Bilan de 6 mois d’auto-entreprenariat

Bilan de 6 mois d’auto-entreprenariat

Si vous me suivez depuis plusieurs mois et/ou sur Instagram vous savez surement qu’il y a un peu plus de 6 mois j’ai créé ma micro-entreprise en cumul d’activités.
J’en ai assez peu parlé sur le blog pour tout un tas de raisons qu’il serait trop long de détailler ici mais aujourd’hui, après 6 mois d’activités et une petite claque, j’avais envie et besoin de mettre des mots sur cette expérience.
Peut-être vous aidera t-elle à y voir plus clair si vous souhaitez vous lancer et en tout cas me fera du bien pour passer ce cap en revenant sur les raisons qui m’ont poussée à me lancer et ce qui fait qu’aujourd’hui j’ai le sentiment de m’être trompée.

Du burn out à la micro-entreprise

Peut-être est-il bon de revenir avec vous sur la genèse de tout cela, histoire que vous compreniez un peu le pourquoi du comment… (je vous préviens ça va être long !)
Je suis fonctionnaire territoriale depuis 16 ans (punaise, 16 ans !) et ce dans la même mairie depuis le début. J’ai d’abord travaillé 10 ans au service communication/informatique puis j’ai rejoint le service enfance ( je sais, rien à voir !) dans lequel je suis toujours actuellement. Je suis sur un poste très difficile à définir tant il est polyvalent et un peu fourre-tout. Bref voilà le décor.
Il y a deux ans, j’ai fait ce que l’on appelle le fameux burn-out. Très à la mode cette pathologie ! A tel point que l’on pourrait croire que tout le monde y passe ! Je crois que c’est plutôt le signe que notre société va mal, très très mal…
En tout cas, moi, je me suis vue perdre pied, aller chez le médecin bien plus qu’à mon habitude, j’ai développé des pathologies liées au stress, j’ai totalement perdu le sommeil pendant une année entière et je me suis vue dire à plusieurs reprise, par plusieurs personnes dont la plupart faisant partie du corps médical : Madame, il faut changer de travail.

J’ai mis du temps à comprendre et encore bien plus à accepter la situation. Entre incompréhension, culpabilité, révolte et résignation.
Moi qui n’allait quasiment jamais chez le médecin, j’ai passé une année complète à me rendre deux fois par semaine chez le kiné, j’ai fais bien plus de séances d’osthéopathie que ne me rembourse ma mutuelle, j’ai consulté des spécialistes, j’ai tenté diverses techniques pour lutter contre la douleur et surtout j’ai souffert, vraiment, beaucoup, physiquement et moralement.
Je ne compte plus les fois où je suis rentrée chez moi en pleurs, en vrac, tordue de douleur.
Heureusement j’ai été soutenue par mes proches sans qui je n’aurais probablement pas réussi à accepter  que je n’y étais pour rien et que je devais ni culpabiliser ni faire comme si tout allait bien.

Trouver une solution, et vite !

J’ai cherché pendant des mois et des mois (deux ans à vrai dire!) comment sortir au plus vite de cet engrenage avec la difficulté immense qu’il est mathématiquement impossible que ma famille se passe de mon salaire.
Parce que la solution la plus simple, la plus rapide et probablement la plus salvatrice aurait été de me mettre en disponibilité. Car oui, l’un des “avantages” de la fonction publique est que l’on peut décider de faire un break, plus ou moins loin si on le souhaite. Avantage peut-être…à un détail près : durant ce laps de temps nous ne touchons aucune rémunération. Pas de chômage, pas d’allocation, RIEN.
Seulement voilà, j’ai un adolescent à ma charge, une maison que nous commençons tout juste à rembourser, un mari avec qui je veux faire des projets, à qui je ne veux pas faire supporter la charge de MON fils et notre famille sur son seul petit salaire. Notre situation, sans être précaire (loin de là!) ne nous permet tout simplement pas de vivre sur un seul salaire. Mais peut-être est-il est bon de rappeler que les fonctionnaires territoriaux gagnent très mal, très mal leurs vies…si je disais mon salaire je suis presque sûre que vous ne me croirez pas…mais là n’est pas le sujet.
Alors bien sûr si nous avions vendu la maison, pris un petit appartement en HML, rogner sur tous nos loisirs … peut-être oui, peut-être que l’on s’en serait sortis… et encore je n’en suis même pas sûre.
Partant de ce constat j’ai tout étudié, tout cherché avec plusieurs fois le sentiment d’être tout près du but…
Reprendre des études ? oui mais pour quoi faire ? et comment les financer ?
Changer de crèmerie ? J’ai tenté, des dizaines de fois, j’ai même eu quelques entretiens. Dans le privé, dans le public…chaque fois quelque chose a cloché. J’ai même failli être embauchée par Lamazuna mais le délai nécessaire pour quitter mon poste actuel était trop long pour eux, j’ai refusé une offre dans le sud de Paris parce que je me voyais déjà perdre la raison à faire 2h de trajets par jour…
Parce que la qualité de vie a elle aussi une très grande importance dans tout ça. C’est même quelque chose de primordial pour moi.

