cette histoire dont les détails, au fond, importent assez peu. C’est sa personnalité et les troubles dont elle souffre qui font toute la force de ce livre que j’ai refermé les larmes aux yeux. C’est une très belle histoire, extrêmement touchante et poignante, une rencontre avec une jeune fille et sa maladie, la même que celle de l’auteur. C’est en effet de sa propre maladie dont parle John Green sous les traits de la jeune Aza et l’on sent parfaitement à quel point ce qu’il écrit a été vécu. Le récit n’en est que plus fort. On se place en tant que lecteur dans la même position que Daisy, la meilleure amie d’Aza. On aime Aza mais on a parfois du mal à comprendre son comportement, on souffre avec elle, on aimerait l’aider mais parfois, elle nous étouffe.
Il faut dire que c’est un combat que mène Aza… C’est une jeune fille comme toutes les autres de son âge, elle va au lycée, elle sort avec sa meilleure amie, elles font les quatre-cents coups (comme de se mêler d’une enquête policière…), elle tombe amoureuse, en a ras le bol de sa mère… Mais seulement, ce qui se passe dans sa tête n’est pas comme ce qui se passe dans la tête de la majeure partie des gens… Elle souffre, se laisse submerger par cette spirale de pensées invasives, elle se fait du mal… Elle est consciente de son problème, elle est même extrêmement lucide sur le monde qui l’entoure et elle tente de contrôler et de repousser sa maladie pensant qu’elle peut très bien y arriver seule… Ce n’est évidemment pas si simple…
John Green explique à la fin que c’est grâce à la psychothérapie et un traitement adapté que lui peut aujourd’hui vivre une vie normale, avoir une famille, une carrière et c’est à travers cette jeune fille qu’il souhaite donner de l’espoir à tous les jeunes (et moins jeunes) qui souffrent de la même pathologie.
L’histoire d’amitié entre Daisy et Aza est superbe, les personnages inoubliables, le décor planté par l’auteur passionnant…
C’est beau, tout simplement beau (et en plus j’ai appris ce qu’étais un Tuatara ^_^).

Quelques extraits

  • Si prendre un médicament doit me rendre différente, je veux dire, s’il change ce que je suis profondément… c’est juste complètement nase, vous ne trouvez pas? Qui décide ce que mon moi signifie, moi-même ou les salariés de l’entreprise qui fabrique le Lexapro? C’est comme si j’avais un démon à l’intérieur de mon corps et j’aimerais vraiment qu’il s’en aille, mais l’idée de le faire partir grâce à un médicament est … comment dire… bizarre. Cela dit, la plupart du temps, j’arrive à gérer parce que je hais ce démon de toutes mes forces.
  • On dit souvent qu’une ligne nette sépare l’imagination des souvenirs, mais c’est faux, du moins en ce qui me concerne. Je me rappelle ce que j’ai imaginé et j’imagine ce que je me rappelle.
  • On se rappelle son premier amour parce qu’il montre, il prouve qu’on est capable d’aimer et d’être aimé, que rien dans ce monde n’est mérité si ce n’est l’amour, que l’amour est à la fois le moyen de devenir une personne et la raison pour laquelle on la devient.
  • Ton maintenant n’est pas ton toujours.
  • Le problème avec les histoires qui finissent bien, ai-je dit, c’est que soit la fin n’est pas franchement heureuse, soit elles ne sont pas vraiment terminées, tu comprends ? Dans la vraie vie, certaines choses s’arrangent et d’autres empirent. Et à la fin, on finit tous par mourir.

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

Mélanie © Alittlepieceof

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination?
Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

Mon avis :

Si j’ai beaucoup aimé les deux précédents romans que j’ai lu de Foenkinos (Charlotte et La Delicatesse) celui-ci m’a un peu déçue. Non pas que j’ai passé un mauvais moment, au contraire, ça se lit vite, c’est mignon mais, bon… ce n’est pas non plus un roman inoubliable. Dans ce livre, il parle de plein de choses à vrai dire, de la littérature, de l’écriture, du couple, de l’édition…C’est une sorte de joyeux fourre -tout dans lequel on peut parfois avoir l’impression de s’emmêler les pinceaux. Encore plus lorsque l’auteur se met à digresser ou à mettre des notes de bas de page (ce qu’il adore faire !!!) Bon, au départ il nous parle d’une bibliothèque américaine ( qui existe vraiment !) et dans laquelle peuvent être déposés tous les romans refusés des maisons d’édition, puis d’un bibliothécaire français (breton !) qui décide de faire la même chose dans son village puis de Delphine et de sa rencontre avec un auteur qui deviendra son compagnon, puis d’un livre retrouvé dont l’auteur est mort puis de la famille de cet auteur et de la publication de ce fameux roman puis d’un journaliste et de la femme du bibliothécaire cité ci-dessus…. Vous voyez un peu le bordel ? Mais ça se lit bien, vraiment ! A part quelques petits passages longuets que l’on peut lire en diagonale, c’est agréable, joyeux, insouciant et ça fait du bien.
J’aime assez la façon dont cet auteur voit le couple, c’est toujours à la fois très beau et plein d’humour. Les couples qu’il décrit sont toujours très complices et ça j’aime beaucoup. C’est un auteur qui me fait du bien ! Cette fois-ci, je l’ai vu venir gros comme un camion avec son intrigue un peu fastoche et ses personnages très caricaturaux. J’espère être un peu plus surprise la prochaine fois.

