Apprendre à prendre le temps

Apprendre à prendre le temps

Souvent, mes proches me qualifient de speed. Et au fond ils n’ont pas tort. Ma vie est depuis très longtemps dictée par le stress, à tel point que j’ai, depuis l’adolescence, quelques pathologies qui lui sont intimement liées. Je suis speed. Je fais tout vite. Je marche vite, je parle vite (et plus je suis fatiguée plus je parle vite), je travaille vite (mais bien la plupart du temps)… A la maison on m’appelle Speedy Gonzalez ou la musaraigne éléphant.
Pourtant, je suis convaincue que les emplois du temps surchargés, les planning serrés, et les vies à 200 à l’heure sont contre-productifs voire extrêmement dangereux pour notre santé et notre bien-être.
Je milite pour le passage aux 32h, pour les horaires aménagés, pour plus de temps pour soi, plus de loisirs, de bien-être mais voilà, entre la théorie et la pratique il y a un énorme fossé.
Je dois gérer un emploi du temps professionnel qui me demande énormément de disponibilité, j’ai comme vous une maison et une famille, je gère ce blog qui me tient trop à coeur pour être mis de côté et j’ai géré une micro-entreprise en cumul d’activité pendant 6 mois…
Certain(e)s me qualifieront probablement de maso (l’une d’entre vous m’a très justement demandé si je n’étais pas un peu hyperactive ^_^) et vous n’avez peut-être pas totalement tort, car ce dont je manque cruellement c’est : de temps !
Alors ce temps, lorsque je peux, je le prends, je le savoure, je m’en délecte à travers de petits moments simples mais bien trop rares à mon goût pendant lesquels je peux appuyer sur le bouton pause . Cette année, plus que jamais, j’ai pris conscience de mon hyper-activité, de ma difficulté à déléguer, de ma propension à vouloir tout faire et à bien le faire, faisant passer mon bien-être loin derrière tout le reste.

Prendre le temps, au bon moment

Je suis plutôt du matin, ça ne fait pas de doute. Malgré un très grand besoin de sommeil, j’aime me lever tôt (avant 9h c’est tôt non ?) et avoir le sentiment de pouvoir profiter de ma journée.
Je me lève volontairement 2 heures avant l’heure à laquelle je pars travailler pour bénéficier d’un moment pour moi, sans avoir à me presser.
Mon organisation est certes chronométrée mais tout est fait pour que je n’ai pas à me stresser.
Peut-être êtes-vous plutôt du soir et que c’est en fin de journée que vous aurez l’occasion ou le besoin de prendre du temps pour vous. Peut-être avez-vous besoin d’un moment le matin pour prendre soin de vous et un autre en fin de journée pour décompresser de votre journée ? Écoutez vos besoins, ils sont propres à chacun.
Évidemment, c’est plus simple pour moi aujourd’hui puisque je n’ai plus d’enfant en bas âge à emmener chez la nounou ou à l’école, ni de devoirs à gérer le soir, peu de trajet pour me rendre à mon travail et la possibilité de déjeuner chez moi tous les midis. C’est un luxe, j’en suis consciente mais malgré tout, je ressens le besoin de prendre plus de temps pour moi. Peut-être parce que j’ai connu tout ça, le stress des horaires, de gérer un bébé, des activités extra-scolaires, de courir tout le temps après le temps et que ça a laissé des traces.

S’organiser pour moins se presser

N’empêche que j’ai le sentiment d’avoir moins de temps pour moi aujourd’hui qu’il y a dix ans alors que je faisais cinq heures de sport par semaine, que je faisais 15km en voiture matins et soirs pour me rendre à mon lieu de travail et que je courais à droite à gauche pour emmener mon fils à l’école, au foot, au judo, chez le médecin et j’en passe !
Alors qu’est-ce qui a changé ? Mon fils est plus indépendant, oui, je suis plus âgée aussi… mais je pense que ce sont surtout mes besoins qui ont changé.
Depuis l’adolescence, je fonce tête baissée, presque sans me retourner… Forcément, il fallait que cela me revienne en pleine face ! Déjà, lorsque j’ai passé mon bac, mon corps a commencé à sonner le signal d’alarme. J’étais tellement angoissée de passer ce fichu diplôme que, sans m’en rendre compte, je m’étais complètement verrouillée et c’est mon dos qui en a souffert le plus. Après une batterie de tests et de séances de kiné, le verdict est tombé : ce qui m’empêchait de dormir et me bloquait le dos n’était autre que mon stress ! Depuis il ne m’a jamais lâché.
Malgré cela, il m’aura fallu des dizaines d’années pour comprendre que je devais écouter plus attentivement mes émotions, et plus encore ce que me disait mon corps.
Il y a deux ans, plusieurs médecins sont allés jusqu’à me dire que j’étais en burn out, j’en parlais déjà dans cet article. Et selon les périodes, je suis encore sous le coup de cet épuisement. Mais aujourd’hui, je fais tout pour que cela change. J’écoute davantage mes besoins.
J’ai fait le tri dans les occupations qui ne m’étaient pas indispensables ou qui ne m’apportaient pas le bien être escompté par rapport au temps que je leur consacrais. Je passe désormais beaucoup moins de temps sur les réseaux sociaux, j’écris mes articles de blog sans pression et tant pis si je ne publie rien pendant plusieurs semaines, j’essaie d’être plus régulièrement dans la pratique d’activités physiques, je prends des pauses au boulot (ce que je n’ai pas du tout fait pendant 5 ans !), je fais une seule chose à la fois pour me concentrer pleinement.