Je vais fabriquer et vendre des chocolats !

Et puis je me suis dis que si je ne pouvais pas quitter mon emploi actuel alors j’allais développer ma propre activité, en plus de mon boulot. Poussée par plusieurs proches et personnes extérieures, l’idée a fait son chemin. Mais il aura fallu un rendez-vous avec ma yogathérapeute pour que cela me tombe dessus, comme ça, sans prévenir.
C’est difficile à expliquer mais c’est vraiment comme si cette idée m’était tombée dessus, s’était insufflée en moi. Je me souviens très bien, je revenais d’une séance de yoga pour soigner mon bras, je conduisais sans penser à rien de particulier et d’un coup, d’un seul la phrase “je vais faire des chocolats” s’est inscrite en moi. Et tout est devenu limpide ou presque , j’ai su exactement ce que je devais faire, comment je devais le faire…Moi qui venais de passer deux ans à me poser mille et une question je savais. Quelque chose venait de s’ouvrir en moi.
J’ai mis deux jours à oser en parler à mon conjoint et plus de 6 mois à ma famille et à mes ami(e)s. Je passais de l’euphorie à l’incrédulité constamment.
Mais cette idée était tellement forte, tellement ancrée en moi, je ne pouvais pas faire marche arrière.
Alors pourquoi des chocolats ? On m’a posé la question des centaines de fois et je n’ai jamais réellement trouvé la réponse…
Parce que j’aime cuisiner, parce que j’avais réalisé des chocolats pour mes proches à diverses occasion et que quelque chose s’était passé, que les retours avaient été bons, que je pouvais allier gourmandise et créativité, rencontres, partage, bref m’exprimer ! Depuis toujours, je me vois tenir un salon de thé….les chocolats étaient une sorte de premier pas vers plus vaste. Et ce ne sont pas les idées qui me manquent ! Je ne comptais pas m’arrêter aux chocolats mais proposer également des biscuits et tout ce qu’il est possible de réaliser sans C.A.P.
Bref, j’ai pris les rendez-vous qui s’imposaient et la machine s’est mise en marche.
Aujourd’hui je suis donc en triple activité : mon job de fonctionnaire, ce blog (pour lequel j’ai également un numéro de SIRET) et la création de bonbons de chocolats et biscuits de conservation.

3 étapes pour devenir auto-entrepreneur

Si j’ai un conseil à vous donner si vous êtes tenté(e) de vous lancer c’est de vous faire aider par l’organisme adéquat.
Le monde de l’entreprenariat est extrêmement opaque !

1ère étape : contacter la Chambre du commerce et de l’industrie (CCI) de votre département. Ils ont toutes les réponses à vos questions.
Internet c’est bien mais rien ne vaut de parler à une personne physique dont c’est le métier ! Vos proches qui sont auto-entrepreneurs c’est bien aussi mais chaque situation est différente et votre projet ne sera jamais le même que celui du voici, vous avez donc besoin d’un suivi personnalisé !
Des permanences gratuites sont organisées plusieurs fois par mois, les conseillers sont joignables par téléphone et par mail. N’attendez pas, contactez les !
J’ai dû contacter à la fois la CCI et la CMA  (Chambre des métiers et de l’Artisanat) pour avoir toutes les informations dont j’avais besoin. J’ai suivi une formation d’aide à l’installation (obligatoire pour les artisans) et je continue de rencontrer ma conseillère régulièrement pour lui poser toutes les questions relatives à la gestion administrative de mon entreprise.
J’ai la double immatriculation ( CCI pour le blog et CMA pour les chocolats)

2ème étape : prendre son temps ! Avant de vous lancer, assurez-vous d’avoir toutes les clés en main ! Réfléchissez bien à la date de début de votre activité car celle-ci déterminera également les dates auxquelles vous devrez faire vos déclarations etc etc…
Renseignez-vous également sur les obligations relatives à votre secteur d’activités. C’est toujours mieux que de se rendre compte après coup que l’on devait se munir d’une assurance précise ou d’un diplôme obligatoire. Au départ j’ai cru que pour créer et vendre des chocolats il fallait obligatoirement être titulaire du CAP chocolatier… ce qui n’est pas le cas ! Autant vous dire que si j’avais dû passer le CAP l’histoire n’aurait pas été du tout la même !

