J’ai cet article dans la tête depuis des mois sans arriver à me décider à coucher les mots sur le clavier. Et si je le fais désormais, c’est parce que, parfois, avoir un blog est un bon exutoire et coucher les mots par écrit a un effet salvateur.
Ce sur quoi je vais me confier à vous aujourd’hui c’est : mon boulot !
Car ma vie professionnelle est probablement le point de ma vie sur lequel je suis le moins en accord, qui me cause le plus de doutes et de désarroi et j’avais envie de partager mon expérience, mes réflexions sur ce sujet avec vous.
A cette question : Et toi qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? Je n’ai jamais vraiment su répondre.

Mais au fait c’est quoi mon job ?

Si vous me rencontrez aujourd’hui et me demandez ce que je fais dans la vie, la première réponse qui me vient en tête c’est : Je travaille dans une mairie.
On est d’accord, ça ne veut pas dire grand chose.
D’autant que pour beaucoup, « travailler dans une mairie » est synonyme de fainéantise, de journées à boire des cafés avec ses collègues en se moquant de ces pauvres employés du privé qui croulent sous les dossiers et en se demandant quand est-ce que l’on va bien pouvoir faire notre prochaine grève parce qu’il n’y a plus de sucre dans le placard de la cuisine.
Je caricature mais on en entend des vertes et des pas mûres sur les fonctionnaires et croyez-moi elles sont loin d’être représentatives de la réalité. Il y a dans les entreprises comme dans les collectivités locales des gens qui bossent et des gens qui glandent.
Bref… si je vous dis que je bosse dans une mairie, ça ne vous dira rien (à moins d’y travailler vous aussi) et si en plus je vous dis que je n’ai ni fiche ni intitulé de poste, vous comprendrez mieux encore ma difficulté à vous expliquer ce à quoi je passe mes journées.

Plusieurs d’entre vous, d’ailleurs, m’ont posé la question, ne comprenant pas trop pourquoi un coup je parlais d’enfants, puis de transports, de l’autre pourquoi je bosse certains week-ends et jours fériés etc. etc…

Une vocation, quelle vocation ?

Comme beaucoup d’entre vous, j’en suis certaine, ma vie professionnelle n’a jamais été une évidence. Au lycée lors des choix d’orientation j’étais complètement désemparée. Et c’est grâce à l’aide d’une conseillère d’orientation que j’ai finalement choisi la filière dans laquelle j’ai passé mon BAC pourtant loin de mes rêves de petites filles.
J’avoue, j’admire celles et ceux qui ont toujours su ce qu’ils voulaient faire et surtout, y sont parvenus.

Moi, lorsque j’étais enfant,  je voulais devenir psychologue ! Comme beaucoup je reproduisais le milieu socioprofessionnel dans lequel je grandissais. J’ai grandi avec une maman éducatrice spécialisée et un beau papa psychologue… forcément….
Seulement, arrivée au Lycée, je me suis complètement désintéressée des études. Mes grands projets de Bac L et de cursus en psycho m’ont semblé une montagne que je ne parviendrais pas à gravir. Non par manque de capacité (j’ai fait la quasi totalité de ma scolarité avec les compliments ou les félicitations) mais parce que je voulais aller vite, très vite. Je voulais être adulte, indépendante, avoir mon appart, mes propres revenus et… devenir maman.
Je sais, vu d’ici cela parait complètement idiot, dommageable, du gâchis et j’en passe…mais merci de faire preuve de tolérance, chacun fait des choix, à chacun de les assumer. J’assume pleinement les miens et ne les regrette nullement.
Et puis, quand je vois autour de moi, tous ces exemples de femmes qui ont réussi sans forcément avoir un schéma de vie « classique » je me dis pourquoi pas moi ?
Je pense notamment à l’une de mes collègues, qui a eu son 1er enfant à 20 ans, comme moi, qui a débuté tout en bas de l’échelle, comme moi et qui aujourd’hui est Directrice d’une bibliothèque. What Else ?!

