Lu, vu, entendu (spécial consommer différemment)

Lu, vu, entendu (spécial consommer différemment)

adelle vert 2.epsUne petite revue un peu spéciale cette semaine puisque thématique. Ce n’était pas vraiment voulu au départ mais je me suis rendue compte que tout ce dont j’avais envie de vous parler cette semaine avait pas mal de point commun. Un sujet qui me touche tout particulièrement et cela, depuis très longtemps.
Consommer différemment, c’est un bien grand challenge et je suis loin, très très loin de l’avoir relevé mais c’est un sujet sur lequel j’aime m’informer, m’interroger.
Pour moi, cela a débuté il y a 14 ans lorsque je suis partie vivre dans l’Ariège. A cette époque, le bio et l’écologie n’avait rien d’une mode et l’on en parlait peu voir pas dans les médias. J’avais 20 ans et je vivais dans un petit village de 400 ans habitants situé dans la vallée du Douctouyre. Je me chauffais exclusivement au poêle à bois (j’allais chercher mes bûches dans mon jardin situé à flanc de colline et j’avais très, très froid !), je profitais des légumes bio cultivés par mon voisin maraicher et j’avais même un poulailler. Ce mode de vie n’avait absolument pas été réfléchi auparavant, il n’était pas militant, c’est comme ça que beaucoup de gens vivaient (et vivent encore) pour la plupart là-bas.
De retour dans l’Oise c’est à la création de mon tout premier blog (cela fera 10 ans cet été) sur lequel je publiais mes découvertes en matière de produits bio et mes recettes de cosmétiques et produits ménagers faits maison que mon intérêt pour tout ces thèmes a refait surface. Il a évidemment fallu faire avec mon petit budget, les aléas de la vie mais j’ai toujours veillé à faire mes propres choix et à m’intéresser à ce qu’il se passe près de chez moi. Chez moi c’est une petite ville où en 10 ans les petits commerçants ont quasiment tous disparus, où il est impossible d’acheter un journal sans devoir aller dans une grande surface, où il n’y a aucun magasin bio à moins de 10 km de voiture, où la seule boucherie reste chère et où le marché du samedi est ridiculement petit et ne compte qu’une seule maraichère locale et qui travaille en raisonné (ouf !), les autres se fournissant à Rungis…
Heureusement, quelques initiatives locales tentent de voir le jour. Cela a commencé pour moi par l’adhésion à un panier bio préparé par un magasin bio du coin (fermé depuis) qui était livré chaque semaine chez une habitante de ma commune, puis j’ai pu profiter d’un collectif d’achat groupé de produits bio (y compris la viande), j’ai aussi tenté de cultiver mon propre potager en louant une parcelle de terre aux jardins familiaux (mais j’avais vu trop grand et j’ai du vite abandonné) et puis, en 2007 j’ai participé à la création de l’AMAP dont je suis adhérente aujourd’hui.
Je ne suis pas militante, car j’ai toujours pensé que chacun pouvait vivre comme il l’entend sans avoir à être jugé, je suis juste curieuse et ce qui a changé c’est que désormais je suis soutenue dans ma démarche au quotidien par mon conjoint.
Mon objectif ? consommer moins mais mieux, vivre bien, en harmonie avec mes envies, me remettre en question, sans cesse et toujours, toujours regarder ce qu’il se passe autour de moi.
Le partager avec vous n’est pas anodin pour moi, je suis plutôt du genre oursonne, à me terrer dans ma tanière sans oser élever la voix vers le monde mais, après tout, quoi ? qu’est-ce que je risque ?

Lu

Une amie m’a envoyé une gazette dont j’ai très envie de partager à mon tour aujourd’hui.
La gazette de Gouzy est une gazette mensuelle, gratuite et indépendante créer et gérer par un collectif souhaitant relayer des réflexions, expérimentations et se faire écho de luttes sociales.
Ce mois-ci le thème abordé me touche tout particulièrement puisqu’il traite des alternatives à l’agriculture intensive et notamment les AMAP.
Le tout expliqué de manière très claire, en BD.
Retrouvez ce numéro et les anciens sur http://lagazettedegouzy.fr.
Merci Hamida.