3ème étape : vous créer des rappels ! J’ai bêtement cru (car on me l’avait dit !) que j’allais recevoir des courriers, des relances qui me diraient quoi et quand faire. C’est tout l’inverse ! Vous êtes seul(e)s face à la gestion administrative de votre entreprise car rares sont les micro entrepreneurs à avoir un comptable ! J’ai failli me faire avoir et j’ai fait ma première déclaration au SSI au tout tout dernier moment (j’ai eu très chaud !)
L’aspect administratif est probablement le plus flou de tout cela. Certes le statut de micro-entreprise est moins contraignant que les autres formes juridiques mais il faut être très consciencieux pour réussir à la gérer. Les informations sont extrêmement difficiles à trouver et même les organismes s’emmêlent les pinceaux (la CMA m’a dit que je recevrais un courrier pour faire ma première déclaration et la CCI le contraire)
Je peux vous dire que cette gestion est l’un des gros points noirs de ma situation, principalement parce que je travaille à côté et que gérer une entreprise, même à petite échelle demande du temps et une sacrée organisation !

Je ne dis évidemment pas ça pour vous décourager mais pour que vous soyez armés face à ce qui peut vous attendre !
Ceci dit, n’ayez pas peur car une fois que l’on a compris comment ça fonctionne et surtout que l’on a trouvé les bons interlocuteurs ça roule !

Little Piece…

Ainsi ma micro entreprise a vu le jour le 7 octobre 2017 après 6 mois à peaufiner le projet. Rien que de l’écrire ici me rend extrêmement fière du chemin parcouru.
Mon objectif : créer et vendre des chocolats faits maison, en chocolat noir bio exclusivement, à l’image de ce que je fais ici : des choses simples, à la fois gourmandes et saines, réalisées avec amour.
J’ai d’abord testé mes recettes sur mes proches, puis mes collègues et cela m’a convaincue que j’étais sur le bon chemin.
Je me suis lancée à Noël. Période parfaite pour manger du chocolat !
Mon premier marché de Noël a été un bide. Seul(e)s mes amies se sont déplacés (la faute à l’emplacement plus que nul du dit marché) mais j’étais aux anges, je me sentais à ma place, heureuse comme tout. Je me suis même dit que ce goût du commerce ne me tombait pas dessus par hasard ! Mes grands parents étaient commerçants et j’ai passé de très bons moments, petite fille, dans leur magasin.
Le second marché s’est mieux déroulé et les retours ont été très positifs.
J’ai eu quelques commandes pour Noël, pour Pâques et la Saint Valentin… autant que j’ai pu en tentant de concilier mon travail, ma vie de famille et tout le reste.
Je n’avais pas du tout fait de prévisions sur le développement ou non de cette activité. Je ne m’étais pas non plus posé la question de savoir si faire du chocolat pouvait être une activité à temps partiel. Et si les propositions se sont mises à tomber très rapidement, bien plus que je ne l’aurait imaginé ! Des propositions sur le long terme, avec des échéances mensuelles et une charge de travail considérable !
Au bout de seulement six mois je me suis rendue compte que j’avais largement sous évalué les contraintes.

Tout cela m’a fait réaliser que ces 6 derniers mois avaient été rudes, vraiment rudes. J’en ressors totalement épuisée.
Ces 6 derniers mois entre mon boulot, le blog et les chocolats, c’est à peine si j’ai eu une journée de repos mensuelle… Loin d’être assez pour décompresser, déconnecter.
Moi qui passe mon temps à réclamer du temps, du temps pour moi, du temps pour les autres, du temps pour souffler, je me suis moi-même embarquée dans un rythme infernal entre mon boulot qui m’occupe déjà bien plus que 35h semaine et une activité qui m’a pris le peu de temps libre qu’il me restait… Super cohérente n’est-ce pas ?!
J’ai le sentiment d’avoir négligé ma famille, mes amies, mon propre bien-être, de m’être perdue quelque part.
D’autant qu’au moment de faire ma première déclaration de chiffre d’affaires, le coup a été rude à encaisser… je suis déficitaire.
Je n’ai en gros rien gagner, je dois même de l’argent ! Mes comptes sont en négatifs ! Vive les cotisations, les impôts et j’en passe et des meilleures !
Tout cela est normal, je le sais bien. Il est rare qu’un indépendant gagne sa vie les premières années. Il y a les investissements…
Je sais aussi que se mettre à son compte demande deux fois plus de travail qu’un poste fixe. Je le sais tout ça.
Je m’attendais à ce que ce ne soit pas “simple” mais cela m’a fait me poser énormément de question sur le bien fondé de tout cette aventure.