Quelques extraits

  • Les écrivains sont dingues, tout le monde le sait. Et ceux qui ne sont pas publiés, ça doit être encore pire.
  • «Tu veux une dispute mon amour ?
    — Oui.
    — Pas ce soir, car je suis crevée. Mais bientôt mon amour. Bientôt… »
  • “Chacun peut adorer la lecture, à condition d’avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire…….”
  • Jean-Pierre Gourvec était fier de la petite pancarte qu’on pouvait lire à l’entrée de sa bibliothèque. Un aphorisme de Cioran, ironique pour un homme qui n’avait pratiquement jamais quitté sa Bretagne: “Paris est l’endroit idéal pour rater sa vie.”
  • Les lecteurs se retrouvent toujours d’une manière ou d’une autre dans un livre.
    Lire est une excitation totale égotique. On cherche inconsciemment ce qui nous parle. Les auteurs peuvent écrire les histoires les plus farfelues ou les plus improbables, il se trouvera toujours des lecteurs pour leur dire : “C’est incroyable, vous avez écrit ma vie !”

L’oeuf de yoni de Lilou Macé

Mélanie © Alittlepieceof

Utilisé depuis des milliers d’années en Asie, l’oeuf de yoni trouve désormais toute sa place en Occident dans une période marquée par d’intenses changements pour les femmes. Produisant de nombreux bénéfices sur le bien-être, la santé intime et la sexualité, l’oeuf de yoni permet aux femmes de révéler et de libérer leur puissance et leur beauté intérieure. Adolescentes ou ménopausées, célibataires ou en couple, jeunes mamans ou sportives, des plus coquines à celles qui rêvent de booster leur libido, chaque femme découvrira des pratiques et des rituels adaptés. Dans ce livre, vous allez enfin découvrir toutes les clés pour utiliser les oeufs de yoni : Les effets de la pratique : tonifier son périnée, intensifier ses orgasmes, mieux se connaître, s’ouvrir à son féminin sacré, retrouver confiance et féminité… Les étapes pour bien débuter : la première fois, quand pratiquer, combien de temps, à quel rythme… Les rituels et pratiques à suivre pour un usage simple et efficace au quotidien. Les précieux conseils et les témoignages d’utilisatrices et d’experts internationaux. Des fiches sur les effets thérapeutiques des pierres des oeufs de yoni et des indications pour les choisir et les entretenir.
Avec des interviews de Mantak Chia, Aisha Sieburth, Jutta Kellenberger, Sarina Stone, Minke de Vos, Shashi Solluna, José Toirán, et l’expertise de spécialistes de la santé et des pierres.

Mon avis :

Je me suis mise à parler cristaux 2/3 fois par-ci par-là et me voilà à recevoir un livre qui m’invite à m’en mettre un là où je pense ! ^_^ La vie est parfois remplie de surprise ah ah ah ! Bon mais trêve de plaisanterie ! Si j’étais un peu sceptique en recevant ce livre je dois bien l’avouer il est en fait plein de bon sens et d’informations très intéressantes.
Peut-être n’est-il pas accessible à tout le monde comme ça au premier abord mais pour qui s’intéresse un minimum au bien-être, aux méthodes alternatives et reste ouvert et à l’écoute c’est une belle découverte ! Mais cessons de tourner autour du pot, l’oeuf de yoni, c’est une pierre semi précieuse en forme d’oeuf, de différente taille à introduire dans le vagin. Comme les boules de geisha, celle-ci est vouée à (re)éduquer le périnée et développer la sexualité ou tout simplement la confiance en soi. Chaque pierre ayant des propriétés différentes vouée à se sentir bien.
Le sujet n’est pas super bien amené au départ et peu faire un peu peur puisque l’auteur raconte pas mal de ses propres expériences et cela peut en refroidir plus d’une (je pense à un exemple en particulier mais je ne préfère pas trop développer si jamais vous avez envie de le lire, à chacun ses a priori et je ne voudrais pas vous influencer…) mais une fois ce petit passage délicat dépassé le livre est un véritable guide qui peut j’en suis certaine aider bien des femmes à se réconcilier avec leur corps. Il n’est pas vraiment question de plaisir sexuel même s’il est souvent sous entendu mais bien de faire connaissance avec son corps, le retrouver (après une grossesse, un traumatisme, une maladie, une opération…) et en prendre soin. Est-il bon d’ailleurs de rappeler les nombreuses raisons d’avoir un périnée tonique ?
Le livre est surtout plein de bienveillance et de bonté. Lilou invite chacune d’entre nous à se rencontrer, à s’aimer, à ne pas laisser cette partie de notre corps de côté ou sous-évaluée et ce, avec ou sans oeuf. C’est très bien expliqué et rempli de témoignages de femmes que cette technique a réellement aidées. Ce n’est ni vulgaire ni impudique. Cela donne envie de prendre soin de soi et d’être femme sans attendre. Malgré tout je n’ai pas testé l’oeuf ( je n’en ai pas ceci dit) mais je crois que le message principal dans tout ça c’est de penser à soi, à son bien-être, d’être à l’écoute de notre corps et rien que pour ça je dis bravo !
Merci aux éditions Leduc de me l’avoir envoyé !

“Tous les bons livres sont pareils. Ils sont plus vrais qu’aurait pu l’être la réalité.”

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2 thoughts on “Mes dernières lectures – Mai 2018”

  • Bravo pour ces avis bien argumentés et bien écrits. Ma seule lecture commune est ici celle de “La conjuration des imbéciles”, ou plutôt tentative de lecture devrais-je dire, car c’est l’un des rares livres que j’ai abandonné en route (en général j’essaie d’aller au bout, au moins en diagonale !) ; j’ai “tenu” jusqu’à la page 90 et puis non, décidément, cette lecture déclenchait en moi une telle sensation d’ennui profond que je suis sans remords passée à autre chose !

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