{Théâtre} Le retour au désert par la Cie de St Étienne

{Théâtre} Le retour au désert par la Cie de St Étienne

Une salle de spectacle vient d’ouvrir ses portes à quelques pas de chez moi. Une véritable aubaine ! Car si nous faisons pas mal de concerts, nous aimons aussi beaucoup de le théâtre, du moins, je suis assez curieuse pour m’y intéresser et avoir la chance de pouvoir y aller, en pleine semaine, sans faire des kilomètres nous ouvrira j’en suis certaine de bien nouveaux horizons.
Ce fût d’ailleurs le cas la semaine dernière puisque nous avons assisté, avec grand plaisir, à la toute première pièce jouée dans cette toute nouvelle salle; Le retour au désert par la Cie de St Étienne.
Une pièce audacieuse pour un lancement et qui je l’espère n’est que le prémisse d’une programmation éclectique et d’une fréquentation à sa juste valeur.

Dans une petite ville de province du début des années 1960, en apparence paisible, une femme rentre d’Algérie avec ses deux enfants pour s’installer dans la maison familiale où réside son frère. Le caractère entier et sans compromis de Mathilde va alors vite trancher avec l’évidente notabilité autoritaire d’Adrien, propriétaire d’usine. Mathilde semble fuir ce qu’on appelle alors les événements d’Algérie et vient récupérer son dû : la moitié des biens familiaux détenus par son frère. Elle fera rapidement voler en éclat les faux semblants d’ordre et de paix et va réveiller dans ce « désert » les secrets et les non-dits de cette petite communauté provinciale.

Cette pièce écrit en 1988 par Bernard-Marie Koltès pour le duo d’acteurs Jacqueline Maillan et Michel Piccoli fût jouée au Théâtre du Rond Point. Elle est aujourd’hui remise en scène et adaptée par Arnaud Meunier.
Je suis sortie de salle sans savoir quoi en penser, et relativement endormie après plus de 2h de spectacle (et des semaines de boulot épuisantes).
Il m’a fallu quelques jours, quelques discussions pour me faire ma propre idée.
Il est vrai, je m’attendais à une pièce qui parle de la guerre d’Algérie, vraiment de la guerre d’Algérie. Et je n’en ai pas trouvé de réelles notions, à pas évidemment la scène dans laquelle Aziz parle de sa double nationalité. Non cette pièce ne parle pas réellement de la guerre d’Algérie, cette guerre ne sert que de légère trame de fond à une comédie satirique sur la famille et la province. Les histoires d’héritage, de vieilles rancoeurs et de rivalité entre frère et soeur. Il semblerait que le metteur en scène ai souhaité que la violence entre les personnages évoquent la guerre entre les deux camps français et algériens mais sans jamais les nommés. Et dans ce sens c’est réussi. Certaines longueurs viennent pourtant alourdir la pièce et j’ai parfois complètement décroché. A l’inverse certains dialogues m’ont particulièrement plu (sur le sommeil, l’humanité…). Certaines scènes semblent totalement incompréhensibles tandis que d’autres semblent comme évidentes.
Le décor est superbe et la mise en scène très bien pensée même si j’ai regretté ne pas comprendre les phrases en arabe qui apparaissent tout au long de la pièce (il s’agit enfait des 5 prières qui marque la fin du ramadan).
J’ai adoré  Catherine Hiegel qui joue à merveille et étonnée de retrouver quelques uns des comédiens vus dans Les chapitres de la chute l’an dernier (une pièce signée Arnaud Meunier également).
Une comédie féroce qu’il faut prendre le temps d’apprécier à sa juste valeur. A chacun d’en juger selon sa sensibilité.

Avec : Catherine Hiegel, Didier Bezace, René Turquois, Nathalie Matter, Cédric Veschambre, Elisabeth Doll, Isabelle Sadoyan, Kheireddine Lardjam, Adama Diop, Riad Gahmi, Louis Bonnet, Stéphane Piveteau, Philippe Durand

Le texte est édité aux Éditions de Minuit (1988)

Durée 2h00 environ

 

Prochaines dates :

Les 15 et 16 décembre 2015 au Théâtre de St Quentin en Yvelines

Du 21 au 31 décembre 2016 au Théâtre de la villeParis 04

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