Et si je m’étais trompée ?

J’ai donc décidé de cesser mon activité de création de chocolats.
Je crois que je me suis lourdement trompée sur ce que je voulais et sur ce dont j’avais réellement besoin.
J’ai cru que je devais changer d’emploi pour aller mieux, j’ai cru qu’en me plongeant à corps perdu dans un tout autre projet et en tentant d’allier les deux j’allais me (re)trouver.
C’est tout l’inverse ou presque qui s’est produit.
C’est vrai, donner vie à ce projet est l’une des plus belles expériences que j’ai vécu dans ma vie. La plus instructive en tout cas. Cela m’a apporté énormément,  à bien des niveaux.
Mais il faut se rendre à l’évidence : le métier de chocolatier même à petite échelle demande de s’y consacrer à temps plein.
Pour répondre aux sollicitations que j’ai reçues il aurait fallu investir financièrement, trouver un local technique aux normes, et surtout, surtout quitter au moins en partie mon emploi actuel, mais sans aucune garantie de résultat. Bref prendre un risque. Alors je ne dis pas, si j’avais 20 ans, que j’étais célibataire et sans enfant peut-être que j’aurais fait le grand saut mais… j’ai 37 ans, je suis maman d’un ado qui dans moins d’un an se dirigera vers des études supérieures (enfin s’il a son bac ah ah ah), une vie de famille, des projets…
Ce risque qui est avant tout financier je refuse de le prendre. Je re-fuse.
Ça a d’ailleurs été mon leitmotiv depuis le départ de cette aventure, ne pas mettre en danger ma vie de famille. Ne pas perdre ce que l’on a bâti.
C’est ma décision, je ne le fais pour personne, je fais ce choix en parfait accord avec moi-même. Parce que je me suis rendue compte que derrière tout ça il y avait un autre projet, un projet plus grand, un projet de couple, un projet de vie, de famille et que je ne pouvais pas, physiquement et moralement, courir plusieurs lièvres à la fois.
Je ne le veux pas, c’est aussi simple que ça.
Et comme j’ai décidé de m’écouter cette année, m’écouter vraiment, et bien si je ne veux pas, je ne fais pas. Voilà.
Ma priorité est et sera toujours mon fils. A un an du bac et d’un choix d’études que je vais devoir financer (je ne sais pas encore comment d’ailleurs mouahahaha) je ne peux pas et ne veux pas nous mettre dans une situation financière précaire.

Je vous avoue que j’ai passé quelques jours très difficiles à peser le pour et le contre, à me juger très sévèrement et à culpabiliser, mais depuis que j’ai pris la décision de ne pas continuer je revis ! Je me sens soulagée, comme allégée d’un poids.

J’ai le droit de me tromper

Je ne vois pas du tout cela comme un échec, au contraire !

Je me suis aussi rendue compte que le burn out était passé, parce que j’ai fait un très gros travail sur moi, que j’essaie de ne plus me laisser bouffer par le stress, que j’essaie d’écouter mes besoins, de prendre les choses moins à coeur au boulot. Je me sens mieux, vraiment mieux.
Mon boulot reste ce qu’il est, il me demande toujours autant de disponibilité comme le prouve mon compteur d’heures supplémentaires, je suis toujours sous payée, et il y a toujours des choses qui m’agacent profondément…mais il y a aussi de bons cotés ; je suis à 10 min à pied de chez moi, je peux rentrer déjeuner à la maison, j’ai des collègues avec qui pour la plupart je m’entends bien, je suis reconnue pour ce que je fais (même si cela ne se voit pas sur ma fiche de paye ah ah ah) et surtout je me rends au bureau la plupart du temps avec le sourire.