Mon moment à moi

Le moment durant lequel je suis le plus à mon écoute c’est le matin, comme je vous le disais plus haut. Le matin je n’ai pas envie de me presser, pas envie de speeder.
Je deviens lente.
Je me réveille tranquillement, sans réveil (la sonnerie d’un quelconque réveil est bannie depuis très très longtemps de ma chambre) mais avec la lumière douce d’un simulateur d’aube.
Je m’étire comme un chat en laissant le temps à mon esprit comme à mon corps d’être prêts. Je prends un vrai bon petit déjeuner puis je vais faire une petite séance de yoga et je médite entre 5 et quinze minutes selon le temps dont je dispose. Je me douche et enfin je pars de chez moi.
Sans ce moment privilégié, de cette routine je sais que mes journées se passeraient beaucoup moins bien. J’arriverais au boulot avec une boule dans le ventre. Grâce à cela, je vais au travail avec le sourire (la plupart du temps) et prête à affronter ce qui m’attend. Peut-être que vous c’est le soir que vous avez besoin d’un temps à vous. A vous de déterminer quand prendre ce moment là.

 

Faire des choix en accord avec ses besoins

Pour toutes les raisons citées plus haut, j’essaie, autant que possible et de plus en plus désormais de faire des choix en accord avec mes besoins. Dire non si je n’ai pas envie, essayer de ne pas culpabiliser si je refuse une invitation parce que je suis fatiguée ou que j’ai simplement besoin de temps pour moi plus que de sortir ou de voir du monde.
Je sais aussi, par exemple, que j’aurais beaucoup de mal à accepter un job qui me demande un déplacement de plus de trente minutes pour m’y rendre. L’opportunité s’est pourtant présentée plusieurs fois et après réflexion je me suis dis  que ce ne serait pas bon pour moi. Parce que débuter ma journée par le stress des transports, ou pire les bouchons, la peur d’être en retard et les yeux rivés sur la montre c’est totalement contre-productif pour quelqu’un de très sensible au stress comme moi. Lorsque j’ai eu mon fils par exemple, j’ai volontairement choisi de rester une année entière avec lui, à la maison et sans revenus pour ne pas lui faire subir tout ce stress. J’ai jugé, à ce moment là, qu’il avait davantage besoin de moi à ses côtés que d’argent sur nos comptes en banque. Pourtant ça a été dur car vivre sur un seul salaire à trois n’a pas été simple, loin de là mais je ne regrette pas une seule seconde ce choix.
Je ne juge bien entendu personne et je serais bien mal placée pour critiquer qui que ce soit, je sais bien que l’on fait ce que l’on peut et pas toujours ce que l’on veut. Je sais bien aussi que ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir le choix mais si celui-ci est possible autant se construire une vie en accord avec ses besoins non ? Je vous dis d’ailleurs que je suis à 200% pour plus de temps pour soi mais mon métier m’oblige à travailler plusieurs week-ends par an, à faire des heures supplémentaires de façon très régulière. J’ai toujours travaillé le samedi et lorsque mon fils était petit c’était un vrai déchirement. Je suis bel et bien la preuve que l’on ne fait pas toujours ce que l’on veut. Aujourd’hui heureusement je vis beaucoup mieux le fait de faire des heures supplémentaires, parce que mon fils est plus grand parce que je me dirige petit à petit vers un métier qui me demandera toujours une grande disponibilité mais aussi parce que je prête attention au fait de compenser ces heures travaillées par des RTT. Je n’attends plus d’être au bord du gouffre pour prendre du repos. Du moins j’essaie !

Se sentir bien

Désormais, je m’accorde beaucoup plus d’attentions. En prenant mon temps le matin, en expliquant à mes proches le pourquoi du comment de mon silence parfois, en disant tout simplement “je suis fatiguée” parce que cela a malheureusement tendance à influencer tout notre quotidien. J’ai décidé de faire de mon bien-être ma priorité, au dessus de toutes les autres. Peu importe que cela soit compris ou non par l’extérieur (c’est quand même mieux lorsque l’on est soutenue ceci dit).
Ce n’est pas encore la plénitude totale (mais en sommes-nous réellement capable ?) mais ça va beaucoup mieux depuis quelques mois ! Je suis beaucoup plus concentrée sur mon travail, je dors mieux, je médite chaque jour, je lis plus souvent, je me sens bien dans mes baskets à 99% du temps.