Dans la même veine, un article très intéressant de Terra Eco sur une association basée dans le Nord de la  France, les Anges Gardins (en chti gardins veut dire jardins) et qui œuvre pour permettre aux plus démunis de bien manger. Et lorsqu’il est question de bien manger il est question d’apporter à ces familles de quoi diversifier leur alimentation. Plusieurs études (comme celle-ci) ont montré que dans les familles les plus précaires la majeur partie des aliments n’apportaient que peu ou pas de nutriments. Trop de sucre, trop de sel et pas assez de vitamines, de fibres, de fruits et de légumes.
Une association pour l’insertion, l’éducation permanente, le développement de nouvelles pratiques sociales et d’activités liées à l’alimentation telle que :
– Favoriser l’accès aux savoir-faire de base en matière d’autoproduction vivrière et culinaire : Manuel du jardinier/ du cuisinier sans moyens, formation d’Ambassadeurs du jardinage et du bien vivre alimentaire, ateliers de consommation responsable expérimentaux … Dans ce cadre, l’association participe à transférer vers d’autres opérateurs et d’autres territoires les outils mis en place et les savoir-faire
– Créer de nouvelles opportunités d’activités (sous forme d’atelier d’insertion) pour des personnes sans emplois dans les domaines du maraîchage, du conditionnement et de la livraison de fruits et légumes locaux certifiés en agriculture biologique, produits à destination des particuliers et de la Restauration Hors Domicile
– Programmer des chantiers participatifs visant l’appropriation d’une conscience sociale par l’action (permaculture, agroforesterie, lombricompostage, apiculture…)
De belles actions !
L’article est disponible ici (pour les abonnés) : http://www.terraeco.net/La-vie-revee-des-Anges-gardins,58773.html et vous pouvez retrouver les actions de cette association sur leur site Internet.

Et puis, toujours dans Terra Eco, j’ai découvert une initiative que je veux absolument partager avec vous tant je suis à 200% pour ! Les gueules cassées luttent activement contre le gaspillage alimentaire. Après s’être attaqué aux fruits et légumes moches (mais bons !) ils étendent aujourd’hui leur action et proposent de relever un formidable défi : la création d’une gamme de produits antigaspi, issus de tous les secteurs alimentaires, aussi bons et vendus 30% moins chers !
Moi je fais partie de ces consommateurs qui adhèrent à une AMAP et acceptent de soutenir un producteur local (moins de 10 km de chez moi !) sans savoir ce que celui-ci va lui fournir d’une semaine à l’autre, qui accepte que parfois sa production ai subit les intempéries et qui AIME ça, je fais également partie de ces consommateurs qui fait la chasse aux produits à dates courtes dans les rayons des supermarchés et qui préfèrerait d’ailleurs pouvoir se passer des circuits de grandes distribution si elle le pouvait…
Les gueules cassées elles, sont parties du constat très simple : Chaque année 40% de la production mondiale de nourriture ne voit pas un estomac humain. En France 17 millions de tonnes de produits parfaitement comestibles ne sont pas consommés. Des milliers de kilos de pommes, d’abricots déformés, de cerises à peine fendues, de tomates biscornues sont jetés par les producteurs qui n’ont pas de débouchés valorisants pour ces fruits et légumes moins jolis et pourtant exquis.
Tous ces produits sont excellents et ont les mêmes qualités que les autres et il est totalement aberrant qu’ils soient systématiquement écartés pour des défauts mineurs qui n’altèrent en rien leurs qualités gustatives (mauvais calibrage, petits défauts de production, défauts d’aspect, de couleur ou de forme etc).
« Les Gueules Cassées » ont décidé de se mobiliser pour faire en sorte que ces produits puissent être proposés à la vente, afin que nous puissions profiter de leurs saveurs et de leur goût en évitant un gaspillage qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui.
Alors, je trouve ça un peu dommage qu’il faille créer un marque pour réussir à faire entrer ces produits dans les circuit de vente mais bon… que voulez-vous…
Je vous invite vivement à aller découvrir leur actions : http://www.lesgueulescassees.org/ et à me dire ce que vous en pensez évidemment 😉