Ma mère, elle, me rêvait dans de très longues études et peut-être ai-je voulu aussi me rebeller contre elle en arrêtant tout.
Oui, car après le bac (obtenu avec mention) j’ai tout arrêté. Je suis allée passer le concours d’admission aux écoles d’Éducatrice de Jeunes Enfants (car de psychologue mon projet s’était affiné vers ce choix) les mains dans les poches, sans avoir ouvert le moindre bouquin, juste histoire de ne pas décevoir ma famille totalement, histoire de leur faire croire que j’avais « essayé » mais au fond de moi le choix était fait depuis longtemps. J’ai tout arrêté.
A cette époque-là, il était encore possible avec un peu de volonté, de décrocher un job avec simplement le Bac en poche. J’avais déjà quelques années d’expérience dans l’animation en centre de loisirs, mon avenir ne m’inquiétait absolument pas.
A cette époque j’ai réalisé mon rêve, je me suis « sauvée » à plus de 900 km du cocon familial, dans un petit village perdu au fin fond de l’Ariège et j’ai fait ce que mon corps et mon cœur me réclamait depuis déjà longtemps, un bébé. Le plus beau et important projet de toute ma vie, voulu du plus profond de mes tripes, sans aucun regret à aucun moment. Être maman jeune, c’était un choix, j’étais prête, à tous points de vue.
J’ai probablement fait les choses à l’envers vu de l’extérieur, mon choix peut sembler complètement irraisonné mais s’il y a bien quelque chose que je ne suis pas, c’est inconsciente. Je suis quelqu’un de réfléchi, qui pèse le pour et le contre avant de prendre des décisions.
Je vivais à l’époque avec le père de mon fils, un peu plus âgé que moi, il avait un métier stable, nous avions des revenus, nous avions un toit, mon fils n’a jamais manqué de rien.
C’est lorsque la séparation a eu lieu que les choses se sont en quelque sorte accélérées car élever seule un enfant c’est avant tout avoir un revenu !

Travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?

Et c’est là que la fameuse question  » Qu’est-ce que tu veux faire ?  » est revenue sur le tapis !
Et toujours pas de réponse en vue…
Ma chance ? connaitre les filières de l’orientation professionnelle grâce au travail de ma mère et avoir accès aux emplois aidés (Emploi Jeune à l’époque) compte tenu de mon âge (21 ans).
Voilà comment je me suis retrouvée employée dans une mairie, moi qui ne connaissais absolument rien au fonctionnement de l’administration française.
Cet emploi jeune même s’il n’a pas été simple tous les jours (coucou le chef complètement barge et inhumain qui ne s’occupait pas du tout de moi alors qu’il était censé être mon formateur !!!!) m’a permis de me former à un métier. A deux métiers même : webmaster et médiatrice d’Internet.
Vous ne savez pas ce que cela veut dire ? Ne vous en faites pas, c’est normal. Ça ne veut pas dire grand chose ! En gros, cela englobe la mise à jour de sites Internet, l’animation d’Espaces Numériques et la formation à Internet et aux technologies associées à tout public (du bout de chou à la mamie).
Faisant partie du service communication de la mairie dans laquelle je travaillais (et travaille toujours), j’ai aussi été amenée à travailler en collaboration avec le Chargé de Communication et à l’assister dans ses tâches.
Je me suis battue pendant les 5 années qu’a duré cet emploi jeune pour reprendre des études en parallèle et être titularisée fonctionnaire territoriale.
J’ai ainsi passé un Diplôme Universitaire à distance que j’ai obtenu avec mention et j’ai préparé une Licence professionnelle que je n’ai malheureusement pas pu valider pour des raisons techniques indépendantes de ma volonté.

Je sais ce que vous vous dites, comme ça sur le papier (ok l’écran) cela semble plutôt pas mal comme boulot… sauf que j’y ai consacré 10 ans et que malheureusement j’avais un chef tortionnaire qui m’a volontairement mise de côté, mise au placard comme on dit, qui m’a démotivée, laissé penser que je ne valais rien, qui a bloqué toutes mes tentatives d’évoluer, de me former.
Pourquoi je n’ai pas changé ? Parce que ma priorité c’était mon fils et durant toute sa petite enfance je n’avais que 2 priorités : avoir un revenu me permettant de l’élever et un emploi du temps et une proximité géographique me permettant de m’occuper de lui pleinement. Pouvoir débarquer chez la nounou au moindre souci (mon fils a eu pas mal de gros soucis digestifs étant petit et il était régulier que sa nounou m’appelle à l’aide tant il souffrait et me réclamait plusieurs fois dans la journée), aller le chercher pas trop tard, l’emmener à l’école le matin….le reste je m’en foutais !
Peu importe d’avoir un chef qui m’a mise au placard, un job qui ne me donnait vraiment pas envie de me lever le matin… mon fils était heureux et c’est tout ce qui comptait.

Mais désormais il est grand mon bébé et bientôt autonome et je crois que le temps est venu pour moi de penser à moi, y compris professionnellement parlant.
Il y a un peu plus de deux ans, un évènement auquel je ne m’attendais absolument pas est venu bousculer l’ordre établi, pour mon plus grand soulagement.
On m’a alors proposé de remplacer une collègue absente de longue durée sur un poste n’ayant plus rien à voir avec la communication ou Internet…j’ai nommé l’Enfance !

