Vivre sa meilleure vie

Vivre sa meilleure vie

Vous avez peut-être remarqué combien cette maxime est devenue à la mode. Sur les réseaux sociaux beaucoup affichent « vivre leur meilleure vie ».
Il y a un an tout juste, moi aussi, je rêvais de vivre « ma meilleure vie ». J’étais extrêmement frustrée, insatisfaite par quelques petits points de mon existence et j’étais persuadée que si je les changeais j’arriverais alors à vivre la vie dont je rêve. J’étais focalisée là-dessus sans m’apercevoir que le verre était plus plein que vide.
Un an plus tard, rien n’a changé ou presque, ni mon job, ni mon salaire, ni mon lieu de vie et pourtant, depuis plusieurs semaines (mois ?) je n’arrête pas de réaliser que je suis déjà en train de la vivre cette « meilleure vie » !
J’avais donc envie de partager avec vous mes petites réflexions (tout à fait personnelles) sur le sujet, histoire de faire un bilan de ce qui est aujourd’hui important ou non pour moi. Cet article rejoint ce dont je vous parlais sur les changements que le yoga a apporté à ma vie.
Tout cela est le fruit d’un long cheminement qui a débuté il y a six ans grâce (et non à cause) d’une rupture et qui me semble aujourd’hui avoir totalement porté ses fruits.

Je vous le disais en préambule environ à la même période l’an dernier j’avais un énième coup de blues, conséquence d’une grosse fatigue et d’une certaine insatisfaction. J’en avais même fait un article (pas de bol pour vous, la meilleure des thérapies pour moi c’est d’écrire !) J’ai beau avoir tout ce dont j’ai besoin dans la vie, j’avais, à l’époque le sentiment que ma vie professionnelle me tirait vers le bas. J’étais hyper frustrée par ce que je fais comme job et par le fait de n’en tirer qu’un « faible » revenu, de ne pas me sentir reconnue à ma juste valeur.
Je voyais (et je vois toujours) plusieurs personnes autour de moi envoyer bouler leur travail, avec ou sans indemnités de chômage, faire autre chose ou simplement se donner du temps. Tout en étant très heureuse pour ces personnes qui me sont proches, j’enrageais intérieurement de ne pas pouvoir, moi aussi, avoir accès à cela. Parce qu’en tant que fonctionnaire je n’ai pas droit au chômage, parce que mon fils vient d’entrer dans les études et qu’il faut bien les financer, parce que avec nos deux salaires mon conjoint et moi n’atteignons pas le salaire médian français et que deux revenus nous sont indispensables*. J’étais un peu déstabilisée par ce paradoxe entre vouloir et pouvoir.
Et puis il y a ce projet de déménagement dans l’Ariège qui rythme nos discussions depuis plusieurs années et qui ne se concrétise pas, que l’on remet toujours à plus tard pour tout un tas de raisons. Tout cela me minait et j’avais, à l’époque, le sentiment que rien ne changerait jamais (j’étais très fatiguée à l’époque, ceci expliquant aussi cela ^_^)

Un an après, rien n’a changé. Ni mon job, ni mon salaire, ni mon lieu de vie. Il y a eu des opportunités qui ne se sont pas concrétisées, probablement parce que ce n’était pas le bon moment.Arrive un moment où l’on sait. On sait lorsque l’on doit dire oui ou lorsque l’on doit dire non, sans même avoir réellement besoin d’argumenter. Ce fût le cas à ce moment-là. L’opportunité s’est présentée mais le timing n’était pas le bon. J’aurais pu en ressortir une nouvelle fois frustrée, insatisfaite. Ce fût tout l’inverse. Cela m’a montré que c’était possible, que, quand le moment serait le bon alors tout ou presque se coordonnera.

J’ai pourtant énormément gagné en sérénité.
Pour être heureux, l’être humain n’a à se soucier de rien d’autre au fond que de répondre à ses besoins fondamentaux et aujourd’hui je me sens chanceuse que les miens soient comblés.

