Mes lectures de l’été

Mes lectures de l’été

Cela faisait un moment que je voulais lire Despentes. Un ami m’a prêté 3 de ses romans que j’ai dévorés durant mes congés. Je vous les présente aujourd’hui, dans l’ordre de lecture.

Baise-moi de Virgnie Despentes

Nadine et Manu sont deux filles de leur époque, à une nuance près : elles refusent de subir la vie, ses frustrations et ses défaites. Alors, elles forcent le destin à accomplir leur volonté, persuadées que tout ce qui ne les tuera pas les rendra plus fortes. De casses de supermarché en revanches sanglantes, elles deviennent des prédatrices insatiables et sans scrupule, parsemant leur sale balade de sentences bien brutales, syncopées et implacables.

Le plus connu, l’un des plus sulfureux de romans de l’auteur. Celui par lequel j’ai voulu commencer. Un récit d’une rare violence, tant dans les mots que dans les faits. Le sexe, la violence…du trash à l’état pur. Deux femmes, à la fois différentes et tristement similaires, complètement paumées, ratées, lessivées par la vie et qui décide un peu sans y avoir pensé de tout foutre en l’air (un peu plus un peu moins…) autour d’elle. Outrageusement réaliste. Tout au long du récit il est évidemment que cela finira mal et on attend la chute comme suspendu au fil de ces deux vies prédestinées à mal finir.

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Teen Spirit de Virginie Despentes

Deux versions bien distinctes d’elle-même se disputaient dans un seul corps et se partageaient le temps d’action. Entre la montre Kitty et le bracelet clouté, elle n’avait pas encore choisi son camp.  » Nancy a passé treize années chez sa mère, Alice, une dame branchée fric et névroses. Bruno a passé trente ans enfermé chez lui, devant sa télé, à ne pas faire grand-chose. Nancy est la fille de Bruno, mais ni l’un ni l’autre ne sont au courant. Un jour, pourtant, Bruno voit Nancy débouler dans sa vie. Soudain papa, le punk rocker va affronter toutes les épreuves de l’adolescence… avec une nouveauté de taille : les  » conneries « , ça n’est plus lui qui les fait… quoique…

Mon coup de coeur ! Je l’ai littéralement dévoré ! A peine avais-je débuté la première page que je n’ai plus été capable de m’arrêter si ce n’est lorsque mes yeux se fermaient de fatigue.
J’ai adoré le personnage de Bruno que j’ai trouvé terriblement attachant, intelligent. C’est un paumé oui, qui a choisi (choisit-on vraiment ?) une vie de marginale, à moins que ne soient ses angoisses qui l’y ai contraint…mais derrière cette vie de looser sans fric, sans appart, sans avenir se cache un type bien, un type au grand coeur. Et c’est une ado de 13 ans, sa fille, dont il ne connaissait pas l’existence qui va le révéler. Un roman sur la paternité, l’adolescence, la société pourrie dans laquelle on vit. Génial !

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Les jolies choses de Virginie Despentes

L’une chante, l’autre pas. Claudine est montée à Paris pour tenter sa chance. Mais c’est sa soeur, Pauline qui a de la voix. Comme elles sont jumelles ça peut peut-être s’arranger. À deux, elles pourraient faire de jolies choses. Claudine incarnera la chanteuse, doublée en secret par la voix de sa soeur. Au début ce n’est qu’un jeu, une combine pour trouver du boulot. Mais quand Claudine se suicide, Pauline décide d’usurper l’identité de sa soeur et se retrouve plongée dans un univers factice où elle passe pour une ravissante idiote mais réussit plutôt bien à faire son chemin.

J’ai eu un peu de mal à accrocher aux premières pages. Le personnage de Claudine, sa façon d’être, de penser, tout ce que je déteste… Et puis… Claudine meure… se suicide et c’est Pauline, sa soeur jumelle qui va prendre sa place.
Prendre la place de sa jumelle, pour Pauline c’est s’habiller en pétasse, coucher avec tout le monde, se retrouver dans des clubs échangistes…c’est goûter à un monde complètement vicié… Paris dans tout ce que cette ville a de faux, de sordide…
Dans ce roman comme dans tous les autres, Despentes écrit comme on parle. Comme elle parle… et elle parle mal. Ses personnages parlent mal. Cela donne des phrases à la syntaxe plus qu’approximative, à un écrit parlé avec des fautes de français flagrante mais cela fait partie de son écriture, de la personnalité de ces personnages et ça n’en rend le récit que plus réaliste.
Un passage m’a particulièrement marquée :
« Après des siècles d’interdiction, de montrer, femmes sommées d’exhiber qu’elles se sont calibrées : voilà mes jambes interminables, glabres et hâlées, mon derrière correctement musclé, mon ventre plat nombril percé, mes seins énormes fermes et moulés, ma belle peau saine et pas vieillie, mes cils sont longs, mes cheveux brillants.
Contrairement à ce qu’elle croyait auparavant, il ne s’agit pas d’une soumission aux désirs des hommes. C’est une obéissance aux annonceurs, il faudra que tout le monde y passe. Ils régissent le truc, fil des pages : voilà ce qu’on vend, alors voilà ce qu’il faut être. »
Ce dont elle parle dans ses romans, c’est bien souvent de la place de la femme dans la société, du rapport entre les hommes et les femmes. Et c’est ce que j’apprécie chez cet auteur.
Je ne m’attendais pas à la fin de celui-ci, limite elle m’a un peu déçue compte tenu du côté plutôt trash de l’auteur. Ce roman est ceci dit très bon. Une critique acérée de la société…

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Le point commun de ces trois romans, et je crois, de cet auteur ? Des personnages féminins qui souffrent beaucoup mais qui restent fortes malgré tout. Du sexe, beaucoup de sexe (autrement plus réaliste et cru que dans les « mommy porn«  puritains à la mode). Une écriture singulière, à la syntaxe parfois plus que contestable, une critique intelligente, trash mais réaliste de notre société.



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