Retour à mes premiers amours !

Tiens, tiens… l’Enfance… ce à quoi j’aspirais lorsque j’étais ado !
Et surtout, pour la première fois depuis que je suis entrée dans cette collectivité je me suis sentie considérée. On reconnaissait enfin que j’avais des compétences, que je pouvais prendre des initiatives et on me demandait d’être force de proposition. Cela m’a donné des ailes, un élan fou et je me suis investie à 200% sur ce nouveau poste.
C’était il y a 2 ans et demi, et le souci, c’est que j’ai tellement montré que j’en voulais qu’aujourd’hui je croule sous les dossiers qui n’ont rien à voir les uns avec les autres et cela part dans tous les sens. Sans fiche de poste il m’est impossible de recadrer mes responsables lorsqu’ils me demandent de m’occuper d’un dossier qui n’a rien à voir avec mon poste.

Comme je le disais au début, si vous me demandiez ce que je fais dans la vie je serais bien incapable de vous le dire, encore aujourd’hui !
Mon poste se compose à la louche de 60% d’administratif et 40% d’animation on va dire. Je passe du coq à l’âne toutes les 5 minutes, je travaille certains soirs et de plus en plus les week-ends et les jours fériés en heures supplémentaires. Bien souvent je ne sais plus où donner de la tête et je m’épuise.
Car ce rythme ne me permet pas de pouvoir gérer les dossiers pleinement, en prenant le temps nécessaire, tout se fait dans l’urgence et contrairement à ce que j’avais cru au début je ne dois surtout prendre aucune initiative. Je dois attendre sagement que l’on me dise quoi faire et parfois, comme on ne me dit rien je suis coincée. Ah les joies de la politique…. Car oui, travailler dans une mairie c’est avant tout devoir s’adapter à la politique menée par l’équipe municipale et croyez-moi c’est loin d’être rose tous les jours !
Travailler avec des enfants représente également une fatigue nerveuse que l’on sous-estime et croyez-moi, je tire mon chapeau aux institutrices. Je suis entourée d’enfants tous les après-midis et croyez-moi, c’est éreintant. Pourtant je les aime, vraiment, et le fait que mon fils soit grand m’apporte une expérience face aux plus jeunes mais ils m’épuisent, ils me prennent toute mon énergie.

Ma vie personnelle en pâtit et mon bien-être encore plus car j’ai très souvent le sentiment de n’avoir le temps de rien, il y a des périodes où je ne suis quasiment jamais chez moi ou en coup de vent…
Bref j’oscille sans cesse entre stress et lassitude. Mais le stress prend le dessus et manque de bol, on m’en rajoute, encore et encore…
Si certains pensent que les fonctionnaires n’en foutent pas une, vraiment je les invite à venir travailler dans une mairie pendant une semaine ou un mois et on en reparlera.

Quand le corps et la tête disent pause

Bref aujourd’hui, à 35 ans, je me retrouve épuisée, lessivée par un job que je n’ai encore une fois pas choisi et je me pose énormément de questions sur mon avenir. Je n’en suis pas au Burn Out, loin de là, bien heureusement, car je suis quelqu’un qui prend grand soin de son bien-être en essayant d’équilibrer les moments de repos avec les sorties, les amis, la famille…Il y a des fois où c’est plus difficile évidemment comme pour tout le monde (vous avez remarqué comme bien souvent TOUT arrive en même temps ?). Il n’y a pas si longtemps que ça, j’ai préféré refuser une invitation chez mon meilleur pote pour pouvoir avoir une journée, une seule, tranquille, chez moi. Parce que j’en ressentais le besoin.
Évidemment aussi je suis loin, très très très loin d’être à plaindre compte tenu des courbes du chômage. J’ai un boulot !
Mais depuis l’été dernier c’est flagrant, à chaques vacances scolaires j’arrive quasiment au point de non retour, dans un état de fatigue physique et nerveuse difficile à gérer et plus d’une fois je me suis retrouvée en larmes au moment de partir bosser un énième samedi ou un énième dimanche après une semaine déjà plus que remplie. Pas parce que je n’aime pas ce que je fais (il y a des jours avec et des jours sans c’est certain) mais parce que le rythme qui m’est imposé m’épuise.
C’est évidemment question de tempérament, de gestion du stress, de personnalité… certain(e)s ont très probablement des emplois du temps bien plus chargés que le mien et le vivent très bien. La question n’est pas de comparer mais bien de ressenti personnel.
Moi, j’ai besoin d’énormément de sommeil, de moment de repos réguliers, de moments de solitude pour me sentir bien. Passer ma vie au boulot, avoir des responsabilités, un plan de carrière, des heures à rallonge, un trajet et des horaires à n’en plus finir ce n’est pas fait pour moi. Ma vie personnelle a toujours été ma priorité.
La solution serait évidemment de travailler à temps partiel mais financièrement c’est tout bonnement impossible, calcul à l’appui ! Et ce malgré le fait que nous fassions déjà très attention à nos dépenses.

