Mes dernières lectures

Mes dernières lectures

Un recueil de nouvelles qui permet à la fois de découvrir des auteurs et de faire une bonne action et les deux derniers romans de Virginie Despentes, magistraux !

13 à table ! 2016 / Les restos du coeur

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Les plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont pris cette année encore leur plus belle plume pour vous concocter un délicieux recueil de nouvelles autour d’un thème : frère et sœur. Ceux qui s’aiment, ceux qui se détestent… Souvenirs d’enfance, vie commune, haine larvée ou avouée, à chacun sa recette. Douze fratries à découvrir sans modération. Françoise Bourdin – Michel Bussi – Maxime Chattam – Stéphane De Groodt – François d’Epenoux – Karine Giébel – Douglas Kennedy – Alexandra Lapierre – Agnès Ledig – Nadine Monfils – Romain Puértolas – Bernard Werber

Ma maman a eu la bonne idée de nous offrir ce livre à Noël. 13 nouvelles totalement inédites dont le thème est “frère et soeur”. 13 auteurs pour 13 nouvelles centrées autour d’un thème commun. Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles forcées, affres et mystères de la gémellité … Du noir, de la tendresse, de l’humour, de l’absurde, à chacun sa recette. Et pour chaque livre acheté, 4 repas distribués par les restos du coeur ! Une belle initiative !
J’aime beaucoup lire des nouvelles et le fait que ce recueil soit composé de textes de plusieurs auteurs m’a permis d’en découvrir quelques-uns. Si j’ai retrouvé avec plaisir la plume d’auteurs connus (Douglas Kennedy, Bernard Weber, Agnès Ledig…) j’ai découvert des styles que j’ai beaucoup aimés (Maxime Chattam, Nadine Monfils, Karine Giebel…)
Cela m’a aussi conforté dans certains de mes désamours. Le texte de Romain Puertolas m’a profondément agacé, comme ça avait été le cas avec son premier roman dont je vous parlais ici.
J’ai été un peu déçue par le texte de Stéphane de Groodt que je préfère finalement à l’oral qu’à l’écrit. J’ai été profondément touché par la nouvelle de Karine Giebel qui réveille les consciences sur le fléau des mariages forcés. J’ai été captivé par le suspense de Chattam et de son Food Truck (même si la fin m’a déçue). J’ai aimé le style et l’ambiance du texte de Nadine Monfils. J’ai été scotchée par la nouvelle de Michel Bussi.
De bien belles découvertes donc et une bonne action.

Vernon Subutex tome 1 et 2 de Virginie Despentes

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Qui est Vernon Subutex ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

A 20 ans, ils étaient punks. Et à 50, à quoi ressemble leur vie ? Voilà qui résume plutôt bien ce dont parle les derniers romans de Virginie Despentes.
Si les premiers chapitres décrivent le fameux Vernon, un personnage on ne peut plus Despentien (Despentesque ? j’invente des mots si je veux !) et plonge le lecteur dans le style bien connu de l’auteur, c’est à tout autre chose que celui-ci se retrouvera confronté à travers cette saga.
Viriginie Despentes a fait très fort, très très fort et signe ici une saga sociétale contemporaine magistrale !
A la fois roman-fleuve, essai, thriller… elle y parle de l’état de la société française d’aujourd’hui. Et ce n’est pas une mince affaire, vous en conviendrez. Au départ, c’est vrai, on retrouve ses sources d’inspirations, le rock, la drogue, les personnalités cassées, à part… Mais Virginie Despentes démontre dans sa série qu’elle peut être un véritable caméléon, capable de se mettre dans la peau d’un ancien disquaire de 50 ans aussi bien que dans la peau d’une jeune fille révoltée que d’une ancienne actrice porno que d’une petite nana mal dans sa peau ou encore d’un fils de producteur véreux. Chaque fois, elle entre dans la peau de son personnage, le fait naitre à travers ses pages et le rend d’un réalisme absolu.
Ses romans sont une succession de portraits, tous liés les uns aux autres par une histoire, un secret, une quête… et c’est finalement à travers eux, tous différents, tous semblables qu’elle nous parle de ce que nous sommes. Elle nous parle de ce qui a construit notre société actuelle, la manière dont on la consomme, dont on la consume, nos amours, nos amitiés, nos succès, nos défaites, nos jobs, nos addictions, nos modes de communication… Tout le monde en prend  pour son grade, la famille, les enfants, le boulot, tout. C’est un concentré de vie que ces romans. De l’hyperréalisme même si tout le monde ne se reconnaitra pas dans chacun des personnages, il y en a au moins un ou une, une idée peut-être qui fera mouche.
Plus concrètement, l’histoire débute avec celle de Vernon, car c’est bel et bien lui le point central de l’histoire, le point de ralliement, celui qui réunit tous les autres.
Vernon est un mec qui aime la musique, que le rock passionne. Toute la première partie du tome 1 est bourrée de références musicales que, si j’avais eu le temps j’aurais eu envie d’écouter une à une… C’est un type qui a choisi de vivre de la musique, pas comme zikos mais comme disquaire, du temps où l’on achetait encore des disques… Mais la crise, les mp3 tout ça tout ça… et Vernon se retrouve à la rue… Plus de boulot, plus d’appart… la grosse loose ! Mais le type a des amis à la pelle, il en a brassé du monde dans sa boutique alors se faire héberger chez les uns, les autres n’est pas très compliqué…. Et c’est là que le ballet débute, le ballet des paumés, des loosers, des mal baisés, des camés, des ex, des futures, des trans, des bourges, des lascars, des fils de, des mecs à chien, des mecs tatoués, des papas, des mamans….
On passe de l’extrême droite à l’extrême gauche, de l’embourgeoisement à la déchéance, des nantis aux SDF, des hétéros aux gays, tous traités de la même façon par un auteur qui a atteint un niveau de maîtrise sidérant : avec autant de tendresse que d’ironie, car Despentes n’est jamais dupe, tout en restant profondément humaine.
Le monde de la nuit, ses dérives, les familles en apparence plus “classiques” ….. Tous ont vécu, ont donné, ont rendu, tous sont plus ou moins face au constant de ce qu’a été et est aujourd’hui leur vie. C’est un roman dense, pendant lequel pourtant jamais on ne s’ennuie, pas le temps ! L’écriture n’en laisse pas le temps, c’est rapide, direct, ça ne laisse que peu de temps pour se relever que déjà un autre personnage fait son entrée, une autre claque est prise en pleine face… C’est un roman qui se dévore, qui tient en haleine, qui retourne. C’est évidemment glauque, de plus en plus glauque même mais il y a parfois aussi des moments de grâce dans l’horreur, des moments de rire… Il y a aussi une grosse scène plagiat de Millénium mais passons…
Portrait d’une société désabusée, à dévorer !
Un tome 3 est prévu dans les mois à venir… je ne suis pas certaine de le lire, la fin du tome 2 me suffit je crois.

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