Mes dernières lectures

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3 nouveaux romans lus ces dernières semaines.

Camarades de classe de Didier Daenincks

En revisitant la banlieue rouge dans la période encore triomphante du parti communiste, Didier Daeninckx nous raconte, avec précision et humanité, l’histoire d’une génération marquée par les bouleversements des années soixante et soixante-dix.

J’ai beaucoup aimé ce court roman qui, derrière une histoire de retrouvaille de lycéens cache bien plus…
L’intrigue suit un couple de cinquantenaire qui semble vivre ensemble depuis de longues années, avoir traversé quelques tempêtes mais s’aimer comme au premier jour.
Le mari est submergé par la restructuration de son entreprise tandis que sa femme qui réussit dans la pub. C’est au hasard d’une page web restée ouverte que l’intrigue débute. La femme tombe sur un mail destiné à son mari et répond en prenant son identité…
C’est via l’intermédiaire du site « camarades-de-classe.com », que celle-ci va renouer avec le passé de son époux. Un passé marqué par mai 68 et la culture communiste. Il se cache derrière tout ça une énigme, car l’un des anciens camarades parle sous anonymat et ce n’est qu’à la fin du roman que tout s’éclaircit.
J’ai parfois été perdu dans les souvenirs des uns et des autres, dans les nombreux personnages qui tissent ce roman presque épistolaire mais le suspens que réussi à faire naitre Daenincks (plus habitué à écrire des polars) tient le lecteur en haleine jusqu’au bout.
J’avais deviné dès le milieu du roman ce qui se cachait derrière ce couple, mais cela ne m’a absolument pas empêché de trouver ce récit terriblement attachant et d’être prise aux tripes lors du dénouement.

Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome

Salie vit en France, son frère, Madické, rêve de l’y rejoindre et compte sur elle. Mais comment lui expliquer la face cachée de l’immigration, lui qui voit la France comme une Terre promise où réussissent les footballeurs sénégalais, où vont se réfugier ceux qui, comme Sankèle, fuient leur destin tragique? Comment empêcher Madické et ses camarades de bâtir des châteaux en Espagne, quand l’homme de Barbès, de retour au pays, gagne en notabilité, escamote sa véritable vie d’émigré et les abreuve de récits où la France passe pour une Arcadie imaginaire? Les relations entre Madické et Salie nous dévoilent l’inconfortable situation des « venus de France », écrasés par les attentes démesurées des leurs restés au pays et confrontés à la difficulté d’être l’Autre partout. Distillant leurre et espoir, Le Ventre de l’Atlantique charrie entre l’Europe et l’Afrique des destins contrastés saisis dans le tourbillon des sentiments. La condition humaine s’y laisse scander par l’irrésistible appel de l’Ailleurs. Car, même si la souffrance de ceux qui restent est indicible, il s’agit de partir, voguer, libre comme une algue de l’Atlantique. Un premier roman sans concession, servi par une écriture pleine de souffle et d’humour.

Un coup de coeur ! Un vrai coup de coeur pour ce roman à l’écriture vive et moderne bourré d’humour et de justesse sur un sujet au combien sujet à débat.
Que de vérités dans ce roman ! Sur tout un tas de sujets. L’émigration, la polygamie, la condition de la femme, le déracinement…
Fatou Diome nous raconte l’Afrique mettant l’accent sur la vraie nature de l’Eldorado que représente la France pour les jeunes Sénégalais. Le Sénégal et la France en prennent chacun pour leur grade à travers son récit. Un roman d’une simplicité et d’une vérité rare sur un sujet qui résonne avec l’actualité.
Il y a très probablement beaucoup de l’histoire personnelle de l’auteur derrière ce récit, dont découle une certaine authenticité. La jeune femme ne se sent à sa place nul part. En France elle est l’étrangère, l’immigrée, au Sénégal elle est celle qui est partie, la pariât, celle qui renie ses origines. Comment trouver sa place, son identité ?
Ce roman est un indispensable à avoir dans sa bibliothèque (rien de moins !) et me donne envie de découvrir d’autres textes de cet auteur.

Un radeau de pierre de José Saramago

La Péninsule Ibérique s’est éloignée soudain, tout entière et d’un seul tenant, de dix mètres à la fois  » : un gigantesque navire terrestre se détache du continent européen pour retrouver, dans un périple nomade, ses origines, le berceau de sa nostalgie – l’Afrique. Embarqués dans cette étrange dérive qui bouleverse l’ordre des choses, les habitants tentent de ne pas céder à la panique. Une épopée baroque, fantastique.

J’ai voulu lire Saramago parce qu’il me semblait être un auteur indispensable et ce ne sont pas les nombreux prix qu’il a reçu qui m’aurait fait pensé le contraire.
Je me suis décidée pour ce roman pour me faire une idée et ce fût malheureusement assez vite vu. Je n’accroche pas du tout à sa manière d’écrire. Je n’ai pas aller au bout du roman, je me suis même arrêtée à un peu plus de la moitié tant je m’ennuyais. Je ne mets pas en cause le récit dont l’idée de départ et ce qui en découle est intéressant et même bien pensé mais, cette façon d’écrire, de digressions en digressions a eu raison de ma patience. Impossible de suivre le court de l’histoire, de me souvenir des personnages, trop de digressions tue la digression, je n’en pouvais plus !



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