Le temps du changement ?

L’été dernier j’ai donc débuté une réelle introspection sur ce que représente pour moi mon travail, ce que je veux, ce que je ne veux pas.
La première de mes conclusions est que je n’ai pas à me plaindre. Vraiment.
Déjà j’ai un boulot, et un salaire qui tombe tous les mois et c’est un luxe que beaucoup de chômeurs aimeraient avoir de nos jours.
Ensuite, mon poste aussi foutraque soit-il est tout de même relativement gratifiant et intéressant. Ok il y a des fois où vraiment ils me font tous méga chier mais là aussi, cela pourrait être bien pire !
Je travaille à 10 minutes à pied de chez moi, ça aussi, c’est un luxe inouï.
Je ne suis donc absolument pas à plaindre mais après bientôt 14 ans dans cet environnement je ressens aujourd’hui l’envie d’évoluer.

Évoluer oui, mais comment ?

J’ai commencé à regarder les offres d’emploi il y a plusieurs mois. Je me suis jetée à l’eau sans trop prendre le temps de la réflexion et j’ai postulé pour 3 offres hors fonction publique (dans le privé quoi) et paf 3 cv envoyés, 3 entretiens. Cela n’a rien donné de plus compte tenu de ma non disponibilité immédiate mais cela m’a fait un bien fou. Oui j’ai des compétences, oui je peux me « vendre » !
Du coup, à la rentrée scolaire, j’ai multiplié les envois de CV mais dans la fonction publique cette fois et là… grosse claque, zéro réponse !
De quoi se poser de sacrées questions…
Ne serait-je pas faite pour l’administration ? (j’avoue ça me donne de l’urticaire ce fonctionnement tellement protocolaire, moi qui ne le suis absolument pas)

C’est en discutant régulièrement de tout cela avec un proche et avec mon amoureux (qui est d’un soutien sans faille) que je me suis dis que ce serait bête de quitter la Fonction Publique.
Je suis mal payée, c’est certain (regardez les salaires des catégorie C, on est pas loin du SMIC !) c’est une usine à gaz, je le reconnais, mais j’ai un boulot stable et ça c’est très important pour moi. J’ai un enfant à élever, ses études à financer dans quelques années seulement, son permis aussi… un crédit immobilier désormais…je ne peux pas prendre le risque de tenter ma chance dans le privé.
J’avoue que mon rêve en réalité est très éloigné de tout ça et j’admire infiniment celles et ceux qui parviennent à tout plaquer pour aller vivre de leur passion, de leurs envies, quel qu’elles soient. Je ne crois pas avoir encore assez de courage pour cela.

J’ai donc décidé de rester fonctionnaire mais après 10 ans sans rien demander à mon administration il est grand temps que je pense à moi.
J’ai donc décidé de passer quelques concours, histoire de tenter de ne pas rester figée. Devenir enfin maitre de la situation.
Prendre en main ma carrière (argh que je déteste ce mot !!!)

Je réfléchis également à une éventuelle reprise d’études mais là encore ma réflexion sur le sujet n’est pas totalement arrêtée car je n’ai toujours aucune réponse à la question : qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?
J’ai demandé un bilan de compétences, il m’a été refusé. Je n’y aurait droit qu’en 2017.
J’ai fait des demandes de formations, elles ont été acceptées. Manque de bol pas de session cette année. Retour à la case départ !
Bien des domaines m’intéressent… l’environnement et la culture en tête.
Le tout est de trouver comment les intégrer à ma vie professionnelle actuelle ?
Soit en me formant, soit en trouvant une mutation dans un secteur proche et un domaine qui me plaise (c’est pas gagné !)

Je ne baisse pas les bras, c’est MAINTENANT que je dois faire ces démarches. Je garde l’envie, je poursuis mon petit cheminement et je sais que cela portera ses fruits, un jour.

En attendant, me voilà à préparer un concours administratif auquel je ne comprends pas grand chose. J’ai un peu l’impression de revenir 20 ans en arrière dans mes cours d’éducation civique… Que c’était chiant ! Mais c’est un bon exercice. Je me sens maitre du jeu, pour une fois ! Ça fait du bien !

Et vous ? votre vie professionnelle a t-elle été une évidence ? où en êtes-vous aujourd’hui ?
Comment gérez-vous votre vie professionnelle ?

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