Et puis, puisque que l’on parle de gaspillage, je vous présente le projet du photographe Greg Segal intitulé « 7 jours de déchets« .
« Un Américain moyen génère 4 livres (2 kilos, ndlr) de déchets par jour. Notre nation produit 4 millions de tonnes de déchets par semaine. Je suis inquiet, non seulement par la quantité de ce que nous rejetons mais aussi préoccupé par le détachement avec le lequel nous traitons le problème », précise Gregg Segal, sur son site. Aussi le photographe américain a-t-il demandé à des amis, des voisins, des proches, de garder leurs déchets pendant une semaine, et de poser au sol, au milieu de ceux-ci. C’est ainsi qu’est née « 7 jours de déchets », une série de clichés fort explicites à découvrir sur le site du photographe.
A voir sur son site.
C’est marrant parce que cela fait plusieurs semaines que je me demande quel est le poids moyen des déchets d’une famille. Parce que maintenant que je suis propriétaire, ma relation aux poubelles elle aussi est différente. Bah oui, avant je vivais en immeuble, je me foutais du jour de passage des poubelles, je jetais mes sacs et mes emballages au besoin.
Désormais, je dois faire attention aux jours auxquels je dois sortir telle ou telle poubelle. Et je me rends compte que si les éboueurs passent souvent, nos poubelles à nous sont rarement pleines et nous ne les sortons qu’une fois tous les 15 jours pour les ordures ménagères et à peine une fois par mois pour le recyclage. Je trouve ça plutôt pas mal.
Il faut dire que j’ai apposé l’autocollant « STOP PUB » sur ma boite à lettre et rien que ça ça a allégé ma poubelle à papiers.

Vu

Le dernier numéro de Data Gueule. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ce petit programme qui vous explique à peu près tout en moins de 3 minutes, disponible sur Youtube et qui revient sur l’actualité par le biais d’infographies animées. J’adore leurs vidéos et la dernière en date donc, colle parfaitement à mon sujet du jour.
Je vous laisse la visionner.

Entendu

En matière de consommation alternative on peut aussi choisir de cultiver sa curiosité culturelle différemment. Pour moi cela passe par un choix de spectacles originales, qui sortent des sentiers battus, de privilégier la proximité et de profiter de la programmation très riche qu’offre ma région et ses alentours.
La semaine dernière par exemple j’ai assisté au spectacle de Lio Shoov.
J’ai d’abord cru que c’était un nom de scène, une sorte de jeux de mots avec le mot « show ». Et bien pas du tout. Lior Shoov c’est le nom de cette jeune femme Israëlienne qui vit depuis 3 ans en France et qui avant de chanter était clown. Une jeune femme avec un grand charisme, beaucoup d’humour,  mais aussi avec une sorte de gravité et une grande exigence envers elle-même et les autres,.
Son spectacle est un mélange de chant (hébreu, arabe, français…), de musiques du monde (hang, senza, ukulélé… ) mais aussi des jouets, un sac et des tubes en plastique, de jeu corporel et d’expression de l’instant…
Pour moi, voir un hang en live fût un très grand moment. Cet instrument me fascine.
Sa voix est belle, grave, rauque, bourrée d’émotion et sa musique belle, enivrante, elle vous emmène lion.
Elle sera sur scène au Printemps de Bourges le 29 avril prochain. Si vous avez l’occasion, ne la ratez sous aucun prétexte !

A écouter ici : http://liorshoov.com/fr



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