Aimer et être aimée

Oui, je sais, cela semble banal dit comme ça. Cet article sera très probablement bourré de ce genre de généralités mais tant pis, je prends le risque. Si aujourd’hui, je peux crier haut et fort que je suis heureuse c’est aussi parce que je vis avec la « bonne personne ». Il y a six ans, après une rupture longue et douloureuse j’ai rencontré celui avec qui je suis aujourd’hui pacsée. Je ne vous referais pas un couplet là-dessus puisque tout est dit ou presque dans cet article. Aujourd’hui encore, lorsque je regarde en arrière je me sens tellement chanceuse de l’avoir rencontré. Lui et pas un autre. Lui qui me fait rire chaque jour, qui m’aide à mieux me connaître sans cesse, qui m’écoute, qui m’aime pour ce que je suis, avec qui il n’est pas nécessaire d’être plus ou moins quelque chose, lui en qui mon fils a toute confiance, lui qui ne se plaint jamais même lorsqu’il m’arrive d’être reloue, lui dont la patience est d’or, lui que j’accepte tel qu’il est. Lui qui m’a prouvé qu’aimer était d’une simplicité enfantine. Lui qui me comprend, me soutient, me supporte, m’apaise et avec qui la vie est si douce.
Je mesure la chance qui est la mienne d’aimer et d’être aimée.

D’autant que je me suis longtemps pensée inapte socialement. Du fait de mon hypersensibilité les rapports sociaux ont toujours revêtus un sentiment de malaise pour moi. Je ne me suis jamais sentie à ma place au sein d’un groupe, jamais à ma place lorsqu’il faut donner son avis, parler devant quelqu’un. Je me suis toujours mise volontairement à l’écart, évitant soigneusement les situation dites « sociales » (la pause café au boulot, les grandes tablées, les évènement durant lesquels j’aurais pu être « dans la lumière »…) Mais voilà, j’ai vieilli, j’ai mûri, j’ai changé. Ce que l’amour (celui que je donne et celui que je reçois) m’a apporté c’est le droit d’être et d’aimer ce que je suis.
Cet amour je l’ai gagné. J’ai travaillé dur pour l’obtenir. Je ne parle pas de l’amour que m’offre mon conjoint. Non je parle de l’amour que je me porte moi-même et qui rejaillit de manière automatique sur les autres.
Depuis quelques années je ne compte plus les fois où l’on m’a dit « Mélanie, tu es radieuse« . J’adore cette phrase. Être radieuse. C’est irradier. C’est propager, partager son bonheur. Et c’est cela. C’est cela que j’ai toujours cherché, imaginé, voulu. Toutes ces années à tenter de m’effacer… Elles n’étaient que le fruit de mon propre mal-être.
Aujourd’hui, grâce à un long travail que j’ai réalisé pour comprendre comment je fonctionne, ce qui est important pour moi, avec les années, avec le yoga, avec l’hypnose, avec l’aide de mon amoureux, avec mon fils, avec mes ami(e)s, j’ai pu révéler qui je suis vraiment. Celle que j’ai toujours été mais qui avait peur de se montrer.
Il y a quelques semaines, j’ai pris conscience de combien aujourd’hui je suis entourée. Je n’ai plus vraiment de famille, ses membres peuvent se compter sur les doigts d’une main mais… je suis entourée. Je suis aimée. Je suis appréciée. C’est même assez fou quand j’y pense. Combien tout a changé.
Tout ce que j’ai toujours fait dans ma vie (devenir maman très jeune, accepter dix années de ballotage amoureux, etc…) n’avait qu’un seul et unique but : donner et recevoir de l’amour. Mon but est aujourd’hui atteint. J’aime et je suis aimée. Vraiment. Pour ce que je suis. Et j’irais même plus loin en reconnaissant que j’accepte aussi de ne pas être aimée, de ne pas faire l’unanimité, de déplaire, et… de m’en foutre 🙂

Le consensus est un but non atteignable

Je suis reconnaissante

Je me réveille chaque jour en me disant que « punaise, j’ai une chance immense !« . Parce que comme je le disais plus haut je suis entourée d’amour mais aussi pour tout un tas de choses dont on ne se rend pas forcément compte si l’on se contente de les prendre pour acquis. Chaque jour, je ne vous mens pas, chaque jour je me réveille et je réalise tout ce pourquoi je peux être reconnaissante.