Mes outils pour lâcher-prise

Voici quelques outils très simples, que tout le monde peut utiliser pour prendre un peu plus de temps, pour faire une pause, lâcher prise voire même véritablement se débarrasser du stress.

  • La lecture : quoi de mieux que de se plonger dans une autre histoire que la sienne pour lâcher prise, déconnecter, laisser les pensées et les émotions s’envoler ?
  • L’activité physique, quelle qu’elle soit : pour moi c’est la natation, la marche ou le vélo mais ça marche avec n’importe quelle activité durant laquelle me corps se met en action. Lorsque je nage ou que je marche mes pensées s’écoulent sans que je m’y attache, sans que je les prenne pour argent comptant. Je vis l’instant présent. Jean Giono ne disait-il pas : “Si tu n’arrives pas à penser, marche. Si tu penses trop, marche. Si tu penses mal, marche encore.
  • La méditation : je vous en parlais déjà ici mais je me suis sérieusement mise à la méditation depuis quelques mois et vraiment c’est une révélation. Je me pensais incapable d’y arriver, incapable d’être régulière dans ma pratique mais j’y suis arrivée ! Je médite chaque jour en général de 5 à 10 minutes, 15 si vraiment j’ai le temps et c’est fou comme cela a changé des choses en moi !
  • Les mudras :  en sanskrit mudras désigne une position codifiée et symbolique des mains d’une personne (danseur, yogi) ou de la représentation artistique (peinture, sculpture) d’un personnage ou d’une divinité. L’idée est de placer ses mains dans certaines positions pour activer certains canaux énergétiques que nous possédons dans notre corps. Les deux plus connus étant les deux mains jointes en prière devant le coeur et l’index et le pouce qui se rejoigne, ce geste que nous faisons tous lorsque nous voulons mimer quelqu’un de zen.
    Je les ai découverts cette année lors de mes cours de yoga et en participant au défi mudras de Diva Yoga. J’ai trouvé cela tout bonnement passionnant. Ces gestes sont de véritable outils de guérisons. Testez, vous verrez !
  • Les pranayamas : la première chose que l’on dit à quelqu’un qui est énervé ou sous le choc c’est “respire” et ce n’est pas un hasard. Nous le savons tous, respirer nous permet avant tout de vivre mais peut également nous aider à contrôler nos émotions. Lorsque nous avons peur, la respiration se saccade, lorsque nous sommes tristes ou en colère la respiration est moins fluide et lorsque les émotions sont trop intenses la respiration peut s’accélérer voir même quasiment s’arrêter (dixit la fille qui a vécu en apnée très très longtemps). Les pranayamas sont des exercices de respiration développés par les anciens yogis. Ils les utilisaient pour purifier les canaux énergétiques. Il s’agit donc de contrôles de souffle qui peuvent être utilisés pour se redonner de l’énergie ou au contraire se calmer. Là encore, l’effet est bluffant. C’est d’ailleurs grâce à un pranayama que je suis venue à bout de mes insomnies.

Laissez-vous du temps

Si vous avez la volonté de modifier votre quotidien pour vous accorder plus de temps, soyez patients ! Il faut 21 jours à notre corps et à notre cerveau pour adopter une nouvelle habitude, quelqu’elle soit. Soyez patients et indulgents si parfois vous flanchez, vous ne parvenez pas à maintenir l’organisation que vous aviez prévue. Cela arrive et ce n’est pas grave. Cela viendra, ne vous découragez pas !

Dernièrement on m’a confié de nouvelles missions à mon travail. De grosses responsabilités et de gros projets à organiser. Je sais que cela va être une énorme source de stress et de travail, de fatigue et que le temps me sera compté. Des soucis personnels jonchent également mon chemin ces derniers temps. Je sais que les mois à venir vont être un défi permanent mais je sais aussi qu’aujourd’hui je suis mieux armée qu’hier pour affronter cela.

It’s a new dawn
It’s a new day
It’s a new life
For me
And I’m feeling goood!

Pour aller plus loin :

Organiser sa vie pour adoucir son quotidien

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1 thought on “Apprendre à prendre le temps”

  • J’ai apprécié lire ton article, j’aime la façon que tu as d’écrire et les valeurs que tu souhaites véhiculer. Dans notre société actuelle, on a tendance à toujours devoir aller plus vite sans cesse. Comme toi, je suis fortement touchée par le stress. Ce mode de vie ne me correspond pas au point que parfois, j’ai le sentiment de ne pas être à ma place. J’essaie de changer petit à petit quotidiennement pour vivre ma vie plus sereinement.

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    • Merci pour ton commentaire, il me touche beaucoup ! Cet article me tenait vraiment à coeur. Je l’i écrit en juin mais j’ai pas pu le publier avant. Je suis heureuse de l’avoir fait aujourd’hui car il représente pour moi un véritable pas en avant. Je te souhaite de réussir à vivre plus sereinement. Peut-être même qu’un jour la société s’adaptera à nous et non l’inverse…

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