J’ai surtout pris conscience que mon travail ne définit pas qui je suis ! Je serais peut-être fonctionnaire territoriale toute ma vie, je gagnerais probablement à peine plus que le SMIC jusqu’à la retraite, et je finirais peut-être ma carrière là où je l’ai débutée et… et cela n’a aucune importance !
Je ne suis pas mon boulot !
Je suis Mélanie, je suis maman, je suis amie, je suis chérie, je suis fille, belle-fille, collègue, yoggi, blogueuse, curieuse, têtue, entière, nébuleuse, hyperémotive, gourmande à l’excès…
Tout ça et tant d’autres choses.
Mon boulot me permet de payer les factures, de nourrir et d’élever mon fils, d’avoir un toit au dessus de nos têtes, de vivre…
Que demander de plus ? Rien, je n’ai besoin de rien de plus… en tout cas rien de primordial.

Bien sûr j’espère voir mes projets se réaliser; me rapprocher de ma famille, vivre à la campagne, plus près de la nature, avoir un potager et un verger, vivre différemment mais rien ne presse, ce que j’ai aujourd’hui me suffit. La reste viendra, je le sais, au moment voulu.
Tout ce que je vivais comme une contrainte je le choisit aujourd’hui en toute conscience et avec bienveillance. Je me sens chanceuse et tellement mais tellement plus sereine.

Évidemment certains se diront que j’aurais dû prévoir tout cela, réfléchir un peu plus avant de me lancer mais je crois sincèrement qu’il fallait que j’aille au bout de mon idée, au bout de ce projet pour en réaliser la portée. Les business plans, les études de marché… tout cela est bien beau et indispensable, je ne dis pas le contraire MAIS rien ne vaut le vécu. Et j’ai besoin de vivre les choses, de me confronter au concret pour les comprendre pleinement. C’est ma façon d’être et je crains que l’on ne puisse me changer là dessus.
Au final, qu’est-ce que j’ai perdu ? un peu d’argent bon… et alors ? Ce que j’ai gagné en contrepartie est tellement plus important.
Je me suis prouvé à moi-même que je suis capable, que je suis douée pour plein de choses, que je suis courageuse, volontaire, créative, que même avec une forte dyscalculie je peux commercer (avec l’aide de mon amoureux pour les tableaux excel quand même ^_^), bref que j’ai de la valeur.

Je continuerai à fabriquer des chocolats pour celles et ceux qui les aiment mais sans les commercialiser, je vais continuer à blogger comme je le fais parce que c’est ce qui me fait vibrer tout en travaillant pour le service-public et laisser la vie suivre son cours…

Félicitations à vous qui êtes arrivés au bout de ce pavé et surtout merci de m’avoir lue vous raconter ma vie 🙂
S’il vous reste un peu de courage n’hésitez pas à me faire part de votre propre expérience ou de celles de vos proches s’ils ont eux aussi vécu ce type de remise en question.

Je vous embrasse.

***

S’affirmer, en premier lieu, est dire « oui » à ce que l’on est. S’affirmer, c’est oser marcher dans une direction qu’on peut être le seul à suivre, sans attendre les encouragements des uns, ni craindre les railleries des autres.

S’affirmer, c’est ne plus s’identifier à une communauté, un travail, une opinion politique, une nation, une religion, ni à ceux, non plus, qui, d’une seule voix, disent être sortis du troupeau.

S’affirmer, c’est transcender la peur de l’inconnu pour embrasser tout le champ des possibles. »

Gregory Mutombo

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8 thoughts on “Bilan de 6 mois d’auto-entreprenariat”

  • Très belle article. Je suis tout à fait d’accord avec toi : tu peux être fière d’avoir tenté le coup, d’avoir essayé, et surtout d’avoir osé dire stop parce que finalement non. Je me pose les mêmes questions, par rapport à mon emploi, qui est parfois épuisant, parce que j’aime le travail bien fait et m’investir. Mais rien de ce que j’ai essayé (que ce soit au travers de formations à mon compte, ou bénévolat), ne m’ont convenu. Donc dans le doute, je surfe sur l’équilibre que j’ai maintenant en me disant que plus tard, je verrai bien 😉 Mais je n’en suis clairement pas au stade d’épuisement que tu as vécu, plutôt une insatisfaction

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  • Il y a des gens qui passent leur vie à dire “si j avais su… si j’avais eu le courage….”
    Toi tu as eu le courage et tu sais.
    Tu peux être fière de toi car tu as tellement gagné en allant voir au bout de ton rêve.