  • J’ai un toit et en plus ce toit, je l’aime. J’adore ma maison et je m’y sens vraiment bien. Son environnement ne correspond pas exactement à ce que je souhaite mais j’aime ma maison, j’aime y vivre, j’aime ce que nous en avons fait, je me sens fière chaque fois que quelqu’un y entre et dit « oh c’est chaleureux chez vous !« , « c’est super sympa ce que vous avez fait de votre intérieur » ou « on se sent bien chez vous ». C’est une petite maison, elle est bourrée de défaut, elle est loin de ressembler à la « maison de mes rêves » mais c’est MA maison et, vous le savez si vous avez déjà lu cet article, vivre dans une maison, moi qui ai quasiment passé ma vie en appartement, cela signifie vraiment beaucoup.
  • J’ai un job. Là encore il est loin d’être parfait (quel job l’est ?), il me saoule parfois, il m’épuise et me frustre souvent mais punaise j’ai un job ! Dans la société dans laquelle nous vivons, avec le taux de chômage qui existe, la précarité ambiante c’est une chance immense. Sans lui je serais à la rue, sans lui mon fils ne pourrait pas faire les études dont il rêvait, sans lui je ne pourrais pas remplir le frigo, sans lui je ne pourrais pas me déplacer autrement qu’à pied, sans lui je ne pourrais pas partir en vacances, sans lui je ne pourrais pas me vêtir. Alors oui, je suis heureuse et même plutôt fière de l’avoir ce job. Parce que je n’y vais pas à reculons, parce qu’il a énormément apporté en termes de compétences humaines et professionnelles, parce que je ne suis pas dans une situation de mal-être au travail comme le vivent des milliers de personnes qui n’ont pas d’autre choix que de continuer, parce que je ne dois pas ramer pour vivre.
  • J’ai un corps en bonne santé. Ok j’ai quelques douleurs articulaires par-ci par-là mais je suis en parfaite santé. Je ne souffre d’aucune pathologie. Je n’ai pas à me soucier de cet aspect-là de mon existence et je sais combien c’est précieux.

Je suis accomplie

Je ne suis vraiment pas à plaindre. J’ai un salaire, mon conjoint également et à nous deux, même si nous avons assez peu de marges de manœuvre et que nous devons établir un budget prévisionnel chaque mois (pas parce que nous aimons ça mais pour savoir ce que l’on peut se permettre ou non) nous vivons bien. Et quand je dis « bien » c’est selon nos critères à nous évidemment. Peut-être que d’autres auraient du mal à joindre les deux bouts avec notre niveau de vie, d’autres se sentiraient probablement riches. Tout est (toujours) une question de point de vue.
Alors certes, nous avons encore quinze années de crédit immobilier devant nous, nous n’aurons très probablement pas ou très peu de retraite (merci Delevoye), nous n’avons pas d’économies, nous voyageons peu mais à la fin du mois toutes nos factures sont payées, notre frigo est plein, le réservoir de la voiture aussi, nous sortons, nous vivons sans avoir le sentiment de ne se priver de rien. Il y a quelques mois j’avais très très peur de la situation financière dans laquelle nous allions nous trouver une fois mon fils  en études. Trois mois après sa rentrée universitaire je respire ! Il est logé, il est nourri, ses frais de scolarité sont payés, il peut faire du sport et il a même une petite marge en cas de besoin. Je suis immensément fière de pouvoir lui offrir ça.
Et au final je me suis aperçu que notre mode de vie ne demandait que très peu de dépenses. Parce que nous avons tout ce dont nous avons besoin.
L’argent ne fait pas le bonheur, il apporte plus de légèreté à la vie et offre plus de choix, d’opportunité, un peu plus de perspective, moins de labeur mais au fond s’il est utile et confortable il est loin d’être indispensable si tant est que l’on puisse vivre dignement. J’ai l’orgueil de me sentir fière de la vie que je mène, parce qu’elle n’est le fruit que de mon propre fait, de mes propres efforts, je ne dois rien à personne.
Il est évident que j’aurais pu faire d’autres choix qui auraient très probablement rendu ma vie bien plus « simple » ou plus « confortable » et si ça n’a pas toujours été « simple », je n’ai aucun regret, j’assume la vie qui est la mienne.
Aujourd’hui, au moment où je pose ces mots sur le clavier si l’on me demandait « qu’est-ce qu’il te faudrait pour être heureuse » je répondrais : rien, j’ai tout ce dont j’ai besoin, merci.

Je ressens aujourd’hui un grand sentiment d’accomplissement. Très certainement parce que l’entrée de mon  fils dans sa vie d’étudiant représente pour moi une immense étape de franchie. Le voir partir de la maison, le voir devenir adulte, le voir changer si vite, murir si vite m’offre un incroyable sentiment non seulement de fierté mais aussi de sérénité. Comme toutes les mamans, je suis sortie de la maternité avec un étrange sentiment de culpabilité et une pression incroyablement difficile à vivre. Serais-je une bonne maman ? Comment mener ce petit être vers le bonheur ? Choisir de donner la vie est un acte des plus égoïstes, la contrepartie c’est une pression constante à ne pas gâcher cette vie que l’on a donné mais qui n’a pas été choisie. Elle ne m’a jamais quitté durant ces dix-neuf dernières années cette pression. Maintenant que mon bébé est devenu majeur, qu’il est sur les « rails » ce poids a quitté mes épaules. Je m’inquiète toujours pour lui, bien entendu, j’ai peur qu’il se blesse, qu’il tombe malade et que je ne sois pas là pour le chouchouter mais j’ai entièrement confiance en son avenir. Ce ne sera peut-être pas toujours rose mais je sais qu’il a les clés pour choisir sa vie et la réussir.

Aujourd’hui un grand sentiment de sérénité m’accompagne. Tout est là.

Cela ne m’empêche pas de continuer d’avoir des rêves et des projets. J’en ai même fait un Mood Board mais aucun d’eux n’est une condition à mon bonheur ou mon bien-être. Certains de ces projets me rendraient folle de joie s’ils venaient à voir le jour, mais ils ne sont pas une condition à mon bonheur. Ils seront, s’ils se réalisent un jour, la cerise sur le gâteau. Mais le gâteau est déjà là, et même sans cerise il est parfait. A moi de chérir mon gâteau chaque jour qui passe car ne l’oublions pas, la vie est courte, la vie s’arrête un jour ou l’autre, la vie est indiscutablement ce que nous décidons d’en faire.
On croit que la vie est compliquée mais c’est tout l’inverse, elle est d’une grande simplicité.

Ma joie est légitime elle n’enlève rien, à personne. La joie des autres est légitime, elle ne m’enlève rien.

En guide de conclusion, je vous copie un petit texte que j’ai lu il y a plusieurs mois sur Instagram et que j’aime beaucoup et qui a participé à la réflexion que jevous livre ici :

Il n’y aura pas de médaille.
Il n’y aura pas de podium.
Il n’y aura pas de jury impartial, calepin à la main, pour compter les points, les mentions spéciales.
Et si tout ce que vous faisiez n’avait pas d’autre récompense que de l’avoir fait ? Et si vous n’attendiez rien d’autre ? Pas de lauriers, pas de bravos, pas de mercis ?
Que feriez vous alors ?
Que ne feriez vous plus ?
Si vous étiez le seul jury, le seul donneur de médaille, le seul public à applaudir, et à dire “Waouh bien joué joli coup, impressionnant !”
Comment vous aborderiez-vous tout ce que vous faites ? Comment vous sentiriez-vous en le faisant ?
Comment vous sentiriez vous après ?
Quel parent, quel(le) conjoint(e), quel(le) ami(e), quel(le) professionnel(le) seriez-vous ? Quels choix feriez-vous ? A quoi vous consacreriez-vous ? Quelle valeur apporteriez-vous à votre entourage et au monde ?
Essayez, juste une journée.
Pour chaque chose que vous faites, demandez-vous :
Quel est le jury que je cherche à impressionner ?
Quels sont les points que je compte accumuler ?
Quelle est la médaille que j’espère mériter ?

 

 

*je le re-précise ici non pas pour me plaindre ( il n’y a vraiment pas de quoi !) mais pour ne pas avoir à me justifier en commentaire et éviter de recevoir des phrases du genre « mais quand on veut on peut »/ »vous pouvez réduire votre mode de vie » bla bla bla, Non on ne peut pas. A moins de vivre dans une tente queshua ! 😉


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