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  • Bonjour Mélanie.
    J’ai tout lu. Et j’avoue me retrouver un peu en toi.
    Pour être brève 2015 je travailler en usine en cdi un boulot qui ne me plaisait pas plus que ca.
    Un jour je part dans le sud en vacance et je visite une nougaterie… c’est la révélation. Je veux devenir nougatière. Je ne dis rien à personne et commence à fabriquer du nougat à toute les sauces.Je fait comme toi. Tout le monde me dis c’est très bon.
    Toute fois je rencontre des problèmes au niveau de la tenue il a tendance à être beaucoup trop mou.
    Je décide de prendre contact avec le nougatier et lui demande de me former.
    Je lui explique que je veux creer le concept d’un nougat Auvergnat.
    Après deux jours à fabriquer avec lui je repart conquise avec toute les adresses des fournisseurs.
    Après comme tu explique je suis aller à la chambre des métiers.
    Un accueil très enthousiaste. Elle deviendra plus qu une conseillère.
    Après la formation obligatoire je fait mon premier marché le 4 février 2017.
    Comme toi mes amis la famille achète beaucoup.
    Je fait un marché de noël tout le monde me dis que je suis folle 650€ pour 3 semaines.
    Mais personne ne pensait un tel succès. Je fabrique tout les jours dans mo. Chalet en bois et sort avec ma gamelle de nougat tout chaud. Tantôt caramel beurre salé. Tantôt menthe chocolat etc. Ça plait c’est artisanal. Les gens me voient le préparer et sa donne envie.
    Bilan très positif.
    Janvier je démarche une biscuiterie très réputé.
    Par la suite il me passera une grosse commande.
    Je poursuit mon petit chemin. Certe trop tôt pour me verser un salaire.
    Pendant plusieurs mois je cumul mes deux boulot trop fatigant alors en septembre je décide de faire une rupture conventionnelle.
    Je ne me verse pas de salaire mais j’ai heureusement le complément pole emploi.
    Aujouŕdhui je suis épanouie.
    Je fait ce que j’aime.
    Mais dans ton histoire il est vrai que la compta et tout le taf que ça représente est énorme. Vivement que je fasse un bon CA pour me payer un contable ha ha.
    Je suis heureuse pour toi que tu ai tenté cette expérience qui n’ai pas un échec. Déjà bravo d’avoir essayé et qui sait de quoi est fait l’avenir.
    Sache que si tu passe en Auvergne je serais ravis de te rencontrer. Bonne route à toi. Et merci car ton texte pourra sûrement aider beaucoup de gens.
    Le partage est pour moi un bel transmission.
    Amicalement une petite nougatière

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  • Wahou Mélanie quel article… et que d’émotions !
    Je passe de l’exciation à la tendresse en passant par le retour sur Terre.

    C’est beau de voir tout ce que tu as traversé et que malgré tout tu gardes la tête haute avec une incroybale prise de recul. Et puis cela fait du bien de lire qu’il est possible de ne pas réussir pour la société tout en étant fière de soi et se sentir accomplie.
    Tu m’impressionnes énormément et je suis admirative de cette belle aventure.
    Un immense bravo pour avoir oser tout comme pour avoir eu le courage de t’arrêter <3

    Bisous,
    Pêche

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  • J’ai lu il y a quelques temps une citation de je ne sais pas qui, disant, en gros (attention c’est du précis!) : abandonner n’est pas manquer de courage, manquer de courage, c’est quand on n’essaye pas. Tu as bien fait d’essayer, car comme tu le dis, tu en tires énormément de positif. De toute façon, l’expérience n’est jamais un truc négatif dans la vie, ça sert toujours à quelque chose. Ce qui aurait été dommage, ç’aurait été de te demander toute ta vie, si tu ne l’avais pas fait “et si j’avais fait ça, peut être que”. Comme tu le dis, ça t’a aidé à revoir tes priorités et rien que pour ça, ça valait la peine. Je suis admirative de ton parcours depuis toujours

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  • Je viens seulement de voir ton article ! Et bien Bravo à toi, tu as au moins tenté. Et comme tu le dis, tu as appris de nombreuses choses. Je pense également que tu as besoin de souffler un peu ma petite Mélanie !! Ne serais-tu pas hyperactive pour faire tout cela ? 😉
    Héhé mais je te comprends :-p J’ai l’impression d’être un peu comme toi. Je suis en plus de mon boulot et du blog, community manager bénévole pour une association 😉 Prends soin de toi :-*

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